‹ Journal des campagnes du Baron PercyChapitre 11 sur 293 · INTRODUCTION XXIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXIX

La paix signée avec l'Autriche, le créateur des ambulances mobiles revint à Paris, où la considération que ses collèques lui témoignèrent lui fit promptement oublier les fatiques de la cam-

pagne. Inspecteur général des hôpitaux militaires, titre qu'il

échangea, au début du Consulat, contre celui d’inspecteur général du service de santé des armées (1), il fut en outre chargé du cours de pathologie externe à l’École de santé instituée par la loi du 14 frimaire an III (4 décembre 1794), et fit admirer comme professeur une érudition dont on a pu dire, sans rien exagérer, qu'elle était vraiment éblouissante, « I] possédait, rapporte un de ses panégyristes, toute la littérature de son art. Il avait sans cesse présent à l'esprit tout le passé de la chirurgie, pour ainsi dire, et cette vue habituelle des sentiments et des inventions de ses plus habiles prédécesseurs lui découvrait sur le champ le fort et le faible d'un sujet, d’un ouvrage, d'un instrument, d’une méthode (2). »

Quel éclat ne devait pas jeter la chirurgie dans une Faculté où la plupart des savants étaient en même temps des hommes

(1) Paris, le 23 frimaire an XIX.

Bonaparte, premier consul de la République, arrête :

ARTICLE PREMIER. — Les citoyens Heurteloup, membre du conseil de

- santé ; Percy, chirurgien en chef d'armée ; Larrey, chirurgien en chef de D la Garde des consuls ; Coste, médecin en chef de l’armée des côtes ; Des

Genettes, médecin du Val-de-Grâce, et Parmentier , pharmacien en chi l'armée des côtes, sont nommés inspecteurs génér aux du service de santé.

Le ministre directeur de l’administr ation de la ç guerre est char gé de l'exécution du présent ordre.

Signé : Bonaparte.

Par le premier consul :

Le secrétaire d'Etat :

Signé : H.-B. Marer, Moniteur universel, jeudi 28 nivôse an XII (19 janvier 180%). y

(2) A.-F, Svesrre, Eloge historique de M. le baron Percy, p. 20.

d'action! Affranchie des anciens errements et fécondée par d’innombrables observations recueillies au lit des malades et des blessés, la science prenait un nouvel essor; les beaux jours de l'Académie royale de chirurgie semblaient renaître, et l'anatomie pathologique s'enrichit d'une foule de découvertes précieuses. Pour Percy, en particulier, ces années d'enseignement comptèrent parmi les plus heureuses de sa vie : doué d'une remarquable facilité de parole, il vit bientôt se grouper autour de sa chaire des auditeurs assidus et attentifs; souvent professeur et élèves s'étaient connus aux armées ; la paix n'était pas assise sur des fondements tellement inébranlables qu'ils n’eussent le pressentiment de s’y retrouver encore; il en résultait entre eux une solidarité, une confiance d'une nature toute particulière. Percy approchait cependant de la cinquantaine sans que la vie absorbante qu'il menait lui eût jusqu'alors permis de songer à se créer un intérieur. Le 12 prairial an X (1° juin. 1802), il épousa Mile Rosalie- Claudine Wolff, dont il avait. autrefois soigné la mère à Strasbourg (1). Celle qui associa ainsi son sort à celui de l'illustre savant n'eut pas à s’en repentir; l'affection de son époux la rendit aussi heureuse que fière (2); : d'une santé délicate, elle n’hésita pas, en 1806, à aller le re-. joindre en Allemagne; confidente de ses plus intimes pensées, elle l’entoura dans sa vieillesse de soins touchants; lorsqu'elle lui eut fermé les yeux, elle demeura fidèle à sa mémoire, et, il y a trente ans, plusieurs habitants de Versailles se rappelaient. encore la vieille dame qu’on voyait, à certains jours, rester. (4) Mme Wolff avait épousé en secondes noces l’intendant militaire. Berger de Castellan.

9 | 4 (2) Les lettres de Percy abondent en témoignages de l'amour qu'il por-" fait à la compagne de sa vie. Annoncant, le 15 mars 1819, à un de ses ; anciens collaborateurs qu'une pneumonie aiguë avait failli la lui ravir, il ajoutait : é Si je l’eusse perdue, je l’eusse suivie de près. » Née à Belle ville (Seine), le 21 octobre 1758, Mme Percy mourut le 25 décembre 1840, : à Villevaudé (Seine-et-Marne); la mémoire de ses bienfaits est encore” vivante dans cette dernière commune, à laquelle, par testament olographe, du 12 octobre 1833, elle légua la somme de 10,000 francs pour les. pauvres malades, ;

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