INTRODUCTION U
consulter l'Académie royale de chirurgie sur une inoculation
D. une médaille d'or pour reconnaître son zèle. Un autre
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vi JOURNAL DU BARON PERCY
récompensé, la réputation que des ignorants ‘parviennent à se
faire découragerait beaucoup, si l’on cherchait dans la vertu une
plus grande satisfaction que sa profession. » Perey était digne d'entendre un tel langage. Il répondit au bienveillant appel de son ancien maître en lui communiquant les
comptes rendus de ses opérations et entretint avec lui une cor-
respondance active. Sa réputation ne devait pas tarder du reste à franchir les frontières de la France, et l'étranger allait bientôt entendre prononcer pour la première fois le nom du futur chirurgien en chef des armées de l'Empire.
En 1784, l'Académie royale de chirurgie mit au concours la question suivante : « En quel cas les ciseaux, dont la pratique vulgaire a tant abusé, peuvent-ils être conservés dans la pratique de l’art? Quelles en sont les formes variées relatives à différents procédés opératoires? Quelles sont les raisons de préférer ces instruments à d’autres qui peuvent également diviser la continuité des parties, et quelles sont les diverses méthodes d’en faire usage? » Aidé des conseils de l’habile coutelier Boegner, Percy n'hésita pas à concourir, et, au mois de mai 1785, il reçut de Louis la lettre suivante : « Il s’est tenu hier, Monsieur, une assemblée pour juger les mémoires adressés à l'Académie royale de chirurgie pour le prix de cette année. La médaille de cinq
cents livres a été accordée d'une voix unanime et par acclama-
tion, sans scrutin, au mémoire numéro 9. J'ai vu, à l'ouverture
du billet cacheté, que vous en étiez l’auteur, et ma joie a été
doublée. » Louis informait ensuite son correspondant que, sans attendre davantage, il faisait imprimer ce mémoire « afin de
pouvoir l’annoncer à la séance publique comme un modèle pour
tous les sujets de la matière instrumentale ». Les suffrages des autres savants ont confirmé ce jugement, et le mémoire couronné par l'Académie royale de chirurgie peut encore être consulté avec fruit. « Toutes les formes de ciseaux, dit M. Laurent, sont gravées dans les planches quiterminent cetouvrage (1)
(1) Mémoire sur les ciseaux à incision. Paris, de limprimerie-.de M
Michel Lambert, 1785, in-4° de 110 p., # planches.
INTRODUCTION. vil
ête duquel M. Percy, qui venait de perdre son père (1), fit graver, comme un monument de piété filiale, une estampe dans É laquelle il est représenté pleurant sur le tombeau de son père et y déposant son laurier académique, avec cette inscription touhante : O mon père, ce succès élail une consolation que vous préparail encore votre fils. Hélas! ce n'est plus à présent qu'une fleur ju’il jette sur votre tombeau (2). »
ee Parmi les encouragements que Percy reçut à la suite de la ublication de ce mémoire, un des plus autorisés et des plus significatifs fut celui qui lui vint du chevalier Brambilla. Le pre- mier chirurgien de l’empereur d'Autriche le félicita hautement de son travail. « Dans son espèce, lui écrivit-il, c'est un chef- : d'œuvre. Je vous conseille, Monsieur, pour les progrès de la chis Lo. de continuer à travailler sur la matière instrumentale ; es ne réussira mieux que vous. Les deux prix proposés pour 1786 et 1787 vous fourniront un champ à de nouveaux L lauriers. »
Cette prédiction se réalisa à la lettre. En 1785, l'Académie po de chirurgie avait désigné comme sujet de concours pour 1786 la construction et le perfectionnement des bistouris. Le mémoire envoyé par le chirurgien-major de Berry-cavalerie remporta encore le prix. « C'était, dit un bon juge, un véritable
| traité d'opérations, ms prouvait dans l’auteur la plus re
igéré (3). » Il est regrettable qu j n'ait pas été imprimé, car les recherches US par lesquelles il débutait ne laissaient
on Claude Percy était mort à Montagney, le 47 mars 1785, à l’âge de À soixante- douze ans.
É & (2) G. Laurexr, Histoire de la vie et des ouvrages de P.-F. Percy, per.
j ) Id., op. cit., p. 55.
qui sont faites par les armes à feu; apprécier ceux dont l'utilité
est indispensable suivant la différence des cas, et poser les règles de théorie et de pratique qui doivent diriger dans leur usage. » Personne n'était mieux préparé que Perey à le traiter en parfaite connaissance de cause; le mémoire qu'il adressa à l’Académie royale de chirurgie pont pleinement aux vues de cette compagnie en démontrant la possibilité de faire disparaître une foule d'instruments inutiles, dont le nombre, suivant une ingénieuse remarque, attestait moins la richesse que la pauvreté de l’art; le
prix lui fut décerné, et lorsque, cinq ans plus tard, Percy le fit
imprimer sous le titre de Manuel du chirurgien d'armée (1), rendit les plus grands services aux chirurgiens improvisés des armées de la République.
