‹ Journal des campagnes du Baron PercyChapitre 192 sur 293 · LE CHIRURGIEN GÉNÉRAL GERLACH · texte numérisé non relu

LE CHIRURGIEN GÉNÉRAL GERLACH

- habitants souffre de ces émanalions. Il y a peu de pays où

. l’on mange plus de harengs que dans celui-ci : on ne ren-

- conire que gens mangeant sans pain et dans la rue un bareng eru.

Sa Majesté est partie à cinq heures: elle se rend à Dresde, où elle restera peu de temps. Nous ne quitterons Kænigsberg que le 24 ou le 25 et nous irons sur Berlin. On craint d’être retenu en Prusse pendant plusieurs mois. J'envoie des chirurgiens de tous côtés : on paye à force et nos jeunes gens ont beaucoup d’argent. Il y en a beaucoup à réformer. Je laisserai de ce côté-ci la plupart des Allemands qui ont pris du service chez nous. Les Français que j'emmènerai seront vraisemblablement conservés :

. mais je voudrais qu’il fût arrêté que nul ne sera réemployé avant d’avoir passé un an ou deux ans dans une grande école, car ils ont bien besoin d'instruction: pendant ces deux ans, ils toucheraient peu de chose, et même rien du tout, ce qui ferait sortir de la chirurgie militaire une foule d'individus aussi pauvres de biens que d’esprit et qui en temps de paix ne doivent pas en faire partie. Je vais bien

+ et me porte à merveille. M. Chappe, principal du 4 corps,

vient d’être nommé officier par Sa Majesté passant en

revue ce corps : c’est une justice. J'ai de terribles accès

d'impatience à cause des écritures, mais il faut en venir à

bout. J'ai soupé et causé longtemps après.

; 14. — Jai eu ce matin la visite de M..., l’un des chirurgiens principaux ou généraux de l’armée prussienne. … Je lai prié de vouloir bien m’accompagner ce soir chez M. Gerlach, le Nestor et doyen des chirurgiens militaires + de Prusse. Ce respectable vieillard, octogénaire, n’a sa . retraite que depuis un an, n'ayant pu, m'a-l-il dit, à cause d’une chute sur la hanche, se mettre en campagne: il a une tête superbe; il conserve toute sa mémoire et sa . gaieté. Il a été le maître et le prédécesseur de M. Goercke,

qu'il aime beaucoup. Son épouse est âgée; elle n’est point encore consolée de la mort d’une fille unique qu’elle a perdue il y a deux ans. J’ai vu chez Mme Gerlach l'épouse d’un chef de bataillon prussien, la plus belle femme que j'aie encore rencontrée dans ma vie. Ma visite a été agréable au bon papa Gerlach et m'a fait bien plaisir.

On m'a raconté qu'une demoiselle, étant convalescente d’une fièvre adynamique et ayant eu un accès de fièvre, avait cru en dix heures de près de six pouces. C'est M. d'ALbavie avec d’autres témoins qui m'ont juré avoir élé témoin de ce fait.

Me voilà renfoncé dans Les écritures. Il m’arrive soixante chirurgiens de Paris, qui ont mis deux mois pour venir, qui enmeltront deux pour retourner et qui toucheront cinquante louis chacun sans avoir rien fait : voila l’économie de l'administration de la guerre. On va marcher sur Stralsund ; j’envoie la division Baudry de ce côté; notre Empereur veut absolument fermer ce port aux Anglais. Il paraît que nous entrerons aussi à Copenhague, car, si les Anglais ont eu une flotte dans le port de cette ville, pourquoi n’aurions-nous pas une armée dans ses Fe De tout quoiil faut conclure que nous ne sommes peut-être pas encore près de rentrer en France; chacun tremble qu’il n'arrive encore quelque accroc.

15. — Excellente nuit. Belle journée. Je suis allé avec M. le chirurgien général prussien visiter quelques hôpitaux, que j'ai trouvés en bon état. Ce ne sont pas les Français qui les ont établis; ils seraient moins beaux. On doit des éloges à M. Goercke, qui a présidé à leur formation. Ceux qu’on a faits dans les églises sont bien planchéiés ; les lits sont neufs et uniformes, et les fournilures ne sont pas mauvaises. La garde s’est emparée du superbe local de la salle des exercices militaires; elle a trouvé quatre belles rangées de lits disposées sur un beau plancher; cet hôpital

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