evokmSf L et E. obtiusiroêtrii. Gthr. — De ces deux
DIAGNOSE DE!t P0188ONS VOLANTS. 111
formes, la première, la plus répandue de toutes les espèces du genre, est beaucoup plus fréquente que la seconde ; mais toutes les deux ont une distribution très-étendue, et il n'y a guère de lieux» dans les régions tropicales des deux grands Océans, ob on ne les rencontre. Je ne m'étendrai pas ici sur les différences de ces formes ou espèces» bien que j'aie cherché à en déterminer les limites en mesurant trente exemplaires de la première et moitié autant de la seconde, et remarquerai seulement que, quoique dans la plupart des cas, il soit assez facile de décider à quelle forme on a affaire, il y en a cependant quelques-uns où la détermination semble être presque arbitraire; aossi ne suis-je pas encore complètement convaincu de leur indépendance spécifique. Lorsque la nageoire anale commence distinctement devant ou derrière la dorsale, on peut être certain qu'on a devant soi, dans le premier cas, VE, obtunrostrû, et, dans le second, VE. evolans ; mais si, comme ce n'est pas rare, le premier rayon de l'anale coïncide parfaitement avec celui de la dorsale dans la même ligne verticale, le cas est douteux ; la distance de l'extrémité du museau au premier rayon des ventrales, est-elle alors un peu plus grande que celle qui sépare les racines du rayon intérieur des ventrales et dtt dernier rayon de la dorsale, ou lui est-elle au moins ^le, c'est un E. evolans; la première distance estelle au contraire assez inférieure à la seconde, c'est un E. olh huifùitm; mais aussi chez VE. evolans la première peut être un peu plus petite que la seconde. Le nombre des rangées d'écaillés entre la dorsale et la ligne latérale (6 et demie plus rarement 6 ou 7 chez YE. evolans; 7 et demie ou 8 chez VE. obtmrostm] ne constitue pas non plus toujours un caractère bjen certain, tout aussi peu que le nombre des rayons ou les proportions (la hauteur^ la longueur de la tête, l'œil, le museau). Je dois cependant ajouter que je croisavoir observé chez les jeunes individus de 2 pouces trois quarts à 4 pouces de long» que les
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pectorales ont une couleur foncée uniforme chez YE. wolans, tandis qu'elles présentent une bande blanche transversale (qui a une étendue relativement plus grande chez les plus petits exemplaires que chez les plus avancés) chez YE. obtmiro$tri$j lequel» dans le jeune âge, semble en même temps avoir les nageoires paires relativement un peu plus longues que les exemplaires de même taille de r£. evolam^ ainsi qu'une tache noire distincte sur les nageoires anale et dorsale ou également sur les ventrales. Il serait à désirer que ces différences fus* sent confirmées par l'examen de plusieurs exemplaires des deux espèces.
3"* jB. spilurmj Glhr. — Le seul représentant que j'aie eu entre les mains du remarquable petit groupe à courtes pectorales, à longues ventrales fixées en arrière et à barbillons (£. orbignianus^ frinnatibarbatus)^ est un petit exemplaire mesurante peine 1 pouce de long, à pectorales courtes et claires, n'atteignant point les ventrales noires bordées de blanc, et à peine aussi longues que ces dernières, qui sont situées plus près de la caudale que des pectorales ; à partie inférieure du corps foncée et à barbillons courts et noirs, qui a été pris à Guimara, dans l'Océan Indien. (Je n'ose encore y rapporter un exemplaire capturé en même temps, long d'un demi-pouce, à partie inférieure du corps également foncée et dont les nageoires paires ont les mêmes proportions, mais à pectorales noires, à ventrales situées plus près de ces dernières que de la caudale et sans barbillons). Quoique les jeunes Exocets qui, à l'état adulte, ont de longues pectorales (et de longues ventrales fixées en arrière), aient, comme tout petits, des ailes relativement courtes, il semble cependant qu'on a affaire ici à un petit groupe tout particulier, qui (bien que jusqu'ici il ne soit connu que par de jeunes individus pouvant être pris au filet traînant, tandis que les adultes, qui peut-être ne s'élèvent que très-peu au-dessus de la surface de l'eau, peuvent facilement échapper
à Id capture] ne sera pas exposé à être de nouveau supprimé, comme renfermant seulement de jeunes formes appartenant à d'autres groupes.
