‹ Journal de VoyageChapitre 52 sur 294 · Edit. orig. : là, où... — Au lieu que · texte numérisé non relu

Edit. orig. : là, où... — Au lieu que

3. « Un Allemand me fcit plaisir à Auguste (Augsbourg). de combattre l'incommodité de nos fouyers, par ce mesme argument, dequov nous nous servons ordinairement à condamner leurs poyles. Car à la verité, cette chaleur croupie, et puis la senteur de cette matiere reschauffée, dequoy ils sont composez, enteste la plus part de ceux qui n'y sont experimentez. À moy non. Mais au demeurant, estant cette chaleur egale, constante et universelle, sans lucur, sans fumée, sans le vent que l’ouverture de nos cheminées nous apporte, elle a bien par ailleurs, dequoy se comparer è la nostre.., Cestuy-cy, m'oyant louèr les commoditez, et beautez de sa ville : qui le merite certes : commença à me plaindre, dequoy j'avois à m'en eslongner. Et des premiers inconveniens qu'il m'allega. ce fut la poisanteur de teste. que m'apporteroient les cheminées ailleurs. Il avait ouï fgire cette plainte à quelqu'un, et nous l'attachoit, estant privé par l'usage de l'appercevoir chez luy. » Essais (1588), liv. III. chap. xm.

estoit Zvinglienne : de laquelle ce ministre lui disoit qu'ils estoint approchés de la Calvinienne, qui estoit un peu plus douce. Et interrogé de la prédestination, lui respondit qu'ils tenoint le moyen entre Genesve et Auguste, mais qu'ils n’empeschoint pas leur peuple de cette dispute. De son particulier jugement il inclinoit plus à l'extreme de Zvingle et la haut louoit, come celle qui estoit plus approchante de la premiere Chrestienté.

Le vendredy apres desjuné, à sept heures du matin, septiesme jour d'Octobre, nous partimes de Bade; et avant partir, M. de Montaigne beut encore la mesure desdites eaus : ainsy il y beut cinq fois. Sur le doute de leur operation, en laquelle il treuve autant d'occasion de bien esperer qu'en nulles autres, soit pour le breuvage, soit pour le being, il conseilleroit autant volantiers ces beings que nuls autres qu'il eut veus jusques lors : d'autant qu'il y a non seulemant tant d’aysance et de commodité du lieu et du logis, si propre, si bien party, selon la part que chacun en veut, sans subjection ny ampeschemant d'une chambre à autre, qu'il y a des pars pour les petits particuliers et autres pour les grands, beings, galeries, cuisines, cabinets, chapelles à part pour un trein, et au logis voisin du nostre, qui se nome la Cour de la ville, et le nostre la Cour de derriere (ce sont maisons publicques appertenantes à la seigneurie des cantons, et se tiennent par locateres), les maistresses chambres ont toutes des poiles. 11 y a audit logis voisin encore quelques cheminées à la frangoise!.

1. Edit. orig. : et autres pour les grands beings, galeries, cuisines, cabinets, chapelles à part pour un trein, et au logis voisin du nostre, qui sc nome la cour de la ville, et le nostre la cour de derriere, ce sont maisons publicques appertenantes à la seigneurie des cantons, et se tiennent par locateres. Il y a audit logis voisin encore quel-

L'exaction du payement est un peu tyrannique, come en toutes nations, et notamment en la nostre, envers les estrangiers. Quatre chambres garnies de neuf licts, desqueles les deux avoint poiles et un being, nous coustarent un escu par jour chacun des maistres ; et desserviteurs, quatre bats, c’est à dire, neuf solds, et un peu plus pour chaque ; les chevaux six bats, qui sont environ quatorze solds par jour ; mais outre cela ils y adjoustarent plusieurs friponneries, contre leur costume,

Ils font gardes en leurs villes et aux beins mesmes, qui n'est qu'un village. Il y a toutes les nuicts deux sentinelles qui rondent autour des maisons, non tant pour se garder des ennemis, que de peur du feu ou autre remuemant. Quand les heures sonnent, l’un d'eux est tenu de crier à haute voix et pleine teste à l'autre, et luy demander quelle heure il est; à quoy l'autre respond de mesme voix nouvelles de l'heure, et adjouste qu'il face bon guet. Les fames y font les buées! à descouvert, et en lieu publicque dressant pres des eaux un petit fouier de bois où elles font chauffer leur eau, et les font meilleures, et fourbissent aussi beaucoup mieux la vaisselle qu'en nos hostelleries de France. Aux hostelleries chaque chamberiere a sa charge et chaque valet.

C'est un mal'heur que, quelque diligence qu'on fasse, Il n’est possible que des gens du pais, si on n'en rencontre de plus habiles que le vulgaire, qu'un estrangier soit informé des choses notables de chaque lieu, et ne sçavent ce que vous leur demandés. Je le dis à propos de ce que nous avions esté là cinq jours avec toute la curiosité que nous pouvions, et n’avions oui parler de ce que nous trouvames à l'issue de la

ques cheminées à la françoise. Les maistresses chambres ont toutes des poiles. — Var. : et autres pour les grands. Beings...

Page 1