‹ Journal des campagnes du Baron PercyChapitre 141 sur 293 · LE · texte numérisé non relu

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Jes personnes sujettes à la toux et à une sputation abondante. Il a été traité d’une manière qui n’a pas été généralement approuvée; on lui a fait constamment prendre de la limonade et autres boissons analogues; point d’ipécacuanha dès Pinvasion de la maladie; point de purgatifs légers pour rétablir la diarrhée et porter un point d’irritation sur le système intestinal, qui a tant de relations sympathiques avec les poumons; point d’oxymel simple, ni scillitique; point d'oxyde rouge d’antimoine; point de vési- : catoires, et dans ce cas il faut en investir le thorax. Enfin mon pauvre ami n'est plus; c’est le 7 qu’il a terminé sa carrière. ;

J'apprends à Pinstant que le 12 de ce mois Sa Majesté m'a fait l'honneur de me nommer l’un des commandants de la Légion d'honneur.

J'apprends aussi par MM. Husson et Dupuytren que le 5 de ce mois l’Institut m'a nommé à la place vacante par la mort de M. Lassus. MM. Heurteloup, Larrey, Deschamps, Boyer, Dubois, Dulouart, Thouret, Corvisart et Leclerc ayant été sur Ja liste, on nous a ballottés, M. Corvisart et moi : jai eu trente-six voix et mon compétiteur, dix-neuf.

Voilà un mélange accablant de mauvaises et de bonnes nouvelles. Je suis en même temps informé que le pauvre Lepecq, chirurgien-major, a péri à Varsovie, ainsi que. plusieurs sous-aides.

20. — Rien n'avance devant Dantzig; il faudra tenter l’assaut; on s’y attend; M. Philippe na énigmatiquement averti que ce serait ce soir ou demain. Je partirai de bonne heure. Céla sera-chaud; heureusement il m'est arrivé ce soir six chirurgiens, que j'enverrai demain à Langfuhr. Il fait beaucoup de vent; le temps est d’ailleurs clair etassez « beau.

Hier, une corvelte porlant vingt-quatre caronades, dixhuit milles de poudre, du vin, de lavoine et cent cin-.

| AMBULANCES POUR L'ASSAUT 2%9 ñ.

- quante Anglais d'équipage a cu la témérité d’entrer dans - la Vistule ayant bon veut ct voulant rompre le pont el aller à Dantzig. Après avoir fait depuis le fort de Weïichselmünde - environ une demi-lieue, ila fallu manœuvrer pour suivre les - courbures du fleuve ; nos gens sont accourus ; on a canardé - les mousses et marins; la manœuvre n’a pu se faire, et le - bâtiment s’est jeté dans une petite anse, d’où le capilaine a amené. Le feu de la place et des deux forts a été terrible | pendant tout ce temps-là. L'équipage a été pris, n'ayant … pas un homme de tué et seulement douze blessés. Nos gens se sont jelés dans la corvelte, ont bu du rhum à force, ont … pris ce qui pouvait leur convenir et on les a laissés faire. - L’ennemi a liré à boulets rouges pour faire sauter les - poudres et brûler le bâtiment, mais il na pas pu y réussir. … 21. — Beaucoup de vent et le fond de l'air très froid. … On à tiré à force. Je suis arrivé à Ohra à dix heures et à - Langluhr à onze. Les troupes de Wurzbourg y arrivaient : “lroupes superbes, absolument habillées comme celles “d'Autriche. J'ai vu défiler les équipages, parmi lesquels élait le Medicin-wagen; chez tous nos voisins et alliés il y à des caissons de pharmacie et d’ambulance.

À six heures, le 2° d'infanterie légère, les 19°, 44°, 72° et … 12" de ligne doiventaller à la tranchée; tout le monde doit s y rendre aussi; l'assaut du fort le Hagelsberg est décidé. “J'ai amené avec moi {rois chirurgiens qui feront le service “aujourd hui et durant l'expédition; les divisions de service “dans les ambulances de Langfuhr resteront à leur poste et y altendront les blessés ; trente brancards ont été portés et “distribués dans les tranchées; quatre chirurgiens seront “dans la première parallèle; les quatre autres se tiendront “dans la baraque de la chirurgie; ils ont peu de linge, peu “de moyens de secours; il leur a été procuré une caisse et des “allelles. On fait en ce moment un feu terrible. - À six heures et demie, je pars avec le principal Capio-

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mont. Tous nos collaborateurs sont placés ; nous les trouvons, les uns dans la baraque et les autres à la tranchée ; le feu continue, les boulets tombent à force et Les balles et biscaïens sifflent et miaulent de toutes parts. Nous nous sommes assis à côlé de Son Âllesse Sérénissime le prince de Bade contre un épaulement en fascines, où il n’y à à

risquer quelque chose qu'autant qu'il arrivera des bombes

et obus. Les blessés doivent être portés de la tranchée à une maison restant seule debout, à un quart d'heure en arrière; là sont en permanence deux ou quatre chirurgiens.

Il devrait y avoir devant cetle maison six ou huit voitures pour transporter les blessés aux ambulances de Langlubr,

à mesure qu’ils arrivent et sont pansés ou opérés; mais tel est l’état de notre malheureux service qu’on n’a pas même obtenu ce secours. On laissera donc les blessés se rassembler dans la maison et dans quelques-unes des granges qui ne sont pas entièrement détruites. Après l'affaire, les chirurgiens de régiment iront reconnaître leurs gens; les Badois emmèneront à leur ambulance les Badois; les Saxons, de même; nous en ferons autant, et de cette mapière la ligne ne s’affaiblira point, car les six ou huit grenadiers ou soldats qui porteront un blessé sur un brancard n'iront pas plus loin que la maison et pourront être bientôt de retour à leur poste avec le brancard qui, comme eux, serait perdu pour Paffaire sans cette précaution et s’il fallait qu’ils allassent jusqu’à Langfuhr.

Mais le feu à diminué vers les huit heures et demie et a cessé tout à coup de part et d’autre. Le général Brouet, à ce qu'on dit dans la tranchée, est entré en parlementaire dans la place; le général Kalkreuth Pa admis aux pourpar-

lers : on espère que l'assaut n'aura pas lieu et que M. les

gouverneur, désespérant d’être secouru, se dispose à ses

rendre : bonne nouvelle. Je suis rentré à dix heures, ayant

fait à pied cette longue course et corvée. Tout est tran-

quille : je pense que les troupes vont rentrer.

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