4. E. micrapterus, VaL — De trois exemplaires de l'Atlantique (11* lat. N. 26^ long, 0., 31^ lat. N. W long. 0.), le plus grand n'a que 5 pouces de long; chez un quatrième de l'Océan Indien (Saway), les ventrales sont situées un peu plus en arrière, comme le décrit M. Gûnther ; mais, à cet égard, les dessins de MM. Bleeker et Yalenciennes (tous deux d'après des exemplaires de l'Océan Indien) s'accordent si peu, que je n'ose pas encore séparer la forme atlantique de la forme indienne. L'£. brempinnis^ Val. (Nouvelle-Irlande) semble appartenir au même groupe particulier des poissons volants ; par contre, je pense que l'JB. rostratus, Gthr.,l'£. mmto, C. V. et l'E, brachypterus^ Sol. (Indo-pacifique) et YE. acutus. Val. (de l'Atlantique), appartiennent à la même subdivision que l'espèce sui- Tante, avec laquelle il serait à désirer qu'on les comparât avec soin. Plusieurs de ces formes peuvent avoir des barbillons simples ou doubles, mais le groupe tout entier fait partie de ceux qui sont encore incomplètement connus.
5. E. hillianus. Gosse. — Des exemplaires assez nombreux de rAllanlique que j'ai pu comparer, les plus grands mesurent 4 pouces et demi environ (la caudale non comprise); en tant que les localités sont indiquées, ils proviennent de la mer des Antilles, et l'espèce n'est pas connue dans l'Atlantique en dehors de ces parages. Mais j'ai eu l'occasion d'examiner quelques exemplaires (il est vrai, assez mal conservés) de Honolulu, qu'abstraction faite de la taille (un peu plus de 0 pouces), je ne puis distinguer de VE. hillianuê; de plus, YE. gryllus de M. Klunzinger (mer Rouge) est la même espèce — les prétendues différences n'existent pas : quant au nombre des rayons, par exemple (D : 12 — 13 ; A : 13), les exemplaires de Honolulu concordent bien avec ceux des Antilles : D : 12 — 13;
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A : 13 — 14 — et avec YE. gryllm se confond, suivant M. Gûnther, YE. atrodorsalis (Cap York] de cet auteur, ce que, d'après la description, je n'aurais pourtant jamais soupçonné. Sur les exemplaires de Honolulu, j'ai le premier observé que la langue, le vomer, les palatins et les ptérygoïdiens ont des dents en carde, ce qui m'a conduit à la découverte que c'est aussi le cas avec YE. hillianus; en d'autres termes, ce dernier appartient au genre Parexocœtw de M. Bleeker. (Chez les autres Exocets, YE. speculiger^ par exemple, on trouve tout au plus des dents sur les palatins, mais cela semble être plutôt l'exception que la règle). Il est encore incertain si le « Yolador » de Parra et YE. mesogaster de Bloch appartiennent ou non à cette espèce ; en tout cas, ce ne peut être celle à laquelle Va«lenciennes a donné ce dernier nom.
