‹ Journal des campagnes du Baron PercyChapitre 199 sur 293 · L À VUS · texte numérisé non relu

L À VUS

Theden, Schumacher, elle obéissait aux médecins ; un certain D' Lothenius l’a longtemps dirigée en chef superbe et dédaigneux. Il a su la dérober au joug avilissant dont la médecine l’écrasait; il en a fait une profession honorable, dans laquelle l'élite des fils des bons bourgeois entrent avec empressement. C’est M. Goercke qui nomme à tous les emplois, qui commande, qui organise, qui élève, qui fait descendre. Dans la pépinière des chirurgiens militaires sont élevés aux frais du roi be&ucoup de jeunes gens pauvres qui ont de l'aptitude; une fois reçus, ils exercent partout, parce que l’institution est médico-chirurgicale. En Prusse, un chirurgien-major a le droit d'exercer les deux parties dans toute l’étendue du royaume et ce sont eux qui jouissent de plus de confiance dans les villes à garnison. Il y avait et il y a encore pour l’armée de Prusse passé deux mille chirurgiens de tous grades; les boulangers seuls en ont seize. Il y a beaucoup de chirurgiens supérieurs. Ceux-ci ont la broderie d’or, les autres l’ont en argent; c’est un simple filet au passé qui règne sur le coilet, les revers et les parements, avec des boutonnières composées d’un filet pareil; l’habit est tout bleu. Les chirurgiens n’ont point de grade, ni d’assimilation militaire. Rien n’est plus vain, ni plus sottement orgueilleux que Pofficier prussien, qui ordinairement est un gueux sorti d’une pauvre gentilhommière. Le roi prend peu d'intérêt à la chirurgie, mais laisse faire le bon Goercke, sans lui donner beaucoup d’argent, de sorte que ce digne homme a dépensé plus de cent mille livres de son bien pour soutenir son art et lui donner quelque splendeur. Il est fort estimé. Le roi ayant rencontré, lorsque sa Majesté revenait de Tilsit, lui dit : « Mon cher Goercke, j'ai vu votre confrère de l’armée francaise; il m’a rendu visite; c’est... Il m'a « fait grand plaisir par le bien qu’il n'a dit de vous et de votre pépinière. Je n'ai reçu de satisfaction que celle que w’a donnée la chirurgie française. »

Page 1