‹ Journal des campagnes du Baron PercyChapitre 183 sur 293 · LE ROI DE PRUSSE · texte numérisé non relu

LE ROI DE PRUSSE

écrivons souvent et avant-hier encore Votre Majesté a eu la bonté de me faire passer une de ses lettres. —— C'est, en effet, un digne homme que M. Goercke; j’en fais un cas particulier. — Il mérite la bienveillance et l'estime de Votre Majesté. Cest un homme honnête, sage, ayant les mœurs douces. — Oui, et c’est bien le définir: il a les mœurs très douces et personne n’a plus que lui l'amour et les vertus de son état; il a établi une petite école de chirurgie qui déjà a fourni dè très bons sujets. — Sire, je connais la pépinière des chirurgiens prussiens : je l’ai vue, j'ai assisté à une de ses séances, j’ai connu et entendu les professeurs et les élèves : c’est une belle institution, dont on est redevable à Votre Majesté et à son estimable chirurgien. — Vous avez bien autre chose que cela en France et la chirurgie de vos armées jouit d’une réputation et d’une consistance brillantes ; elle participe à tous les avantâges de la carrière militaire, honneurs et avancement. — Cela est vrai, Sire. Aussi est-elle peuplée des mêmes hommes que les états-majors et les corps d'officiers, et il faut ajoutcr que, si nous avons notre part aux distinctions, nous l'avons aussi aux périls de la guerre, aux privations, aux faligues. — Avez-vous séjourné à Berlin? — Oui, Sire : j'y ai passé assez de temps pour m’apercevoir que

Votre Majesté y était chérie et honorée, et pour m’affliger

avec tous les bons Prussiens des malheurs et des désastres de votre royaume, où les vœux et l'amour de vos fidèles sujets vous rappellent et où il sera consolant pour les

Français de vous voir bientôt relourner. — Ah! je sais

que le bon peuple prussien m’est attaché et me plaint. Il

faut espérer que les choses s’arrangeront; les deux empe-

reurs sont ici et, si le vôtre me laisse une existence. » Ge mot nous a émus tous deux. J'ai cru voir des larmes

- rouler dans les yeux du roi et, pour moi, je suis bien sûr

d'en avoir répandu. Quels revers ! Quelle catastrophe |

- 0 grandeurs humaines |

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