SUR LA
PLACENTATION DES LÉMURES;
PAR
n. HT. TVIUVEB (1).
UrtEUS GIÀYIDS DB PaOPITHÈQUB DIABÈMB (2).
La surface libre de la muqueuse qui tapisse le tiers moyeu et le tiers antérieur de la cavité utérine, présentait, sur presque toute son étendue, des plis convolutés, séparés par des sillons intermédiaires constituant une multitude d'anfractuosités irrégulières.
Ces plis donnaient à la muqueuse un aspect spongieux. Une multitude de petites cavités cryptiformes se voyaient sur le sommet et les cAtés des plis aussi bien qu'à l'extrémité des sillons. Disséminés au milieu de ces plis, on remarquait plus d'une vingtaine de petites aires irrégulièrement allongées, sur lesquelles les plis et les sillons faisaient défaut ou n'étaient que faiblement indiqués. La plus large de ces surfaces mesurait environ quatre dixièmes de pouce dans son grand diamètre ; les autres étaient beaucoup plus petites. Toutes étaient situées sous le plan général de la muqueuse et étaient entourées de cryptes. La mu-
(1) Philosophical Tramaetions of ihe royal Society, t. CLXVI, partie %; 1876. (Traduction de M. R. Boulart.)
(S) Les observations que M. Turner consigne dans ce Mémoire portent sur trois genres da groupe des Lémures, les genres Propithèque, Maki et Indris. Ce savant anatomiste a donné à son travail un développement considérable, ce qui nous oblige à laisser de côté la description donnée par lui de la forme extérieure et de la position de l'utérus gravide cbez ces animaux, et de ne reproduire que ce qui a trait à la structure intime de ce même organe, en rappelant, toutefois, les conclusions que M. Turner a tirées de ses recherches.
queuse qui recouvrait ces aires était lisse ; elle n'avait pas la couleur brun-jaunâtre qu'elle présentait sur les autres parties ; sa teinte était bleuâtre. Elle montrait, par places, un aspect chiSbnné assez semblable à celui d'une petite cicatrice de la peau. Sur le tiers postérieur de la cavité utérine» les plis avaient presque entièrement disparu et la muqueuse était, dans le voisinage du museau de tanche» lisse et dépourvue de plis et de cryptes.
Le revêtement muqueux de la corne utérine droite était, pour la plus grande partie, lisse et dépourvu de cryptes, mais présentait, au contraire, des plis et des cryptes dans le voisinage et sur la cloison étendue entre les deux cornes utérines. J'ai constaté, entre autres choses, que la muqueuse qui entourait l'ouverture du tube de Fallope, dans la corne droite, était parfaitement lisse, tandis que la muqueuse entourant l'ouverture du même tube dans la corne gauche était plissée et couverte de cryptes. L'utérus était séparé du vagin par un repli circulaire représentant le museau de tanche.
Les cryptes se présentaient sur la surface libre de la muqueuse comme des petites dépressions en forme de coupes. Examinés avec une lentille d'un pouvoir grossissant de 20 à 40 diamètres, ils se montraient disposés en groupes séparés les uns des autres par des replis de la muqueuse. Les cryptes, dans chaque groupe, étaient limités par des plis grêles et peu élevés de cette membrane, plis formant des cloisons entre les cryptes et ayant généralement une direction sinueuse. Examinés avec le grossissement le plus fort, les parois des cryptes apparaissaient comme formées d'un tissu connectif corpuscule et délicat.
Gomme j'avais, avant d'ouvrir Tutérus, injecté les artères internes avec de la gélatine et du carmin, j'ai pu étudier la disposition des vaisseaux dans les parois des cryptes. De nombreuses petites artères montaient des parties les plus profondes de la muqueuse et se divisaient en branches se terminant en un plexus. Ce plexus était situé dans le tissu connectif des parois des cryptes; non-seulement les capillaires appartenant aux cryptes du même groupe, formaient en s'anastomosant, un plexus, mais les capillaires des groupes adjacents s'anastomosaient librement entre eux, de telle sorte qu'il existait un plexus continu à travers la couche crypteuse de la muqueuse, plexus qui donnait à la surface de cette membrane injectée, une couleur d'un rouge brillant. L'épithélium avait en grande partie disparu de la surface de la muqueuse, mais dans les points où il était resté, il se montrait composé
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de cellules cylindriques reposant par leurs extrémités atténuées sur le tissu connectif sous-épithélial, et formant, par leurs extrémités libres, une sorte de mosaïque.