Les formes jusqu'ici mentionnées, dont les pectorales ou les ventrales ou toutes les deux paires sont courtes, appartiennent aux formes anormales des poissons volants, et chacun des petits groupes qu'elles représentent ne compte que relativement peu d'espèces. Les formes normales typiques sont celles qui ont non-seulement de longues pectorales, mais aussi de longues ventrales fixées en arrière du milieu du corps. Le nombre des espèces est évidemment ici très-considérable, et la difficulté de les séparer est d'autant plus grande que certains caractères qu'on a placés en première ligne subissent avec l'âge une variation assez notable ; la bande claire des pectorales en est un exemple. Il m'a paru singulier qu'on n'eût pas remarqué que, chez quelques espèces, le deuxième rayon des pectorales, de même que le premier, n'est pas fendu, tandis que chez d'autres, il est profondément divisé comme les suivants, ces deux caractères étant représentés dans notre Musée par un nombre d'espèces à peu près égal ; mais je me suis expliqué ce fait en m' apercevant plus tard que la majorité des espèces, jusqu'ici décrites, appartiennent à celles dont le
deuxième rayon des pectorales est fendu. Que cette différence « jusqu'à présent inaperçue, offre un moyen naturel de subdiviser ce vaste et difficile groupe, cela semble résulter de la circonstance que, lorsque le deuxième rayon est fendu, le troisième est toujours le plus long, ne dépassant toutefois pas de beaucoup le quatrième, tandis que, lorsqu'il est simple, c'est (en supposant qu'on n'ait pas affaire à des individus trop jeunes et trop peu développés) le quatrième (ou le cinquième, si ces deux rayons ont la même longueur] qui est le plus long (1). De ce qu'on a négligé cette différence, il s'en est suivi, entre autres, que probablement on confond, sous le nom de E. Rcmdeletn, deux espèces entièrement différentes sous ces rapports, parce que d'ailleurs elles se ressemblent beaucoup. Chez de très-jeunes exemplaires (de 1 pouce et demi de long), il peut arriver qu'on ne remarque point la fente encore faible du deuxième rayon, laquelle, en général, ne se manifeste pas encore chez les individus mesurant moins de 1 pouce, par exemple. Rappelons encore que le rapport type pour le groupe ou l'espèce entre la longueur des rayons supérieurs
[1] Le deuxième rayon des pectorales est également fenda chez les E. evoîans, obtusirostrUy georgianus, hillianus et micropierus. Chez les deux premiers, il a presque la môme longueur que le troisième, qui est le plus long; chez VE, georgianuSy le deuxième est le plus long (peut-être à cause du jeune âge des individus ?) ; le premier est assez long chez tous les trois; chez VE. mi-' croptems^ il n'est pas beaueoup plus court que le deuxième. Chez VE, hilliamu, le deuxième est aussi le plus long, bien qu'en général il ne dépasse guère le troisième ; le premier est les deux tiers ou les trois quarts du deuxième. Je n*ai moi-même jamais observé que le deuxième rayon des pectorales, chez la même espèce, pût être tantôt simple, tantôt fendu, par exemple simple dans une nageoire et fendu dans l'autre ; mais M. Giinther m'a écrit qu'il avait constaté ce cas chez deux exemplaires de VE. speculiger. Je dois, enfin, faire remarquer que je n'ai pas compté le rayon rudimentaire des pectorales, qui, chez les adultes, est sondé avec le premier, mais, chez les jeunes, en est plus indépendant ; il pourrait par suite arriver que d'autres observateurs appelassent mon premier rayon le deuxième, mon deuxième le troisième, etc.
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(!•', 2*, 3* etc.) des pectorales (comp. pp. 111—113), n'est pas encore établi ni distinctement marqué chez de jeunes exemplaires de 2 pouces et demi de long ou au-dessous, parce que Faile n'est pas encore complètement développée chez eux.
6. E. comatiMf Mitch. — Le poisson volant de 6 pouces et demi de long, à ruban remarquablement long et large, représenté sur la pi. X, fig. 1, ne peut, à cause de la longueur du ruban, être rapporté ni aux E. Solandri et pulchellta ni à YE. melanopus ; je ne doute pas que ce ne soit TE. comUus^ Hitch., bien que, d'après l'ancien dessin, on dût croire que c'est d'un barbillon filamentaire et non rubanaire qu'il est muni. Il a été pris dans l'Atlantique par 11* lat. S. et 36* long. 0. VE. appendiculatMj Wood, est sans doute la même espèce, mais le dessin que H. de Kay (1) a reproduit, en est peu heureux. Du reste, toutes les discordances que présentent les descriptions des divers auteurs peuvent être attribuées à des différences individuelles ou provenant de l'âge, et il n'est donc pas nécessaire d'y insister davantage. Cette forme intéressante n'ayant pas été représentée jusqu'ici à l'état adulte, j'ai profité de l'occasion pour en donner un dessin.
