‹ Journal des campagnes du Baron PercyChapitre 231 sur 293 · ÉVACUATION DE BLESSÉS · texte numérisé non relu

ÉVACUATION DE BLESSÉS

Comme nous montions la côte, j'ai entendu des cris plaintifs et ai demandé ce que c’était ; il faisait nuit et du brouillard ; on m’a répondu que c’étaient des blessés qui, depuis les dix heures du matin, étaient à attendre qu’on les transportât. Ces pauvres gens étaient gelés ; j'en ai fait meltre un sur le devant du cabriolet de M. Larrey, un dans ma voiture et les autres dans les petits caissons d’ambulance de la garde. M. Ribes et M. Toussaint, l’un chirurgien de la maison civile de Sa Majesté et l’autre pharmacien de ladite ambulance, se sont prêtés avec un empressement digne d’éloges à secourir ces infortunés, qui avaient été pansés, mais qu’on n’eût pas dù abandonner ainsi ; ils sont tous partis pour le quartier général de Sa Majesté, à Buitrago. C’est là que j'aurais dû me rendre, mais la chose m'a été impossible. Ayant monté la côte à pied, je suis arrivé au village et y ai trouvé le désordre le plus grand : les dragons bivouaqués un peu plus loin dévastaient tout; plus d'habitants, plus de meubles, et tout regorgeant d'hommes et de bêtes.-J’ai découvert un misérable coin bien sale, mais pouvant contenir mes mulets à leur arrivée. Je les ai attendus plus de deux heures, l’artillerie empéchant mes équipages d'arriver : pendant ce temps je me suis morfondu, n’osant pas m'éloigner de mon pauvre

gîte, qu’on n’aurait pas manqué de me prendre : quoiaue glie, q P P ;

présent, on m’a volé une botte de paille et une chandelle qu'un chirurgien aide-major du 2° dragons m'avait procurée. Enfin mon monde est arrivé; nous avons nettoyé le réduit, fait bouillir de l’eau ; nous avons fait la...

(Le carnet sur lequel Percy avait noté les incidents de la marche sur Madrid après le combat de Somo-Sierra n'a pu élre retrouvé.)

bi

(SUITE

Saint-Augustin. — Bataille sous Malrd: — M. de Séqur. — Bouquet offert à Duroc. — Entrée à Madrid. — Souper frugal. — Transport des

blessés. — Les chirurgiens prisonniers. — M. Larrey. — Hôpital de Madrid. — Proposition de donner l’épaulette aux chirurgiens. — Insignes des grades militaires. — Le major général. — Création des soldats d’ambulance. — Habillement des infirmiers. — Tordesillas. — Senoritas, chicos, chicas. — « Franceses, los malos hombres ».— Souffrances de l’armée. — Chemins affreux. — Torre. — Le couvent des franciscains. — Prisonniers anglais.

… Pauvre pécore surchargée succombe bientôt de fatique ; elle est alors jetée de côté et souvent assommée, et une autre la remplace pour éprouver à son tour le même sort. On ne rencontre que de ces montures. Au reste, le brigandage de la soldatesque n’épargne pas ce qui appartient aux Français; on prend nos mulets, nos chevaux, nos elfets, si on n’a soin de les veiller jour et nuit.

À moitié chemin est un village abandonné, où nous avons rafraîchi, non avec les denrées du pays, mais avec nos propres ressources, car tout a été volé. À sept beures, nous sommes arrivés à Saint-Augustin, bourgade mangée, dévorée, incendiée, dans laquelle j’ai heureusement découvert un petit gîte avec les chirurgiens et quelques officiers de la garde royale ; ils mont donné place pour mes mulets et un coin pour me coucher, sans compter de bonnes pommes de terre que j'ai mangées hier avec eux. Si la nuit a dà être belle hier, celle qui va suivre sera charmante.

Nos blessés polonais ont dù arriver au village où nous avons fait halte ; l’ambulance de la garde s’en est chargée;

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