‹ Journal des campagnes du Baron PercyChapitre 13 sur 293 · INTRODUCTION : XXXIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION : XXXIII

les hôpitaux militaires de Vienne, et dont ses soins attentifs, sa sollicitude toujours en éveil parvinrent à arrêter les progrès (1)! De retour à Paris, Percy utilisa les loisirs de la paix en coordonnant les notes prises au cours de la précédente campagne : de ce travail sortit l'instruction sur l’état sanitaire des troupes qu'il publia avec le médecin en chef de la Grande Armée (2). Il est assez difficile de déméler ce qui lui appartient en propre dans cette œuvre collective ; on y retrouve néanmoins les qualités qui distinguent son style et je ne serais pas surpris que la rédaction lui en eût été exclusivement confiée. À un bref exposé des conditions dans lesquelles Les armées impériales ont vécu en Italie et en Allemagne succèdent des conseils pleins de sagesse sur les mesures à adopter pour éviter la diminulion de leur effectif, telles notamment que la vaccination de bras à bras : tout ce qui touche à l'hygiène du soldat, nourriture, vêtements, chaussures, soins de propreté, etc., est l'objet d'un examen attentif. Vient ensuite l'étude des maladies qui sévissent dans les camps : la fièvre putride, la dysenterie, les fièvres pernicieuses,

+ la gale, sont tour à tour passées en revue; une importance particulière est attachée aux moyens de combattre la gangrène et Le

tétanos. « Puissent les militaires, est-il dit, se persuader que le

désir de leur être utile et de leur prouver le prix qu’on attache

à leur noble dévouement ne le cède en rien à l’ardeur qui les

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anime pour la gloire de l'Empereur et le bien de la patrie! » Au reste, sans craindre de déplaire au maître, Coste et Percy n’hésitent pas à dire ce qu’ils pensent des soi-disant réformes du service des ambulances et des hôpitaux.

Le mémoire sur la santé de la Grande Armée est du 1° oc- - tobre 1806. À cette date, Percy se trouvait à Wurzbourg, dont D avait fait le centre des rassemblements en hommes et

(1) Cf. Larrey, Mémoires de chirurgie militaire, t. M, p. 331. … (2) De la santé des troupes de la Grande Armée, par le premier D cin et le chirurgien en chef, inspecteurs généraux du ser vice de

- santé des armées, officiers de la Légion d'honneur. Strasbourg, de Fimprimerie de Levrault, 4806, in-8° de 10% p.

en matériel ; Mme Percy vint l’y rejoindre, mais la réunion des … deux époux fut courte, car, le 8, l’armée française franchit la …

Saale pour envahir la Saxe. Quelque soin que l'Empereur eût apporté aux préparatifs de la campagne, il s’en fallait infiniment que les ressources du service sanitaire fussent à la hauteur de ce qu'elles auraient dû être : « Rien n’est arrivé, note Percy dans son journal intime, ni linge, ni charpie, ni caisses d'instruments. » Tout finit néanmoins par arriver. Le 14 octobre, le

grand chirurgien assista à la bataille d'Iéna et rendit hommage

à la vigueur étonnante (le mot est de lui) que les Saxons et les Prussiens avaient montrée dans cette action. La victoire fut achetée par des pertes sensibles : quatre cents officiers étaient blessés ; Percy amputa lui-même d'une jambe un aide de camp du

maréchal Ney. À son exemple, ses auxiliaires se surpassèrent : il

y eut, en effet, plus de deux mille blessés à panser dans la journée du 14, et plus de douze cents dans la nuit et dans la journée du 15 (1). Non moins triste que l'aspect des ambulances était la vue des excès que les Français avaient commis à Weimar, et Percy en fut indigné, lorsqu'il traversa cette petite ville, surnommée alors l'Athènes du Nord. Ce qu'il admira le plus à Potsdam, où l'Empereur établit son quartier général avant d’entrer à Berlin, ce fut l'établissement des orphelins militaires; différent en cela de Larrey (2), les souvenirs de Frédéric II et

de Voltaire le laissèrent froid. En revanche, Berlin le remplit |

d'admiration ; il y visita attentivement les collections anatomiques, les hôpitaux et les établissements consacrés à l’enseignement supérieur, et se fit un devoir de prendre auprès de Napoléon la défense de l'École de chirurgie militaire fondée par le

(4) « M l'inspecteur général Percy, qui avait été témoin de la bataille, s'était empressé de faire porter sur tous les points les secours nécessaires, et cette partie du service ne laissait rien à désirer. » Larrey, Mémoires de chirurgie militaire, t. I, p. 5.

(2) « Je ne vis pas sans une certaine émotion le fauteuil où le grand

Frédéric était mort, les meubles et les effets qui avaient été consacrés à son usage, et la chambre que Voltaire avait habitée. » Id., op. cit., CLOSE

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