7. E. furcatuBj Hitch. — Nous en possédons un exemplaire adulte (7 pouces et demi de long) de l'Atlantique, et d'autres plus jeunes de la Méditerranée et de divers points de l'Allan*tique et de l'Océan Indien. Le Cypsilurw procne, Fil. et Ver. (d'après un exemplaire original) est la même espèce à un âge moins avancé; par contre, je crois que YE. Dussumieri, Val. à pectorales de couleur uniforme (6 pouces de long. Océan Indien)» est une espèce distincte, identique peut-être avec YE. hirundo, Steind., qui jusqu'ici n'est connue que de TOcéan Indien. D'après l'analogie avec d'autres espèces, il est cepen-
(1) Relalivenent à la littérature citée, il suffira de renvoyer au Catalogue de M. Gunther.
daot très-yraisemblable que l'£. Dwmmieri, comme jeune (î pouces et demi et au-dessous), a aussi des pectorales et des ventrales à bandes noires et blanches^ et qu'il sera alors impossible ou difficile de séparer ces deux espèces, de sorte que les jeunes E. furcatus susmentionnés de VOcéan Indien, appartiennent peut-être en réalité plutôt à YE. Dussumieri. Les dessins montrent l'aspect des barbillons chez des exemplaires adultes et jeunes ; ils varient assez de forme et de grandeur, du moins chez les jeunes. Moi aussi, je regarde VE. Nutallii, Les., comme un jeune E. furcattis dont la forme des barbillons n'a pas été exactement reproduite, ou était peut-être un peu difiérente. Je dois cependant remettre à plus tard de traiter en détail les variations, en partie individuelles, en partie dues à l'âge, qu'on observe à cet égard dans les premières phases de la vie de ce type ; comme la fente du barbillon permet de les poursuivre jusque chez des individus d'un demi-pouce de long, on a relativement une bonne occasion d'étudier un seul et même type (sinon une seule et même espèce} dans une série de formes de tout âge, avec la certitude que des espèces étrangères ne viendront pas troubler la comparaison.
8. £. eallopterw, Gthr. — J'ai eu l'occasion de voir deux exemplaires (de 8 pouces de long, env., l'un de Panama) de ce représentant d'un groupe remarquable par le dessin de ses pectorales (et de ses ventrales). Il me semble cependant qu'il vaudrait la peine d'examiner de nouveau si YE. spilopterw et YE. pœcUopterus sont des espèce différentes ; mais pour discuter avec fruit celte question, il faudrait des matériaux plus nombreux que ceux dont je dispose, et je n'essaierai donc pas de le faire ici.
9. E. gpilopus. Val. — J'ai eu à ma disposition plusieurs exemplaires» ds 6 à 9 pouces de long environ, de cette espèce très-répandue ; en tant que les localités où ils ont été pris
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sont connues, ils proviennent de l'océan Indien. J'ai ainsi eu Tocçasion d'observer que, chez les jeunes individus, les ventrales sont relativement plus longues, la dorsale plus haute, et la tache noire de cette nageoire et des ventrales, plus grande que chez les adultes, et que la zone blanche des pectorales a en hauteur une plus grande étendue chez les premiers, oh elle atteint le bord supérieur de la nageoire, tandis que, chez les adultes, elle s'arrête au quatrième rayon à partir du haut. Il sera cependant nécessaire de comparer un plus grand nombre d'exemplaires, afin de s'assurer si quelques-unes de ces diflTérences ne sont pas simplement individuelles. Je préfère la dénomination de Yalenciennes, comme il ne me semble pas certain que TE. nigrican$y Benn. — dont la tache noire des ventrales serait située à leur base et non vers leur exlrémité libre — soit la même espèce. Il esl possible que l'JE. &tcolor, Val., où il ne reste de la tache noire des ventrales que « quelques taches grisâtres, » soit YE. $pilopus à un âge plus avancé. Quant à une forme (de l'Atlantique) qui diffère seulement de YE. spilopus type par la circonstance que les ventrales sont grisâtres, sans taches noires, ou (chez le plus jeune exemplaire} ne sont teintées d'un peu de noir qu'aux extrémités des rayons, je la considère provisoirement comme une variété de YE. spilopus.
