ROSENBERG ET LE PRINTEMPS
. 14. — Temps superbe. J'irai encore me promener : je me trouve bien ici, puissé-je ÿ rester un bon mois!
15.— Le temps est chaud : la terre va entrer en amour, comme disent les jardiniers. On est tout étonné, en Pologne, de voir un si beau temps : ordinairement, le 15 avril, la terre est encore couverte de neige; les lacs et rivières, de glaces. Il est vrai qu’il n’y a que quelques jours que tout cela est fondu, mais enfin on ne voit point de si belles journées dans cette saison-ci. Il y a beaucoup d'arbres fruitiers aulour de la belle petite ville de Rosenberg ; les habitants y sont honnêtes et bonnes gens; il y a de charmantes femmes, très bien et très élégamment mises. On y mange du bon poisson, qu’on va voir pêcher dans les deux lacs voisins. Sous la place est une immense citerne
voülée, où une bonne eau de source arrive par des canaux
du voisinage : c’est un bel ouvrage.
Voici ce que je vais présenter à l'Empereur un de ces
jours :
« JIRE,
« J'ai l'honneur de proposer à Votre Majesté le projet
d'une institution dont elle a eu la première pensée, qui
déjà sous ses augustes veux a fait ses preuves et aui en ] À )
peu de temps, à peu de frais et sans efforts, peut avoir lieu, parce que les éléments en sont tous à l’armée et qu'il ne
. s’agit que de les rassembler et modifier.
« I! n’est point de service aussi compliqué et plus mal organisé que celui des hôpitaux. Dans l’état où il est et dans les circonstances où nous sommes, rien ne serait plus long ni plus difficile que de Pétablir sur un meilleur pied. Votre Majesté aura plus tôt fait d’en créer un particulier pour Parmée active et de laisser Pautre tel qu’il est pour ce.qu'elle à appelé le ferritoire de l'armée; ce sera le service à la suite. | FÉES |
« En ceci je présente à Votre Majesté ses propres idées, ses propres expressions : elle a elle-même divisé de cette manière le service de santé; c’est elle qui, en parlant des chirurgiens, a dit : « [ls ne sont pas moins nécessaires sur « le territoire que les médecins et les pharmaciens qui « ne doivent jamais aller au delà; mais ils appartiennent « plus spécialement à l’armée, qui se rend sur le ferrain « pour se battre, etils doivent l'y suivre, comme dans ses « camps et ses bivouacs. »
« C’est donc une chirurgie toute militaire qu'il faut avoir en avant. En la nommant chirurgie de bataille, Votre Majesté fixera son usage et préviendra toute jalousie, toutes prétentions de la part des autres officiers de santé qui, ne partageant ni ses périls, ni ses travaux, ne pourront se plaindre de n’être point associés à ses prérogatives.
« Mais cette chirurgie de bataille doit être tellement composée qu’elle se suffise à elle-même en tout et partout, qu’elle puisse se charger de tout ce qui concerne la chose sanitaire de l’armée active (ou militante), qu'elle ait son administration indépendante et qu’elle soit pourvue de soldats-infirmiers assez bons et en assez grand nombre pour escorler ses convois et ses évacualions, pour garder les pares de ses voitures, relever sur les champs de bataille les blessés et faire enterrer les morts, soigner les malades dans les hospices de campagne ; exécuter les ordres relatifs à l'assainissement, la proprelé et salubrité des camps, hôpitaux, quartiers généraux.
« En établissant ainsi la chirurgie de bataille, Votre Majesté sera sûre de conserver dans la ligne tous les soldats et ôtera tout prétexte d’en distraire un seul pour le service des blessés des hôpitaux et des convois; elle fera disparaître cette confusion, ce désordre que le concours
de plusieurs administrations et la pluralité et le conflit
d’autorités différentes jettent dans un service qui, pour bien aller, doit avoir ses chefs naturels, être soumis à une