RECUEILLIS AUX ENVIRONS DE REIMS PAR M. LEH0UI4E
UeiixièMe mmim |mm- 91. PmiI «ERITA» (1).
Nous avons déjà consacré quelques pages de ce Recueil (1) à rénumération des principaux débris de Vertébrés fossiles recueillis par M. le D. Lemoine, dans les terrains tertiaires les plus inférieurs ou terrains orlhrocènes des environs de Reims. Ce savant a continué» avec le même zèle, les recherches qu'il avait si bien commencées et il a bien voulu nous communiquer, pour en essayer la détermination spécifique, un certain nombre de fragments qu'il a récemment découverts dans les mêmes couches.
(1) Voir Journal de Zoologiey t. II, p. 351; 1S7?.
OSSEMENTS D'ANIMAra YERTiaRéS. 7S
I. — Nous ne parlerons pas des fossiles recueillis nouvellement par H. Lemoine dans le calcaire grosHer.
U. — Parmi ceux qui proyiennent du conglomérat de Cermy, se trouye une branche gauche du maxillaire inférieur d'un Mammifère de la taille de YArctocyon , qui pourrait bien avoir appartenu à cet animal. Ce qui reste de l'alvéole de la canine indique que cette dent devait être grande et à couronne élevée. Cinq dents molaires sont encore en place : les 1", 2*, 3', 4* et 6*; les trois premières sont des avant-molaires biradiculées et à couronne unicuspidée, dont le volume augmente de la première à la troisième ; la quatrième a sa couronne trop usée pour que Ton dise de quelle forme elle élait; la cinquième manque entièrement; la sixième» incomplètement conservée, était ovalaire, à couronne tuberculeuse, ce qui rappelle, à certains égards, le Binturong ; on ne saurait dire si elle était suivie d'une septième molaire : dans tous les cas, eeUe-d aurait été de petite dimension. La fosse massétérienne était plus profonde que dans le Binturong.
Un autre ossement remarquable retiré du même terrain est an tarse du grand oiseau que nous avions indiqué d'après une lertèbre (1), également due aux recherches de H. Lemoine, comme étant, sans doute, le Gastomis ou une espèce très-peu éloignée. Ce tarse indique une espèce tridactyle; il est long de O*,40. L'Oiseau qui Va fourni était grand comme TEmeu, mais plus robuste.
Plusieurs vertèbres et des os des membres appartiennent à l'espèce de Reptiles que nous avons signalée comme rappelant, par la forme de ses centres vertébraux et la persistance de la séparation épiphysaire des neurapophyses , les Simosauriens qui constituent une famille éteinte de Reptiles particucoliersà la formation triasique. L'animal de Cemay qui pré-
(t) £«oa eU., p. SSâ, pi. xm, Hg. 4-6.
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sente des caractères si exceptionnels pour un reptile d'époque tertiaire doit reccToir, en attendant qu'on puisse en établir la classification d'une manière définitive, un nom générique propre ; nous le nommerons Simœdosaurus et proposerons d*en appeler l'espèce S. Lemomei. Ses membres paraissent avoir été moins appropriés à la vie aquatique que ceux des Simosauriens ; son crâne ne nous est pas connu ; un fragment de la partie antérieure d'un os dentaire du côté gauche, qui pourrait bien lui avoir appartenu, a les alvéoles moins creux que ceux des Crocodiles et les trois antérieurs étaient beaucoup plus larges que les autres : ce qui indique bien plus de force chez les dents qui s'y implantaient ; la seconde est surtout remarquable sous ce rapport.
III. — Les Calcaires de Rilly ont fourni à M. Lemoine le tibia d'un grand oiseau comparable par ses dimensions, s'il n'était pas plus fort, au Gastornis de Cernay.