Les glandes utriculaires étaient situées sous la couche crypteuse de la muqueuse, et aucune des ouvertures de leurs tubes ne s'ouvrait dans les cryptes. Examinées à un grossissement de 45 diamètres» les glandes paraissaient dirigées obliquement sous la couche des cryptes, mais au lieu de déboucher dans ces mêmes organes, elles convergeaient en nombre considérable vers les aires déprimées et lisses dont j'ai déjà parlé. Chacune de ces surfaces lisses présentait plusieurs ouvertures annulaires, au centre desquelles s'ouvraient les bouches des glandes à travers quelques-unes desquelles pénétrait une cheville d*épithélium. La vascularité de la couche glandulaire de la muqueuse et des surfaces lisses et déprimées était moindre que celle des cryptes.
Le chorion était libre dans l'utérus et n'avait aucune adhérence avec la surface utérine. L'extrémité caudale du fœtus se projetait à travers le museau de tanche et sa portion céphalique était placée dans le fond de l'utérus formé par la corne gauche dilatée. Le chorion et les autres membranes enveloppant l'extrémité caudale du fœtus, étaient déchirées, de sorte qu'on pouvait voir à nu, la queue et les membres postérieurs, mais le chorion entourant la tête et le thorax était entier. On pouvait constater que cette partie du chorion était traversée par des petites saillies dont quelques-unes étaient disposées en rangées parallèles, tandis que les autres avaient une disposition réticulée. Ces petites saillies étaient quelquefois serrées les unes contre les autres, tandis que d'autres fois elles étaient séparées par des intervalles bien définis. Bien que la séparation du chorion d'avec la muqueuse n'ait pas permis de constater quelle était la position du placenta, on peut cependant admettre que les saillies pénétraient dans les sillons existant entre les plis de la muqueuse. On voyait fort bien, examinées au microscope, ces saillies se diviser en villosités, dont le plus grand nombre étaient larges, et dont les autres étaient filamenteuses et allongées. On voyait égale* ment, sur une certaine étendue, naître du chorion, entre les saillies, d'autres villosités, les unes foliacées, les autres filamenteuses.
Le chorion présentait aussi de petites surfaces libres de villosités et de saillies, surfaces qui, sans aucun doute, avaient dû être en contact avec les parties lisses de la muqueuse utérine. Les villosités qui recouvraient le reste de son étendue pénétraient dans les cryptes de la
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muqueuse utérine. Le chorion avec ses villosités possédait la structure habituelle de cette membrane; 11 était formé de tissu connectif recouvert à l'extérieur d'une couche cellulaire ; le mauvais état dans lequel il se trouvait interdisait toute injection, mais il n'est pas douteux que les villosités ne fussent trfes-vasculaires. Chez l'exemplaire de Propithèque décrit par M. A. Milne Edwards, la tète du fœtus se présentait à l'orifice utérin, et l'extrémité céphalique du chorion était lisse dans sa portion correspondante à la partie lisse de la muqueuse entourant cette ouverture. L'extrémité opposée, était, au contraire, villeuse. Dans l'exemplaire examiné par moi, le fœtus se présentait par son extrémité caudale, et bien que le chorion fut brisé en ce point» il n'est pas douteux qu'il ne fût dépourvu de villosités, car la surface de la muqueuse qui lui était opposée était lisse et dépourvue de cryptes. Le p61e opposé était, au contraire, très-villeux, et la surface de la muqueuse, dans la région du tube de Fallope gauche, était plissée et crypteuse dans la portion correspondant à cette extrémité du chorion.
L'amnios et l'allantoYde étaient en si mauvais état qu'il m'a été impossible de reconnaître leurs relations avec le chorion.
Le cordon ombilical avait deux pouces de long et contenait deux artères et une veine, laquelle se bifurquait en approchant du placenta. Le fœtus était bien développé et mesurait cinq pouces du museau à la base de la queue. Cette dernière avait trois pouces et demi de long. La surface du corps était couverte de poils et les ongles étaient distincts. L'incisive, la canine et la prémolaire étaient déjà sorties, mais les molaires étaient encore cachées. Le fœtus était du sexe mâle.
Utérus gravide de Lrhur rufipes.
Les exemplaires de cette espèce que M. Turner a été à même d'étudier étaient au nombre de quatre et à des degrés diSérents de dévelop* pement. Les lettres A, B, G et D, serviront à désigner chacun de ces exemplaires. Dans les deux exemplaires B et D, les fœtus étaient placés longitudinalement dans l'utérus, et leur tête se présentait à l'ouverture utérine. Dans l'exemplaire D, la direction du fœtus était plus oblique, et sa tête, bien que située près de l'ouverture utérine, était rapprochée de l'orifice utérin du tube de Fallope droit. Chez tous les trois, l'extrémité caudale du fœtus était placée dans le fond de l'utérus formé par