10. E. volitam, L. — Cette espèce, dont j'ai examiné plusieurs exemplaires (de 8 pouces et demie à 12 pouces], et de TAtlantique (par exemple du golfe du Mexique, de Sainl- Barthélemy), et de la Méditerranée, manque de tache noire sur la dorsale et les ventrales, mais les ailes, outre une bande claire transversale, comme celle de YE. spUopus^ ont aussi (toujours?) leur bord supérieur clair, ce qui n'est pas le cas chez ce dernier; serait-ce peut-être YE. noveboracerms de MM. Mitchill et de Kay ? En tout cas, ce n'est pas l'espèce que Yalenciennes considérait comme telle ; car celle-ci avait plus
de rayons à l'anale qu'à la dorsale, tandis que ce serait Tinverse chez le yrai E. noveboracensù, qui appartient ainsi à une autre subdivision. Comme mes correspondants de Naples et de Nice m'ont envoyé deux fois cette forme, une fois même plusieurs exemplaires, je regarde comme acquis que c'est le vrai E. volitans, bien que la bande claire des pectorales n'ait pas, jusqu'ici, été mentionnée par les auteurs. Quoique moins marquée et moins étendue que chez d'autres espèces, on n'en saurait cependant nier l'existence. L'espèce était inconnue à M. Gûntber — peut-être précisément h cause de cette imperfection des descriptions.
11. E. bahiemis, Ranz. — Un exemplaire de 9 pouces de long, de l'océan Indien, est le seul qui ait pu me fournir des renseignements sur les caractères de cette espèce ; je ne les discuterai pas ici, mais je me bornerai à remarquer que, tout près du bord inférieur de la partie la plus large des pectorales, se trouve une tache blanche qui pourrait bien être la dernière trace d'une bande claire transversale en train de disparaître ; peut-être cette tache disparalt-elle tout à fait chez des exemplaires encore plus grands et complètement développés ? — Deux formes voisines (nouvelles ?) ne sont chacune représentées que par un seul exemplaire dans les collections que j'ai examinées ; l'une (de Zanzibar, mesurant plus de 13 pouces) diffère de YE. bahiensit par Tabsence de la tache noire sur la dorsale, et par la situation de cette nageoire, qui commence bien en arrière du milieu des ventrales (chez !'£. bahiemis, c'est bien en avant de ce point) ; l'autre (10 pouces et demi) n'a ni tache noire sur la dorsale, ni tache blanche sur les pectorales, mais en étendant ces nageoires, on aperçoit cependant, surtout au-dessous du cinquième rayon, une bande de couleur plus claire, quoique assez indistincte. Le bord postérieur des pectorales est clair chez les deux. Des matériaux plus nombreux décideront si ces formes représentent des es-
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pèces distinctes. Provisoirement je dois les laisser sans nom. — J'en dirai autant de YE. volitans, L,, décrit par M, R. Collet, qui s'était égaré dans le golfe de Christiania (10 pouces et demi de long). Le premier rayon des pectorales est malheureusement mutilé sur un des côtés, sur l'autre, il est un peu plus court que la demi-longueur de toute la nageoire; si ce rapport était constant, ce que j'ignore, il y aurait peut-être lieu d'assigner à cette forme une autre place dans la série des espèces, à côté de YE. Rondeletii. Après avoir appris à connaître le vrai E. volitans par les envois, mentionnés plus haut, que j'ai reçus de la Méditerranée, je penche à croire que la forme norvégienne doit appartenir à une espèce différente, d'ailleurs inconnue.