Plusieurs dents ont appartenu à un petit mammifère de classification encore douteuse et qui est également fossile au Bas-Meudon. Elles indiquent des rapports avec l'Âdapis, mais montrent que l'animal dont elles proviennent, en différait à plusieurs égards. La canine, qu'on avait d'abord prise pour une incisive, a sa couronne partagée en trois pointes et offre une disposition tout à fait spéciale. Xe donnerai à ce Mammifère, sur lequel je me propose de revenir, le nom de PleHadapis
Pig. 1. Fig. la. Fig. 2.
tricuspidens. Le même animal a aussi laissé des débris dans le conglomérat, particulièrement à Béru . Nous en figurons une
OSSEMENTS d'aNOIAI]! VERTÉBHÉS. T7
portion de m&choire inférieure, vue par ses faces externe [fig. 1] et interne (fig. 1 a), ainsi que la dernière arrière-molaire encore en place sur ce fragment ; celle-ci est représentée en dehors, par sa couronne et par la face interne. Les figures 2 montrent la canine tricuspide du même animal vue sous ses trois faces principales.
M. Gaston Planté, qui a étudié le gisement du Bas-Meudon(l}, y a recueilli, entre autres débris du Plésiadapis» une dent peu différente de celle due à H. Lemoine dont nous don- DODS ici la figure.
H. Lemoine nous a encore montré des débris indiquant un certain nombre d'autres espèces, parmi lesquelles il en est qui se rencontrent dans différents étages du système orthrocénien des environs de Reims.
Deux portions de maxillaires inférieurs de Lophiodon in-^ diquent que ce genre de Xumentés existait déjà dans nos contrées, alors que se déposait la partie supérieure du terrain ligniteux, opinion qui avait déjà été émise à propos de deux arrière-molaires supérieures d'un animal analogue communi-* quées au Muséum, qui les a fait mouler ; ces deux dents avaient été données comme ayant été trouvées dans les cendrières du Soissonnais.
Un Rongeur allié aux Écureuils a été rencontré par H. Lemoine dans les lignites d'Ay et de Monligny.
Ce savant a aussi trouvé de nouvelles dents d'un petit
Pachyderme allié aux Plagiolopbes et aux Pachynolophes dont nous avons déjà parlé en 1873. La figure ci-contre en représente les deux arrière-molaires supérieures.
Un Porcin de la taille des Palœochœrus a été contemporaine de cette espèce.
(1) MbiNi Soc. gM., 9r sôrio, t. XXVn, p. 904.
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D'autres fragments, dignes d'intérêt, proviennent d'un Poisson sans doute de même espèce que celui dont iious ayons également parlé précédemment, en le comparant aux Sparoïdes à cause de ses dents en pavés ; mais il faudrait en connaître les écailles pour affirmer qu'il n'est pas du groupe des Ghromidés.
Des débris de mâchoire à alvéoles courts et carrés et des vertèbres raccourcis et peu excavées pourraient faire croire à l'existence, à la même époque, dans nos contrées, d'une espèce alliée aux Yastrès et aux Ostéoglosses, qui sont des Poissons
aujourd'hui particuliers aux eaux fluviatiles des pays Içs plus
chauds du globe ; ces pièces ont été trouvées à Béru.
Ay et Montigny ont fourni des vertèbres convexo-concayes ainsi que des écailles osseuses de forme rhomboidale qui sont bien certainement d'un Léjmostée.
A lonchery, qui dépend du même horizon que les sables de Bracheux, a été recueilli un os dentaire de Poisson encore armé de quelques dents, qui rappelle les formes propres à nos Salmonidés et une taille comparable à celle de la Truite.
Des dents de Lanma, A'Otodm et de Galeocerdo se rencontrent à Béru et il a été trouvé, dans l'argile, à lignites d'Ay, de petites boucles cutanées comparables à celles des Turbots.
Disons aussi que l'on peut enpore soupçonner l'existence, h la même époque, d un Oiseau de faible taille, mais l'espèce en est trop mal indiquée pour que l'on dise dès à présent à quelle famille elle se rapportait.
A en juger d'après les dents de Crocodiliens, recueillis dans les mêmes gisements, ces Reptiles étaient de deux ou trois espèces différentes. Enfin il faut inscrire, parmi les fossiles des lignites de Béru, le Trionyx vittalusy fréquent dans les cendrières du Soissonnais.
L'examen de tous ces fossiles et de beaucoup d'autres encore, dont se compose la collection réunie par M. Lemoine, jettera un nouveau jour sur k Faune ortbrocène et il nous
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permettra de mieux comprendre tes caractères par lesquels cette Faune se distinguait de celles des derniers temps de la période crétacéei ainsi que les affinités qui la rattachaient à ces dernières ou à celles de Téocène proprement dit.