‹ Journal de VoyageChapitre 40 sur 294 · Les évèques de Bäle résidaient à Porrentruy. 3. Hernie · texte numérisé non relu

Les évèques de Bäle résidaient à Porrentruy. 3. Hernie

4, Plain.

5. a Ces fontaines, qui sont élevées et taillées en colonne ou en obélisque, et coulent par des tuyaux de fer dans de grands bassins, sont un des ornements de la Suisse, » J.-J. Rousseau.

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d'y faire quelque jour des galeries. En toute cette contrée, depuis Espiné, il n’est si petite maison de village qui ne soit vitrée, et les bons logis en reçoivent un grand ornemant, et au dedans et au dehors, pour en estre fort accommodés!, et d'une vitre ouvrée en plusieurs façons. Ils y ont aussi foison de fer et de bons ouvriers de cette matiere : ils nous surpassent de beaucoup, et en outre il n’y a si petite eglise, où il n'y ait un horologe et quadran magnifiques. Ils sont aussi excellens en tuillieres, de façon que les couvertures des maisons sont fort embellies de bigarrures de tuillerie plombée en divers ouvrages, et le pavé de leurs chambres; et il n’est rien plus delicat que leurs poiles qui sont de potterie. Ils se servent fort de sapin et ont de tres-bons artisans de charpenterie; car leur futaille est toute labourée et la pluspart vernie et pinte. Ils sont sumptueux en poiles, c'est-à-dire, en sales communes à faire le repas. En chaque sale, qui est tresbien mublée d'ailleurs, il y aura volantiers cinq ou six tables equipées de bancqs, là où tous les hostes disnent ensemble, chaque trope en sa table. Les moindres logis ont deux ou trois telles sales tres belles. Elles sont fort persées et richement vitrées ; mais il paroist bien qu'ils ont plus de souyn de leurs disners que du demeurant : car les chambres sont bien aussi chetifves. 1l n'y a jamais de rideaus aux licts, et tousjours trois ou quatre licts tous joingnans l'un l'autre, en une chambre; nulle cheminée, et ne se chauffe-t'on qu'en commun, et aus poiles : car ailleurs nulles nouvelles de feu, et treuvent fort mauvais qu'on aille en leurs cuisines. Estans tres mal propres au service des chambres : car bien heureux qui peut avoir un linceul blanc, et le chevet à leur mode n'est jamais couvert

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1, Edit. orig. : accommodées.

de linceul. et n'ont quiera autre couverte quiune d'une cojie. cela bien sale. lis sont touteiais excellans cuisiniers. notamment de poisson. lis n'ont nulle defense du serein ou du vent que la vitre simple. qui n'est nullement couverte de bois. et ont leurs maisons fort percées et cleres. soit en leurs poiles. soit en leurs chambres. et eus ne ferment guiere les vitres mesmes la nuit.

Leur service de table est fort different du nostre. Ils ne se servent jamais d'eau à leur vin. et ont quasi raison : car leurs vins sont si petits, que nos gentilshommes les trouvoint encore plus foibles que ceux de Guascongne fort baptisés, et si ne laissent pas d'estre bien delicats'. Ils font disner les valets à la table des maistres, ou à une autre voisine quant et quant eus* : car il ne faut qu'un valet à servir une grande table, d'autant que chacun ayant son gobelet ou tasse d'argent en droit * sa place, celuy qui sert se prend garde de remplir ce gobelet aussitost qu’il est vuide, sans le bouger de sa place, y versant du vin de louin à tout un vaisseau d’estain ou de bois qui a un long bec. Et quant à la viande, ils ne servent que deux ou trois plats au coupon‘; ils meslent diverses viandes ensamble bien apprestées et d'une distribution bien esloingnée de la nostre, et les servent par fois les uns sur les autres, par le moyen de certains instrumens de fer qui ont des longues jambes. Sur cet instrument il y a un plat et audessoubs un autre. Leurs tables sont

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1.« La forme de vivre plus usitée et commune, est la plus belle. Toute particularité, m'y semble à eviter : et hairois autant un Aleman qui mist de l'eau au vin, qu'un François qui le hoiroit pur. » Essais (1588), liv. III, chap. xnr.

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