‹ Journal des campagnes du Baron PercyChapitre 143 sur 293 · HÉMORRAGIE TRAUMATIQUE · texte numérisé non relu

HÉMORRAGIE TRAUMATIQUE

î 25. — Il fait le plus beau temps du monde. Chacun court voir les travaux, pendant que M. Kalkreuth et le maréchal Lefebvre discutent ou disputent les articles de la capitulation. Il paraît que tout s’arrangera : on estime et on considère beaucoup le général prussien et pour lui pe . sonnellement on fera beaucoup; déjà Sa Majesté, à ce qu’on - dit, a consenti à lui laisser eApOrEN ses drapeaux ; Je brave Bourre veut plus : il exige qu’on ne désarme pas sa gar-

. nison, et peut-être l’obtiendra-t-il.

ré à

à | … 24. — On s'attend à apprendre ce soir la signature de : la capitulalion. Les Français vont d'avance boire aux portes - de la place, où des marchands de vin leur en vendent du très bon à trente-deux sous la bouteille; nos officiers sont «camarades avec ceux de la garnison; on se mêle, on - s'enivre ensemble.

- J'ai vu ce matin M. Barthélemy, capitaine de génie, “pres le général Kirgencr, lequel a été blessé, il y a douze . jours, à la tranchée, d’une balle qui est entrée par la partie - postérieure, supérieure et interne du bras gauche, Pa «percé en cet endroit et en sortant a labouré la prau qui couvre le scin du même côté. La direction de la plaie avait fait présumer au chirurgien-major Re que l'artère bra- .chiale avait pu être touchée et qu'il y avait à craindre “qu’à la chute de l’escarre une hémorragie soudaine n’em- -portàt le blessé; le pouls se faisait toutefois sentir comme - de coutume Ébrl accident ne se développait. Le 21, c’est- Édire dix jours après la blessure, le malade ayant éprouvé “une vive douleur à la plaie et de la tension avec battements “dans tout le voisinage, tout à coup le sang en sortit par bonds et par bouillons, au point qu’il survint une syncope, pendant laquelle on ae ce brave homme perdu. Cet évé- “nement lui sauva au contraire la vie; le sang cessa sponta- -nément de couler et tout rentra dans fl ordre. Le chirurgien applique une pelote sous l’aisselle préalablement garnie

de charpie, et il fit un bandage compressif approprié. Dès lors le pouls devint insensible et ce matin encore il m'a été impossible d’en trouver la moindre trace, car l’espèce de fourmillement qu'on sent au bout des doigts un peu fortement appliqués n’est que le résultat du battement sourd et simullané de toutes les artérioles de ces parties. Au reste, le bras et la main se nourrissent et sont chauds ;

il n’y à point de gonflement ni d’œdémasie; la couleur de |

la peau est un peu plus blanche qu'à autre bras, ce qui arrive toujours aux parties exsangues ; le blessé ne souffre point, la faim le tourmente et en tout il va très bien; mais il n’en faut pas moins être sur ses gardes : un chirurgien restera toujours dans la chambre ou dans le logement.

Le général Kirgener, du génie, m'a appris ce soir l’agréable nouvelle de la signature de la capitulation.

20 et 26. — Le plus superbe temps du monde. Je me porte à ravir. Il fait très chaud et la végétation va au galop.

Rien n'est beau, n’est riant, n’est frais comme le jardin de mon petit logement, qui devant et derrière semble

confondre sa verdure avec celle des forêts entre lesqueiles il est situé.

On entre à Dantzig, mais sans permission et par pure

complaisance de la part des ofliciers prussiens; chacun est

bientôt las de cette ville qui, dit-on, est laide, gothique,

mal percée, mal pavée et bâtie à la manière des antiques

Ibériens. Elle appartint longtemps à l'Ordre teutonique, qui ne la céda qu'en 1443. Tout y est hors de prix, excepté

le vin. Un des articles de la capitulation porte que les ma lades de la garnison resteront dans la place jusqu’à la ter-

minaison de leurs maladies et qu'ils y seront trailés par

les chirurgiens prussiens : cela me fait grand plaisir ; c’est"

un terrible souci et embarras de moins pour moi. La villes

élant encore sale, encombrée, nos blessés et malades des faubourgs Ohra, Langfuhr, ete., resteront où ils sont, et

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