‹ Journal de VoyageChapitre 65 sur 294 · Le Baf; était une monnaie de cuivre saucée d'argent · texte numérisé non relu

Le Baf; était une monnaie de cuivre saucée d'argent

vin, là-mesmes où il est extrememant cher et apporté de pais loingtain, je treuve leur cherté excusable. Ils vont eux mesmes conviant les serviteurs à boire, et leur font tenir table deux ou trois heures. Leur vin se sert dans des vaisscaus come grandes cruches, et est un crime de voir un gobelet vuide qu'ils ne remplissent soudein, ct jamais de l'eau, non pas à ceus mesmes qui en demandent, s'ils ne sont bien respectés!. Ils content apres, l’avoine des chevaus, et puis l'estable, qui comprend aussi le foin. Ils ont cela de bon qu'ils demandent quasi du premier mot ce qu'il leur faut, et ne guaigne-t-on guiere à marchander. Ils sont glorieux, choleres et yvrognes; mais ils ne sont, disoit M. de Montaigne, ny trahistres, ny voleurs.

Nous partimes delà apres desjeuner, et nous randimes sur les deux heures apres midy à

VANGUEN *, deux lieues, où l’inconveniant du mulet de coffres, qui se blessoit, nous arresta par force, et fumes contreins de louer une charrete pour le lendemein, à trois escus par Jour ; le charretier qui avoit quatre chevaus, se nourrissant de là. C'est une petite ville imperiale qui n'a jamais voulu recevoir compaignie d'autre religion que catholicque, en laquelle se

1. « Or l'yvrongnerie entre les autres, me semble un vice grossier et brutal... Aussi la plus grossiere nation de celles qui sont aujourd'huy, c'est celle là seule qui le tient en credit... Mon goust ct ma complexion est plus ennemie de ce vice, que mon discours... |Les Allemans boivent quasi esgalement de tout vin avec plaisir. Leur fin c’est l'avaller, plus que le gouster... Leur volupté est bien plus plantureuse et plus en main... Boire à la Françoise à deux repas, et modcréement, c'est trop restreindre les faveurs de ce Dieu... Anacharsis s’estonnoit que les Grecs beussent sur la fin du repas en plus grands verres qu'au commencement. C'estoit, comme je pense, pour la mesme raison que les Alemans le font, qui commencent lors le combat à boire d'autant.] » Æssais (1580 et 1505}, liv. II, chap. n.

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