‹ Journal des campagnes du Baron PercyChapitre 140 sur 293 · LÉGION D'HONNEUR ET INSTITUT · texte numérisé non relu

LÉGION D'HONNEUR ET INSTITUT

miünde. Il pleut en ce moment. Les voitures pour l’évacualion ne viennent pas ; nous risquons d’être encombrés. J'ai dirigé hier sar Dirschau cent vingt blessés qui y resteront ; on reconnaitra demain un local pour y en mettre deux cents, qui n’en seront pas évacués; je fais venir des chirurgiens.

19. — Hier soir, à neuf heures jusqu’à onze, il y a eu une fusillade terrible; dans la journée l’ennemi avait tiré sans cesse; cependant il n’y a eu que très peu de blessés. Les Prussiens avaient franchi quelques palissades et étaient entrés dans notre chemin couvert : on doit leur avoir tué et blessé bien du monde. La fièvre adynamique devient commune dans nos hôpitaux. Dans celui-ci nous avons les capitaines Salomon et Tugnot qui en sont atteints à un degré alarmant; malheureusement nous n'avons pas un grain de kina, ni une goutte de vin, et ce sont les deux remèdes par excellence, car le camphre et toutes les droques que l’on prodigue dans cette maladie sont pour le moins inutiles. Rien de plus pernicieux que de purger trop fortement au début de ces fièvres. En général, il ne faut les traiter qu'avec des boissons acidulées, vineuses, un peu amnères ; recourir de bonne heure aux épispasliques ; entretenir le malade dans la plus grande propreté; ouvrir souvent portes et fenêtres ; admettre la lumière et le soleil et attendre que le ventre se météorise el qu’un dévoiement . s’établisse : alors la maladie est jugée.

Je viens d'apprendre avec douleur la mort de mon pauvre ami Beauquet, que j'avais chargé du service de Thorn. Il à péri d’une péripneumonie catarrhale; c’était un tousseur et un cracheur. Depuis quelque temps il avait la diarrhée épidémique et je l'ai vu tousser jusqu'à rendre ses aliments. On dit qu’il avait rendu des crachats rouillés, et même sanguinolents, et qu'il avait tous les symptômes de ces engouements muqueux du poumon dont périssent

Page 1