INFIRMIERS IMPROVISÉS
vons procurer à nos blessés. J’en envoie dans les villages et châteaux où je sais qu’il y a des blessés ; ils protègent ceux-ci, empêchent les soldats étrangers de piller les resles des maisons et vont chercher de quoi les nourrir et s’alimenter eux-mêmes. Ce matin, un de nos chirurgiens que j'avais envoyé auprès de soixante blessés, à une demilieue d'ici, m’a ramené, attaché à son traineau, un excel-
. lent bœuf, que j'ai fait abattre de suite par les gardes de Sa Majesté, à qui j’en ai donné le quart. Avec cette viande on fera du bouillon aux blessés des maisons voisines de la nôtre pendant deux jours; j'ai trouvé deux grands chaudrons, des trépieds et de bons conscrits dociles et intelligents. J'ai, comme de raison, eu la langue. On n’a donné un peu de café découvert dans les ruines d'une belle maison où tout à été culbuté et pillé; j'ai eu le bonheur de rencontrer un moulin, avee lequel je l’ai moulu, et les deux tasses que j’ai déjà prises im’ont fait beaucoup de bien. Tous nos gens ont la diarrhée ; l’eau est détestable dans ce pays-ci, et lon n’y mange que de la viande, des
- pommes de terre et un peu de mauvais pain de seigle, qui
- est encore bien rare. Heureux celui qui à du schnapps pour en boire une goutte de temps en temps!