Une espèce de Honolulu (rapportée par l'expédition de Y Eugénie^ longue de 8 pouces), est voisine des E. œmmersonianus, neglectus, simiiSy brachysoma^ oligolepis et opisthopus, mais, d'après les descriptions, diffère de toutes ces formes; l'œil est en effet relativement plus petit, et est juste égal au tiers de la longueur de la tête ou a la largeur du front. Il suffira que nous indiquions ici l'existence de cette forme. — Je suis également porté à voir une espèce nouvelle dans une forme (8 pouces un tiers), de la partie orientale du Pacifique (Àcapulco, par ex.), qui se distingue par sa couleur noire uniforme, par ses pectorales et ses ventrales d'un noir de jais et bordées de blanc, par sa caudale noire et la tache noire de sa dorsale. L'JS. nigripinnis. Val. Blkr., est peut-être le jeune état de cette espèce ; celle que M. Gûnther a décrite sous ce nom, est en tout cas différente, mais elle diffère en même temps de celle de M. Bleeker, dont nous parlerons plus loin.
12. E. tpeculiger. Val. — Appartient aux espèces trèsrépandues; j'en ai examiné en tout une vingtaine d'exemplaires de l'océan Indien et du Pacifique (depuis le golfe Arabique jusqu'à Honolulu), ainsi que des différentes parties de TAllan-
tique et peut-être aussi de la Méditerranée, si les indicatioDs des localités sont exactes. Il ne m'a pas été possible de séparer, avec M. Gùnther, YE. affinis du vrai E. speculiger ; d'après mon expérience, les petites variations individuelles dans la longueur du museau, la grandeur de l'œil et la situation des ventrales, ne se combinent pas de manière à pouvoir constituer des dififérences spécifiques ou de race. — M. Riise a pris aux Barbades un Poisson volant (8 pouces) qui est bien voisin de YE. speculiger, mais a des pectorales de couleur uniforme, sans bords clairs distincts; je suppose que c'est YE. Robertiy M. Tr., mais ne puis le dire avec certitude, comme je n'ai pas à ma disposition la description originale de cette espèce.
13. E. Rondeletn, Val. (?) — Un exemplaire de 5 pouces et demi, de l'Atlantique; se distingue de toutes les espèces jusqu'ici mentionnées du même grand groupe, par la longueur relativement faible du premier rayon (supérieur) des pectorales, lequel est seulement ou à peine la moitié aussi long que le deuxième. Les pectorales et les ventrales sont d'un noir uniforme, avec des bords blancs. — Je suis très-porté à croire que \E. exilims, dont j'ai examiné plusieurs exemplaires [de S pouces deux tiers à 1 pouce et demi de long) de l'Atlantique, n'est que la jeune forme de YE. Rondeletii, bien que les pectorales présentent trois bandes claires et quatre foncées, et que les ventrales soient également plus ou moins bigarrées chez YE. esDiliens; ces bandes colorées, surtout distinctes chez les très-jeunes exemplaires, sont moins nettes chez les individus plus âgés, et se confondent sans doute chez les grands [E. Roniektii). — Je dois cependant encore remarquer que le musée a reçu dernièrement de Nice, sous le nom d'£. Rondeletii, un Poisson volant ressemblant beaucoup à notre forme de l'Atlantique, mais qui appartient à une autre division du genre, le deuxième rayon des pectorales étant simple (cfr. plus bas YE.
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brachycephalus). Comme le dessin de Yalenciennes représente les quatre (?) premiers rayons de la dorsale comme simples (1), il ne peut servir à décider si l'une ou l'autre de ces formes est le vrai E. RondektiL II n'est donc pas impossible que j'aie fait une application inexacte de ce nom, mais je vois par une communication qui m'a été adressée par M. Bleeker, qu'il a compris VE. Rondeletii de la même manière que moi.
