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Essais (1588), liv. II. ch. xn

3. Journal, p. 418. — Il n'avait « eu loisir, pour etre tousjours en compaignie de François, de faire nul apprentissage qui vaille ».

Journal, p. 493.

ou du gascon, mal déguisé, souvent plus obscur à des Italiens qu'à des lecteurs familiers des Æssais!. La traduction nouvelle qui l'accompagne recherche et emploie autant que possible, sans être un pastiche, les tournures et les mots surannés de Montaigne : elle est ainsi moins élégante, mais beaucoup plus fidèle, et elle contraste moins avec le reste du Journal.

Pour ne pas importuner le lecteur au milieu de chaque phrase, j'ai renvoyé à la fin du volume une liste des principales variantes des éditions originales. Cette liste ne comprend pas les variantes de ponctuation ou d'orthographe, ni les fautes d'impression évidentes (parmi lesquelles je range presque toutes les omissions de mots ou de phrases).

Tl ya dans les éditions originales des fautes qui reviennent fréquemment et que je ne signale qu'une fois (comme nous vismes pour nous vinsmes, lieus pour lieues). Le premier éditeur avait ajouté au texte en beaucoup d’endroits, pensant l’éclaircir ou le corriger, des mots en italique ou entre parenthèses ; je les ai rejetés presque tous en note. Il a distingué partout l’u du v, et l'é du 7, excepté dans quelques mots très rares: Zuingle pour Zvingle, tousiours pour fousjours, poure pour poure, etc. J'ai suivi le même système, afin de rendre la lecture plus commode, méme dans les citations des Essais ou des auteurs du xvr° siècle.

Il est à croire que, pour épargner le papier, le manuscrit du Journal était excessivement compact. Dans les éditions

1. Ilétait inutile de noter les fautes d'italien de Montaigne. Elles sont trop nombreuses, et il est parfois difficile de savoir si tel ou tel mot a été forgé par lui, ou s'il le tient d'un patois de Lucques ou d’ailleurs. En voici quelques-uns qui semblent porter sa marque : figgioni, pigeons, pour ficcioni; migrena, migraine, pour emicrania; masse fano, masscpain, pour marzapane ; in faccione, en façon, pour in sembianza ; cielo, ciel, dais, pour baldacchino ; barbi, chevaux barbes, pour barberi;criado, domestique, mot espagnol ; toz://ie, nappes (touailles). pour tovaglie ; succara, sucre, pour jucchero ; Ievorattu, levreau. pour lepratto; fiffari, fifres, pour piffari; officiero, pour ufficiale... Il change souvent le genre des mots; il conjugue les verbes à sa mode: ses tournures sont plus françaises qu’italiennes : mais tout cela ne l’empéchait pas de bien se faire entendre.

INTRODUCTION it

originales le texte français surtout la partie écrite par le secrétaire et surtout dans l'édition qui me paraît la plus ancienne) n'a presque point d'alinéa ; l'italien en a un grand nombre. Je suis revenu à la ligne partout où le sens le demandait ; et je n'ai pas toujours conservé les coupures du texte italien, car elles sont du fait de Bartoli. Pour la table des matières et le titre courant j'ai divisé le /ournal en quatorze parties.

Grâce au peu de soin des premiers éditeurs, cette œuvre posthume de Montaigne ne fut pas accueillie comme elle aurait dù l'être. Grimm (ou Diderot}, dans sa Correspondance littéraire de mai 1774, déclare que ce n'est « qu'un itinéraire sec et froid... Si vous òtez de deux volumes tout au plus une vingtaine de pages, le reste ne méritait pas mieux d’être conservé que la vieille lampe d'Epictète !. » Et il se rejette dans un chaleureux éloge des Essais. Les générations suivantes ne se montrent guère moins dédaigneuses. Stendhal? reproche à notre voyageur d'avoir manqué du sentiment des arts, contre lequel « l'esprit français, l'esprit par excellence... est un préservatif sûr ». Chateaubriand lui fait le même reproche; mais il le cite fréquemment dans ses Mémoires d’outre-tombe. ].-]. Ampère le lit avec plaisir et, dans ses Portraits de Rome à différents ages*, en copie plusieurs pages, entre autres celle sur les ruines de Rome, bien qu'il la trouve déclamatoire. Sainte-Beuve, plus pénétrant, consacre un article à ce /our-

1. Paris, Furne, 1830, t. VIII, p. 333. Nos philosophes préfcraient les idées générales aux petits faits bien observés. Ils dtalent choqués de ce pèlerinage de Montaigne à Lorette. Et puis l'éditeur leur était antipathique. Le Journal fait-il allusion aux églises que les Huguenots venaient de démolir en France, Querlon insinue en note : « Les Apôtres de la Tolérance ne s'empresseront pas de vérifier ce fait, qui doit un peu les géner, sur-tout écrit de la main de Montaigne. » Et Grimm se fâche : « On peut avoir le droit d'écrire des platitudes, mais peut-on pardonner une méchanceté si bête et si noire? »

2. Promenades dans Rome (1828), Paris, 1883, t.II, p. 237. 3. La Grèce, Rome et Dante, Paris, Didier, 1850, p. 136.

anal, qui, selon lui, « n’a rien de curieux littérairement; mais moralement, et pour la connaissance de l'homme, il est plein d'intérêt ». Ce n'est peut-être pas encore assez dire. ‘

Les différents éditeurs de Montaigne ne crurent pas devoir joindre aux Zssais et aux Lettres du moraliste ce Journal de vovage qui en est le complément nécessaire. Eloi Johanneau demanda à Louis Aimé-Martin sur ce /ournal une notice qui en renferme quelques passages : Paris, Lefevre, 1818, 5 volumes in-8°. Amaury-Duval ne cite « que peu de morceaux de cette production informe » : Paris, Chasseriau, 1820-1823, 6 volumes in-8°. J.-V. Leclerc donne aussi une notice sur ce voyage: Paris. Lefèvre, 1826, 5 volumes in-8°. Seul, à ma connaissance, Buchon le réimprima dans les Œuvres de Michel de Montaigne : Panthéon littéraire, Paris, Lefèvre, 1836, 1 volume grand in-8 à deux colonnes. Il reproduit simplement le texte et les notes de Querlon, et ne donne que la traduction de la partie écrite en italien.

L'Inventaire de la collection Payen, dressé par Gabriel Richou (Paris, Techcener, 1878), mentionne trois traductions du Journal : une allemande (Halle, Hendel, 1777- 1770, 2 vol. in-8°), « très-inexacte attribute à ]J.-H. Frédéric Ulrich »; une autre, qui ne comprend que le voyage en Suisse, ct qui a paru dans FMelvetischer Almanach... (Almanach suisse pour l'année 1800, Zurich, in-32); et une traduction anglaise, par William Hazlitt, des Æssars, des Lettres ct du Journal (Londres, Templeman, in-8", 2" édit. 1845).

Enfin il a paru en 1859 à Città di Castello une édition du Journal, donnée par M. le professeur Alessandro d'Ancona, de Pise, sous le titre suivant : L'Italia alla fine del secolo XVI. Giornale del viaggio di Michele de Montaigne in Italia nel 1580 e 1581. Il y ajouta en 1895 un Index alphabétique. le tout faisant un volume in-8° de Lv- 719 pages. M. d'Ancona avait sous les yeux trois des éditions anciennes. Ce qui fait le prix de ce volume ct justifie

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