‹ Journal de VoyageChapitre 64 sur 294 · Le frai. — Edit. orig. : le foye · texte numérisé non relu

Le frai. — Edit. orig. : le foye

2. ll ya dans la collection Payen un Munster qui porte au bas

verité à son jugement un peu de passion du mespris de son pais qu'il avoit à haine et à contrecœur pour autres considerations; mais tant y a qu'il preferoit les commodités de ce pais-là sans compareson aux Franceses, et s'y conforma jusqu’à y boire le vin sans eau. Quant à boire à l’envi, il n'y fut jamais convié que de courtoisie et ne l’entreprit jamais!.

La cherté en la haute Allemaigne est plus grande qu'en France; car à nostre conte l'home et cheval despanse pour le moins par jour un escu au soleil?. Les hostes content en premier licu le repasà quatre, cinq ou six bas pour table d'hoste”. Ils font un autre article de tout ce qu'on boit avant et apres ces deux repas, et les moindres colations; de façon que les Alemans partent communéemant le matin du logis sans boire. Les services qui se font apres le repas et le vin qui s’y emploie, en quoi va pour eus la principale despance, ils en font un conte avec les colations. À la verité, à voir la profusion de leurs services, et notammant du

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du frontispice la signature de Montaigne: c'est La Cosmographie universelle, contenant la situation de toutes les parties du monde, etc. par Sebast. Monstere.

1. Ill’entreprit au moins une fois, peut-être à Augsbourg. « Autresfois estant en lieu, où c'est discourtoisie barbaresque, de ne respondre à ceux qui vous convient à boire: quoy qu'on m'y traitast avec toute liberté, j'essaiay de faire le bon compaignon, en faveur des Dames qui estoyent de la partie, selon l'usage du pays. Mais il y eut du plaisir : car cette menasse et preparation, d'avoir à m'efforcer outre ma coustume, et mon naturel, m'estoupa de maniere lc gosier, que je ne sçeuz avaller une seule goute : et fus privé de boire, pour le besoing mesme de mon repas. Je me trouvay saoul et desalteré, par tant de breuvage que mon imagination avoit preoccupé. » Æssais (1588), liv. II, chap. xvi.

a. L'écu au soleil, ou écu-sol, portait un petit soleil au-dessus de la couronne royalc; il était d'or et valait au xvie siècle de 50 à 90 sols.

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