‹ Journal des campagnes du Baron PercyChapitre 139 sur 293 · Ce matin, le génie a voulu faire sauter un des · texte numérisé non relu

Ce matin, le génie a voulu faire sauter un des

blockhausen du fort le Hagelsberg, mais la mine a été insuffisante et on a ri de la pélarade. Les travaux sont bien lents et lon perd beaucoup de monde : l'officier du génie de Toloze a été tué ce matin. On a recu en trois fois à notre château cent quatre-vingts blessés, qui ont été pansés et nourris tant bien que mal; on n’a que du pain de munition à leur donner; le bouillon fait avec de la vieille vache est bien médiocre et on manque d’ustensiles pour le distribuer. J’ai visité les salles et vu les hommes le plus gra- « vement blessés : il y a quelques fractures du bras, trois de la jambe, une amputation du bras, une fracture de l’apophyse coronoïde de la mâchoire, plusieurs coups de feu dans la poitrine ou dans le bas-ventre. Jai vu un Polonais, chez qui la balle a enfoncé une surface assez grande du coronal, de manière que la pièce tenant par sa base ressemble à une soupape ou un couvercle : on rentrera le bord supérieur; celui qui est détaché est enfoncé de plus de trois lignes et le blessé n’est pas le moins du monde incommodé; il paraît que la balle n’est pas entrée sous le crâne.

Le temps est superbe; la végétation marche à force. Jai pris une quarantaine de goujons, que nous avons mangés avec cent autres; on n’a ici que ce qu’on peut se procurer « par industrie ou à force d'argent; un juif vient nous M vendre des œufs, du beurre, du vin et du pain blanc. Les soldats polonais, race grossière et affamée, ont volé le marché d’Ohra et dispersé les petits marchands villageois qui nous sont d’une si grande ressource.

tt

pi we.

PR a ot ge EL An D cu

18. — Le temps est à la pluie : je le sens à ma somno- « lence et à la pesanteur douloureuse de mes bras. Jai par-« laitement dormi et me suis délicieusement promené dans” les belles allées de cerisiers fleuris qui touchent à mon petit" cabinet. On dit que notre cavalerie a fait prisonniers trois « bataillons russes qui n’ont pu rentrer au fort de Weichsel-«

Page 1