MALADIES ÉPIDÉMIQUES
. cendus pour les remettre à leur place; on y voit aussi des
mots 4
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bustes en cire de femmes charmantes; rien n’est plus frais que ces portraits,
29, 26, 27 et 28. — Temps chaud, brûlant, insupportable; on sue nuit et jour; ceux qui ont demeuré à Saint-Domingue assurent qu'il fait moins chaud dans cette ile. [l a plu dans la nuit du 25 au 26 avec des coups de tonnerre que je n’ai entendus qu’en rêvant, tant j'étais
endormi; cette pluie assez abondante n’a point rafraîchi
l'atmosphère.
29, 30 et 31. — Même temps entrecoupé par quelques
averses. La dysenterie ravage une partie de la Prusse; les villes de Kœnigsberg, Braunsberg, Konitz, etc., en sont infestées. Tandis que nous perdons peu de malades dans nos hôpitaux, où ils sont pourtant si mal, il meurt étonnamment de monde parmi les habitants, à qui les médecins du pays prodigquent les remèdes incendiaires. Les bestiaux périssent aussi d’une dysenterie qui leur est propre; l'ouverture de plusieurs vaches a fait voir les boyaux
phlogosés et dans un état de mortification; les vétéri-
paires ne réussissent pas mieux à guérir leurs malades que les médecins à traiter les leurs. La médecine incendiaire et perturbatrice est à la mode dans ces contrées-ci : il n’y a pas jusqu’à une misérable blennorragie pour laquelle le meilleur médecin de Berlin n’emploie de vingt ou trente espèces de remèdes.
À propos de celte ville, que j'ai trouvée de plus belle en plus belle et dont le pare m'a tant plu, je n'y ai pas
rencontré le D° Huffeland : il est toujours avec le roi. J'ai
vu chez Mme Goercke une belle collection de gravures et
portraits de gens de l’art depuis Hippocrate jusqu'à nos
jours: cette collection forme trois volumes in-folio; elle m'a plu infiniment.
1° septembre. — Le temps s’est rafraîchi par l'effet de la pluie. Il règne parmi nos troupes et nos chirurgiens une fièvre qui, après avoir été équivoque pendant quelques jours, se manifeste ensuite avec le type d’intermittente quotidienne ou tierce; les accès en sont longs ct douloureux ; ils menacent de devenir subintrants et ils le deviendraient si on ne se pressait, après un vomilif ct une purgalion, de recourir au kina à la dose de dix gros, et même d’une once et demie entre deux accès. Cette médecine brusque arrête les paroxysmes et guérit très heureusement.
2 et jusqu'au 10, — Le temps est presque froid; il a fallu prendre ses habits d’hiver. Il y a eu, le 6, une gelée blanche; les chaleurs sont enfin passées, mais la température s’est refroidie trop promptement; ce contraste produit des maladies. La dysenterie et la fièvre intermittente ont fait des progrès. Je ne dors pas; cependant je sors un peu et déjà plusieurs fois je me suis promené dans le parc, lout en sortant de Berlin, forêt charmante, lieu de délices, bien autrement beau que nos Champs-Élysées.
Il s’est élevé une querelle entre l’adjoint aux commissaires Bourgoing et le chirurgien-major Gama : celui-ci a été mis aux arrêts par l’autre pour affaire de service. J'ai rappelé Gama de la 3° division du 1" corps, où l'affaire s'est passée, et ai eu avec M. l’intendant général une explication à ce sujet; il m’a promis qu’il s’occuperait de ladite affaire et que je serais satisfait; nous verrons.
11 et 12. — Pluie tous les jours et temps froid. Les Français s’ennuient de rester si longtemps hors de chez eux .
Le nombre des malades de l’armée est réduit à seize mille ; il était de trente mille il y a vingt jours. Les hôpitaux de Berlin sont médiocrement bons; on y mange du