‹ Journal des campagnes du Baron PercyChapitre 219 sur 293 · HOPITAL DE MIRANDA · texte numérisé non relu

HOPITAL DE MIRANDA

Fa - des montagnes voisines de Miranda et des reconnaissances . envoyées de loutes part ont vu qu’elles n’ont rien vu. Cependant personne, excepté moi, n’a osé se recoucher. I y a à Miranda, en entrant à gauche, un méchant petit hôpital bien puant, bien mal tenu, où l’on ne vit qu'au jour le jour ; les chirurgiens qui le desservent sont aussi des chirurgiens de pacotille ; l'aide-major est du choix de l'Ecole de Montpellier, qui l’a proposé, ainsi que sept autres, pour ce grade, que le ministre à accordé, quoique aucun de ces espèces de barbiers n’eût servi.

15. — Partis, à quatre heures du matin, par un froid des plus piquants et un brouillard à couper au couteau ; mais il fallait devancer les convois et files de voitures. Route toujours superbe, unie, sans presque de montuosités. À sept heures, nous élions à Pancorbo, bourgade située au pied d’une montagne à pic et nue, sur la pointe de laquelle est un fort aussi étonnant dans sa construction que hardi dans sa position. Il avait été jeté dans ce fort une poignée de nos gens avec des munitions de bouche et de guerre; l’ennemi a tourné tout autour et n’a pas cru devoir rien entreprendre contre celte petite garnison. Une lieue plus loin, nous avons fait halte et sommes entrés chez les plus braves gens du monde, qui nous ont réchauftés et prêté leur cuisine pour faire notre souper. J’ai ma provision; en conséquence, nous avons bien déjeuné et à trois heures nous étions à Bribiesca, où le quartier général couchera.

Jai vu, en arrivant, l’hospice civil tout rempli de malades et blessés français et espagnols, au nombre de cent vingt; un prêtre charitable, philosophe, éclairé, un vrai Samaritain, en est le directeur ; la propreté y règne; le local est salubre ; mais il n’y avait pas de chirurgien français. J'y laisserai un aide-major et deux misérables petits individus de mine vulgaire, sans éducation, ayant à peine

quatre pieds dix pouces, déguenillés et pourtant envoyés de Paris. |

Dans un couvent transformé depuis quelques années en caserne sont trois cent cinquante prisonniers espagnols, dont vingt-cinq sont blessés : j'ai voulu assister à leur pansement, confié à un chirurgien, c’est-à-dire à un frater du pays, vrai Figaro, ne connaissant que le digestif et les médecines de jalap. Un malheureux ayant reçu un coup de feu dont la balle, entrée au-dessus de l’épaule droite, sortait sous l’angle inférieur de l'épaule gauche, avait le bras tendu, luisant, violet, et le docteur avait déjà appliqué sur les plaies deux gros plumasseaux chargés de son onguent; la gangrène élait imminente ; j'ai fait faire par un de nos chirurgiens présents de profondes laillades et amplifier les plaies ; cet homme peut encore guérir. Douze officiers espagnols prisonniers avaient déserté la nuit précédente. Deux soldats tentant de s’évader avec des cordes venaient d’être surpris, arrêtés et bâtonnés par notre garde, dont, le sergent avait ordre de recommencer jusqu’à cent coups à la fois, tant que les coupables ne diraient pas qui leur avait prêté les cordes dont ils étaient sur le point de se servir.

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