Il est aisé de se représenter la joie que l'issue de ces concours causa à Louis et s'il s'applaudit d’avoir été des premiers à discerner le mérite de celui qu'il se plaisait à nommer son « très cher et très féal ». Dès 1784, l'éminent secrétaire de l’Académie royale de chirurgie avait jeté les yeux sur Percy pour continuer son œuvre : « Je voudrais bien, lui écrivait-il, vous laisser ma succession; je n'ai que vous en vue.» Sur ces entrefaites, on lui demanda de désigner quelqu'un pour remplir les fonctions de chirurgien en chef de l’armée russe qui, sous les ordres du prince Potemkin, assiégeait Ockzakow. Un traitement considérable était attaché à ce poste, et Louis le proposa à son jeune ami; mais
celui-ci déclina l'offre, en déclarant qu'il ne songeait nullement
à aller chercher fortune dans les glaces du Nord. « Pourquoi, répondit-il, irais-je dans une terre étrangère, loin des miens et de mon cher protecteur, posséder des honneurs et des richesses
que je n ambitionnerai jamais? Je reste pour vous chérir, pour
mériter vos bontés, pour vous parler sans cesse de ma recon-
(1) Manuel du chirurgien d'armée, ou Instruction de chirurgie militaire sur le traitement des plaies, et spécialement de celles d'armes à feu, avec la méthode d'extraire de ces plaies les corps étrangers, et la description d'un nouvel instrument propre à cet usage. Paris, chez Méquignon l'aîné, 1792, in-12 de xvi-272 p.. fig.
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INTRODUGTION | ix
naissance et pour parcourir le plus honorablement possible la cal rrière que votre amitié s'apprête à m'ouvrir. » Peu de temps après, un travail sur . re AURAS (1) lui valut de
socié. La Société royale de médecine couronna, elle aussi, plusieurs de ses mémoires : elle lui décerna notamment une médaille 4 dd or à trois cents francs pour ses recherches sur l'allaitement
00 au mois de janvier 1789, chirurgien en chef de Flandre et d'Artois, Percy adressa à cette époque deux intéres-
à ants mémoires au directoire des hôpitaux ; il rédigea pour l’Aca- » démie royale de chirurgie le compte rendu d'une laborieuse opération de la taille; enfin il donna tous ses soins à l’établisse- ment d'infirmeries régimentaires que le malheur des temps fit . abandonner, bien qu’elles eussent fonctionné à la satisfaction de tous. À cette date, l'envie s’attachait à ses pas, et ses rivaux s'ef- * forcaient de rabaisser son mérite en insinuant que ses mémoires étaient rédigés par l’aumônier du régiment de Berry-cavalerie. É. « Vous n’imaginez pas, lui écrivait à ce sujet son PONS
| quels ressorts on à fait j jouer contre vous. Je sais qu'on a dit à M. Andouillé que vous aviez un frère abbé, homme de An. < 'esprif, qui était votre teinturier. Quand on m'en a parlé, j'ai dit que je n'étais pas si bien instruit que ces messieurs, mais que je jugeais l'étoffe, et que la teinture ne serait qu'un très mince accessoire. J'ai lu à l'Académie plusieurs lettres anonymes qui
ont été adressées au sujet de vos mémoires et tout le monde a
été indigné de ces manœuvres. Ne faites de tout ceci ni recette ni
se
l lépense : plus vous vous êtes couvert de gloire, moinsilfautchanter votre triomphe ; il est une peine assez cruelle pour vos ennemis.»
Le:
. Loin de décourager Percy, les intrigues qui s nine autour de lui ne firent qu’aiguillonner son zèle, et on le vit s’associer avec une nouvelle ardeur à la réforme entreprise par l'Académie yale de chirurgie. Jaloux de confondre les envieux, il ne se
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1) Mémoire sur les hydatides utérines et sur le part. hydatique. BABA, in-8° de 32 p.
laissa pas détourner de ses recherches par les premiers grondements de la Révolution. Ge serait ici le cas de parler des essais qu'il tenta à cette époque pour déterminer la meilleure manière d'établir la ligature immédiate des artères comme moyen hémostatique; il les a du reste consignés dans le mémoire qu’il envoya en 1790 à l'Académie royale de chirurgie. Cette compagnie ayant mis au concours la question suivante : « Déterminer la meilleure forme des aiguilles propres à la réunion des plaies, à la ligäture des vaisseaux et d’autres cas où leur usage serait jugé indispensable; décrire la méthode de s'en servir », Percy traita cette matière avec une incontestable supériorité, et j'ignore pourquoi il ne fut pas décerné de prix à celui qui, dans un temps où l'attente d’un nouvel ordre social absorbaït toutes les pensées, avait su, comme il le disait, se ménager quelques courts instants pour les consacrer aux progrès de son art (1). Mais, en 1792, un. nouveau laurier vint s'ajouter à tous ceux qu'il avait déjà cueillis ; le travail qu'il adressa de Compiègne à l'Académie royale de chirurgie sur le sujet suivant : « Déterminer la matière et la forme des instruments propres à la cautérisation, connus sous le nom de cautères naturels; indiquer suivant quelles règles et avec quelles précautions on doit s’en servir, eu égard aux différentes parties et à la distinction des cas où leur application sera jugée nécessaire ou utile », fut couronné par acclamation, comme étant le seul qui répondit pleinement à l'attente de la
compagnie. « C’est surtout dans ce mémoire, dit Flourens, que
paraît nettement le caractère particulier de l'esprit de Percy; esprit de sagacité et de justesse qui lui fait découvrir presque
aussi sûrement, dans le sujet qu'il examine, le point à réformer
et le point où il faut que la réforme s'arrête; qui parmi tous ces instruments, pour la plupart si inutilement multipliés, lui fait démêler ceux qui doivent être conservés, simplifier ceux-là mème
(1) En 1793, une médaille d’or fut décernée à Larrey, comme accessit, pour le mémoire qu'il avait adressé de Mayence à l’Académie royale de chirurgie sur le même sujet. Larrev, Mémoires de chirurgie militaire,
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