14* E. brachycephalw, Glhr. — Nous fait passer dans une autre subdivision, à ce qu'il semble, moins riche en espèces, oii le deuxième rayon des pectorales est simple comme le premier. Des trois exemplaires que je rapporte à cette espèce, deux (è peine 6 pouces) sont de la Méditerranée, et le troisième (à peine 7 pouces) de l'Atlantique (31^ lat. N. et 76^ long. 0.). Le premier rayon des pectorales est seulement ou à peine le tiers de toute la nageoire, mais il est loin d'atteindre la moitié du troisième rayon ; le deuxième a la demilongueur de toute la nageoire ou un peu plus, mais n'est pas les deux tiers du troisième ; les ventrales sont noires, avec ou sans bords blancs, les pectorales, presque de couleur uniforme, etc, — Une forme voisine (7 pouces) a aussi les ventrales noires et blanchâtres, mais présente en même temps, entre le septième et le treizième rayon des pectorales, que bande transversale claire qui, bien qu'étroite et peu déve* loppée , est cependant bien distincte ; peut-être disparaît-elle plus tard? Le premier rayon des pectorales a les deux cinquièmes de la longueur de toute la nageoire, mais n'atteint pas, il s'en faut de beaucoup, la moitié de celle du troisième ; le deuxième dépasse la moitié de toute la nageoire, mais n'a pas les deux tiers du troisième rayon, etc. — Chez une troisième forme (9 pouces un quart) de l'océan Pacifique, dans le
(1) Les autres dessins de Poissons volants dans VHiêU nat. des Poissons, ne sont évidemment pas plus exacts sous ce rapport. C'est à ce point que ce caractère a échappé jusquUci'â l'attention des zoologistes.
voisinage de Borabora, le premier rayon des pectorales n'est également que les deux cinquièmes environ de toute la nageoire, et le deuxième, que les deux tiers du troisième, mais les nageoires n'offrent aucun dessin caractéristique. D'autres eiemplaires d'Âcapulco, de Java et de l'Atlantique présentent de petites oscillations dans les détails, lorsqu'on les mesure ayec soin, et qu'on analyse les proportions qui servent ordinairement dans la diagnostique, mais j'ai dû à présent laisser indécise la question de savoir combien d'espèces renferment ces formes qui se groupent autour de YE. brachycephalus ; les matériaux, même en réunissant ceux de plusieurs musées, sont encore trop peu nombreux pour me permettre de la résoudre ; je n'ai, du moins, pas encore réussi à la pousser audelà du point où presque chaque individu d'une nouvelle localité semble représenter une espèce propre (si on en veut distinguer plusieurs), ni à trouver la loi de ces petites diffé* rences.
