‹ Journal de VoyageChapitre 60 sur 294 · Edit. orig. : À l'enscigne de Coulogne, et logcames · texte numérisé non relu

Edit. orig. : À l'enscigne de Coulogne, et logcames

DE BADE A AUGSBOURG Iuì

de changer le dessein d'aller à Ravesbourg! ce jour-là. et se destourna d'une journée pour aller à Linde *. M. de Montaigne ne des-junoit jamais: mais on lui apportoit une piece de pein sec qu'il manxgeoit en chemin, et estoit par fois eidé des reisins qu'il trouvoit. les vendanges se faisant encores en ce pais-là. le pais estant plein de vignes, et mesmes autour de Linde. Ils les soulevent de terre en treilles, et v laissent force belles routes pleines de verdure, qui sont tres-belles, Nous passames une ville nommée Bouchorn*, qui est Imperiale Catholicque, sur la rive du lac de Constance; en laquelle ville toutes les marchandises d'Oulme. de Nuremberg * et d'ailleurs se rendent en charrois, et prennent delà la route du Rhin par le lac. Nous arrivasmes sur les trois heures apres midy à

Live, trois lieues, petite ville assise à cent pas avant dans le lac, lesquels cent pas on passe sur un pont de pierre : il n'y a que cette entrée, tout le reste de la ville estant entourné de ce lac. Il a bien une lieue de large, et au delà du lac naissent les montaigne: des Grisons. Ce lac et toutes les rivieres de là autour sont basses en hiver, et grosses en été, à cause des neges fondues.

En tout ce pays les fames couvrent leur teste de chappeaus ou bonnets de fourrure, come nos calotes; le dessus, de quelque fourrure plus honeste, come de gris‘, et le dedans d’eigneaus; et ne coute un tel bonnet que trois testonsf. La fenetre qui est au

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