‹ Journal des campagnes du Baron PercyChapitre 184 sur 293 · CR · texte numérisé non relu

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J'ai pris congé de Sa Majesté, qui m’a conduit jusqu’à la porte, en me donnant des signes d’estime et d’une sorte de reconnaissance.

J'ai vu aussi le grand-duc Constantin. Me voilà donc au milieu des potentats et tous ont la bonté de me considérer et de me bien traiter.

Principibus placuisse viris, non ultima laus est.

Epist, ad Scævam.

Après diner, sur les six heures, nous avons passé le Memel et sommes allés au camp des Kalmoucks et des Tartares Baskirs. J'ai pensé me trouver mal sur la barque à voile où nous étions montés, Île général Thiébault et moi, avec six de nos messieurs; le fleuve était houleux ; il y avait longtemps que je n'avais été sur l’eau ; enfin, un peu plus, j'avais mal au cœur et c’en était fait de mon diner. Ayant mis pied à terre, nous avons rencontré des officiers russes et les avons priés de nous procurer quelqu'un qui nous fasse entrer dans les camps. Ils ont eu la complaisance de nous y accompagner; d’ailleurs ils n’avaient jamais eux-mêmes vu ces espèces de sauvages qui sont à plus de huit cents lieues de Saint-Pétersbourg, la plupart près le Caucase, et ils étaient bien aïises de jouir de ce spectacle.

Ce sont des êtres étonnants que ces Kalmoucks! Ils se ressemblent {ous et on les croirait tous sortis du même œuf, officiers et soldats. Ils sont en général assez courts, n'ayant pas au-dessus de deux ou trois pouces de hauteur. Leurs habits consistent en une veste bleue et un grand pantalon large bleu aussi; ils ont des bottines et un bonnet de poil. Leurs armes sont: 1° une longue lance comme celle des Cosaques, mais mieux soignée et portant une petite flamme bleue et rouge ; 2° un sabre de hussard et 3° un pistolet. Je n’ai pu m'empêcher de rire en voyant le factionnaire de la tête du camp : jamais figure plus hétéro-

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