15. E. lamellifer, Kn. St. — Le caractère d'après lequel les ichthyologues de Vienne ont nommé cette espèce, est commun à tous les Poissons volants, mais est relativement d'autant plus marqué qu'ils sont plus jeunes, et ne peut certainement être utilisé pour la diagnostique des espèces. J'ai examiné plusieurs exemplaires de parties très-différentes de l'Atlantique, du Pacifique et de l'Océan Indien, mesurant de S pouces un tiers jusqu'à un peu plus de 4 pouces et demi, par conséquent tous encore jeunes. L'espèce n'est pas encore connue à l'état adulte, mais elle semble être une des plus faciles à reconnaître. En effet, les deux premiers rayons des pectorales sont à peu près d'égale longueur, le deuxième est même quelquefois plus court que le premier, mesurant les deux cinquièmes de toute la nageoire ou un peu davantage, mais non la moitié ; le troisième n'est pas en général le double du premier, etc. Les jeunes exemplaires ont des ventrales et des pec-
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torales noires, à bandes blanches, à peu près comme YE. exiliens, mais déjà chez les exemplaires les plus grands du musée, les ventrales sont d'un noir plus prononcé ou noirâtres avec des bords blancs, et les pectorales sont d'une teinte foncée presque uniforme. VE. fasciatus. Les.» à en juger par les rayons supérieurs des pectorales, est évidemment aussi le petit d'une forme très-voisine, mais si l'anale est réellement beaucoup plus courte et bien plus pauvre en rayons que la dorsale, ce doit néanmoins être une espèce différente mais analogue, qui n a pas reparu plus tard. Par contre, il semble que YE. nigripinnis de M. Gûnther — qui, au double point de vue des caractères offerts par la structure des pectorales et des rapports de l'anale à la dorsale, appartient à un tout autre groupe que l'espèce décrite par M. Bleeker sous le même nom (1) — est identique avec YE. lamellifer de MM. Kner et Steindachner. — EnGn, je doute que YE. exiliens décrit récemment par M. Brown Goode [Catalogue of the Fishes of the Bermudas, Bull. U. St. Nat. Mus., VI, p. 64, 1876) soit un jeune exemplaire de l'espèce dont il s'agit ; mais la discussion critique de cette question trouvera sa place dans l'exposé détaillé que je compte d'ailleurs donner de mes recherches sur les Exocets.
16. — Une espèce probablement nouvelle du même groupe (c'est-à-dire avec une anale assez longue, mais avec des nageoires paires bigarrées, le premier rayon des pectorales égal au tiers de toute la nageoire, et le deuxième dépassant de beaucoup la double longueur du premier) n'est représentée au musée que par un seul exemplaire authentique de 2 pouces deux tiers de long, de l'Atlantique (3® lat. N,, 23° long. 0); car deux exemplaires encore plus jeunes (de l'Atlantique, au sud des Açores, et de l'océan Indien) que j'y avais provisoirement
(1) Je me réfère en partie ici aux communications écrites que j'ai reçues de ces savants.
rapportés, sont peut-être de jeunes E. exiliens dont le deuxième rayon des pectorales ne s'est pas encore fendu à la pointe. L'exemplaire plus grand susmentionné n'a sans doute nullement atteint son entier déyeloppement ; comme tel, il aurait peut-être présenté le même aspect, la même coloration des nageoires, etc.» que YE. Rondeletii^ et Tabsence ou la présence d'une fente dans le deuxième rayon des pectorales, ainsi que la différence corrélative dans les proportions des plus longs rayons de ces nageoires» serait alors le principal caractère distinctif de ces deux espèces d'ailleurs analogues.
17. — Toutes les espèces jusqu'ici mentionnées dont le deuxième rayon des pectorales est simple, ont l'anale relativement longue, c'est-à-dire de la même longueur ou seulement un peu plus courte que la dorsale ; mais cette diyision (de même que celle où ce rayon est fendu] renferme aussi des espèces à anale relativement courte ^ c'est-à-dire beaucoup plus courte que la dorsale, et commençant bien en arrière de celle-ci. Le musée possède trois espèces de ce genre, au-* tant que j'en puis juger, toutes nouTelles. L'une a des pectorales noires bigarrées de blanc et des ventrales noires bordées de blanc, et c'est peut-être plus qu'un signe de son jeune âge ; le plus grand exemplaire a 5 pouces de long, ce qui probablement n'est pas la limite de sa taille. Le premier rayon des pectorales est le tiers ou les trois huitièmes de toute la nageoire; le deuxième, la moitié ou un peu plus; les exemplaires proviennent en partie de l'Atlantique, en partie de l'océan Indien. — La deuxième espèce habite les parages des Antilles danoises (mais on la trouve aussi à Zanzibar, à ce qu'il semble) ; elle atteint une longueur de 6 pouces et demi à 7 pouces et demi, a également des ventrales noires à bords blancs, mais des pectorales presque unicolores sans bande distincte ; le premier rayon des pectorales n'est pas la moitié, le deuxième, pas les deux tiers de toute la nageoire. — La