‹ Journal de VoyageChapitre 63 sur 294 · Edit. orig. : haché · texte numérisé non relu

Edit. orig. : haché

5. « Vous faites malade un Alleman. de le coucher sur un matelas : comme un Italien sur la plume, et un François sans rideau et sans feu. L'estomach d'un Espagnol, ne dure pas à nostre forme de manger, ny le nostre à boire à la Souysse. » Essais (1588), liv. III. chap. x,

6. Edit. orig. : salades, come hors de notre usage. Ils nous ont... en commun, (car il n'y a nul service particulier), et cela...

pene nos cuisines de la noblesse francese lui sembloint comparables; et y en a peu qui ayent des sales si parées. Ils ont grande abondance de bon poisson qu'ils melent au service de chair; ils y desdeingnent les truites et n'en mangent que le froye!; ils ont force gibier, becasses, levreaux, qu'ils acoutrent d'une façon fort esloingnée de la nostre, mais aussi bonne au moins. Nous ne vismes jamais des vivres si tendres com'ils les servent communéemant. Ils meslent des prunes cuites, des tartres de poires et de pommes au service de la viande, et mettent tantost le roti le premier et le potage à la fin, tantost au rebours. Leur fruict, ce ne sont que poires, pommes qu ils ont fort bonnes, noix et formage. Parmi la viande, ils servent un instrumant d’arjant ou d'estein, à quatre logettes, où ils mettent diverses sortes d’épisseries pilées et ont du cumin ou un grein semblable, qui est piquant et chaut, qu'il meslent à leur pein, et leur pein est la pluspart faict avec du fenouil. Apres le repas ils remetent sur la table des verres pleins et y font deux ou trois services de plusieurs choses qui esmeuvent l'alteration.

M. de Montaigne trouvoit à dire trois choses en son voiage : l’une, qu'il n'eut mené un cuisinier pour l'instruire de leurs façons ct en pouvoir un jour faire voir la preuve chez lui; l’autre qu’il n'avoit mené un valet Allemand, ou i'avoit cherché la compaignie de quelque Gentilhomme du pais: car de vivre à la mercy d'un belitre de guide, il y santoit une grande incommodité ; la ticrce, qu'avant faire le voyage, il n'avoit veu les livres qui le pouvoint avertir des choses rares et remarcables de chaque lieu, ou n’avoit un Munsler, ou quelque autre dans ses coffres=. Il meloit à la

—- — — >... — e —-- — ——P—Pr——

Page 1