Rodolphe II (1552-1612), empereur d'Allemagne en
se faict suer au bein, le lendemein il faict beaucoup moins d'urines, et ne rend pas l'eau qu'il a beu; ce qu'il essaya aussi à Plommieres. Car l'eau qu'il prant lendemein, il la rend colorée et en rend fort peu, par où il juge qu’elle se tourne en aliment soudain, soit que l’evacuation de la sueur precedente le face, ou le june; car lorsqu'il se beignoit, il ne faisoit qu'un repas : cela fut cause qu'il ne se beigna qu’une fois.
Le mercredy, son hoste acheta force poissons; ledict seigneur s'enqueroit pourquoi c'estoit. ll lui fut respondu, que la pluspart dudit lieu de Bade mangeoint poisson le mercredy par religion : ce qui lui confirma ce qu'il avoit ouy dire, que ceus qui tiennent là la religion catholique, y sont beaucoup plus tandus et devotieux par la circonstance de l'opinion contrere. Il discouroit ainsi que : Quand la confusion et le meslange se faict dans mesmes villes, et se seme en une mesme police, cela relache les affections des hommes. La mixtion se coulant jusques aus individus, com il advient en Auspourg et villes imperiales; mais quand une ville n'a qu'une police (car les villes de Souisse ont chacune leurs lois à part et leur gouvernement chacune à part soy, ny ne dependent en matiere de leur police les unes des autres, leur conjunction et colligance, ce n'est qu'en certenes conditions generales), les villes qui font une cité à part et un corps civil à part entier, à tous les mambres!, elles ont de quoy se fortifier et se meintenir ; elles se fermissent sans doubte et se resserrent et se rejouingnent par la secousse de la contagion voisine.
Nous nous applicames incontinant à la chaleur de leurs poiles, et est nul des nostres qui s'en offençat. Car depuis qu'on a avalé une certene odeur d’air qui