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m. ciir. liDorMEnr.
Pendant longtemps on n'a connu, à proprement parler, que deux espèces du genre des Poissons volants [Exocœtm evolans, L., et £. volitans, L.) ; car on peut à peine dire que les deux autres espèces qui ont été enregistrées autrefois (E. exi- Hens^ 6m. et E. mesogaster^ BK) soient connues aujourd'hui, et il en est à peu près de même des formes décrites par Lesueur, Mitchill et autres auteurs plus anciens, notamment de rimérique du Nord. C'est seulement après la révision des col-
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lections du Musée de Paris par Valenciennes qu*on a appris que ce genre est très-riche en espèces; mais leur diagnose laissait souvent beaucoup à désirer. Plus tard, c'est surtout grâce à MM. Bleeker et Gûnther que la connaissance des espèces et de leurs caractères a fait des progrès ; on connaît bien maintenant une cinquantaine d'espèces, plus une dizaine de douteuses. La circonstance que notre Musée a successivement reçu un nombre relativement considérable de Poissons volants, ma déjà depuis longtemps fourni Toccasion de m'occuper de ce genre, et de faire Tobservalion que certains caractères, non sans importance pour la séparation et le groupement naturel des espèces, ont jusqu'ici passé complètement inaperçus. À mesure que nos collections se sont accrues, j'ai bien acquis une connaissance plus étendue de la distribution des espèces, des changements qu'elles subissent avec l'âge, etc.; mais, j'ai, en même temps, fait l'expérience que, tandis que certaines d'entre elles se renouvelaient très-fréquemment, d'autres étaient beaucoup plus difficiles à obtenir, et que, dans la longue série des espèces, il y en avait par suite un assez grand nombre sur la détermination et les limites desquelles je continuais à rester dans l'incertitude. J ai dû, cependant, en considérer quelques-unes comme nouvelles — quelque peu vraisemblable qu'il fût que notre modeste collection renfermât plusieurs espèces inconnues dans les Musées de Paris ou de Londres — et, d'un autre côté, il y en avait naturellement bien davantage qui avaient été décrites par d autres ichthyologues, mais qui ne me sont pas passées sous les yeux. J'ai dû provisoirement renoncer au plan que j'avais espéré pouvoir réaliser, de donner un aperçu quelque peu complet du genre Exocœtus tout entier, en l'accompagnant de diagnoses qui separassent les unes des autres ; ce but ne pourrait être atteint que par une révision, hors de ma portée, des exemplaires originaux de Paris, de Londres, etc., car ce serait une œuvre
de beauconp d'années d'accroître les collections de notre Musée de manière à rendre une pareille révision superflue. J ai bien pu profiter d'un grand nombre de nouveaux matériaux pour mes études, grâce à l'obligeance que m'ont témoignée les directeurs des Musées de Cambridge (Harvard Collège), de Stockholm, de Christiania et de Gotenbourg, et dont je m'empresse de remercier ici MM. Âl. Âgassiz, F. Smitt, L. Esmark et A. W. Malm ; mais si j'ai ainsi fait connaissance avec des espèces qui autrement me seraient restées inconnues, et si j'ai pu m'éclairer sur beaucoup de points obscurs, j'ai vu en même temps surgir tout autant de nouvelles questions douteuses, et je suis tout aussi peu en état qu'auparavant de dire a^ec certitude : « je connais tant et tant d'espèces, et voici leurs caractères, i^ Dans ces circonstances, j'ai cru devoir mettre de côté mon grand travail descriptif et critique, qui est du reste aussi avancé qu'il peut l'être pour le moment, et me borner à un court extrait, qui renfermera seulement un aperçu des caractères à l'aide desquels on peut établir un groupement naturel des espèces, et quelques remarques sur leur distribution, leur synonymie, etc. Les ichthyologues qui s'occupent de rétude de ce genre de Poissons pourront ainsi, je l'espère, utiliser quelques-unes de mes observations, et avoir égard aux caractères jusqu'ici négligés qui ont surtout de rimportance pour le groupement des espèces. Je dois encore remercier MH. Gunther et Bleeker, qui ont eu l'obligeance de me communiquer comment les espèces du British Muséum et de la collection particulière du savant hollandais, se comportent relativement à la nature du second rayon de la nageoire pectorale, etc., ce qui m'a permis de vérifier indirectement la détermination de plusieurs espèces. Hais, dans l'état actuel de la question, il serait à désirer que tous les Poissons volants qui sont pris par les voyageurs ou les marins, et qui Q ont pas de courtes nageoires ventrales placées très en avant»
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en manquant en même temps de barbillons, fussent rapportés pour être soumis à un examen scientifique ; car on obtiendrait souvent ainsi des représentants d'espèces peu connues, et, en tout cas» des renseignements sur leur distribution, si la latitude et la longitude du lieu de la capture étaient notées. Cette distribution, dans beaucoup de cas, est peut-être très-limitée, et on pourrait ainsi s'expliquer qu'un grand nombre d'espèces n'aient encore été rencontrées que rarement, surtout lorsque la zone qu'elles habitent est située en dehors des routes maritimes les pi us fréquentées ; mais, très-souvent aussi, les espèces ont une distribution très-étendue, par exemple dans toutes les régions tropicales des deux grands Océans, et j'en donnerai plusieurs nouveaux exemples dans les pages qui suivent.
1. E. georgianus, Val. — A été rangé à lort par M. Gùnther dans la section à courtes nageoires pectorales (Yalenciennes dit que les pectorales touchent presque à la caudale) ; il aura sa place à côté de YE. ewlam et de r£. obttmrùêtrùt mais il en diffère en ce qu'il est muni de barbillons; c'estpourtant une question si les exemplaires qui viennent à les perdre peuvent être distingués des espèces susmentionnées. On en connatt jusqu'ici que de jeunes exemplaires, et il est relativement rare ; le plus grand dans notre Musée ne mesure que deux pouces trois quarts (la caudale non comprise); un de nos exemplaires a été pris dans le voyage de la « Galathée, )> à mi-chemin entre les lies Sandwich et le Japon, et un autre par 40^ lat* S. et 47^ longitude £. du méridien de Greenwich ; ils appartiennent ainsi tous deux à la mer des Indes ou aii Pacifique, de même que les individus de Dussumier et YE. nonoUrrhM de Richardson, lequel, comme le suppose H. Gûnther, est sans doute la même espèce ; mais il a en même temps été pris dans rAtlantique, non loin de la côte du Brésil.