‹ Journal des campagnes du Baron PercyChapitre 24 sur 293 · INTRODUCTION MR · texte numérisé non relu

INTRODUCTION MR

que vous me la fassiez promptement passer. J'ai besoin de la bien connaitre puisque, récitée avec dévotion et persévérance par notre pieuse mère, elle a contribué efficacement à ma conservation. N'oubliez pas cette commission et faites-la promptement (1). »

On trouvera dans ce livre des détails qu'on chercherait vaine-

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ment ailleurs. Les conférences de Napoléon et d'Alexandre à Tilsit sont connues ; mais les préparatifs faits par les habitants de Posen pour recevoir l'Empereur le sont moins. Peu de documents dépeignent avec autant de précision les étranges hordes que la Russie appela à la défense de son territoire, et la visite au camp des Kalmoucks et des Baskirs à tout l'attrait d'un récit de voyages (2). Je me permets aussi de signaler la description du château de Coca : médiocre juge en fait de peinture, Percy avait quelques connaissances archéologiques et tout n’est pas erroné dans les hypothèses qu'il formule sur l'époque de tel ou tel monument. Sa grande passion était les armes et les armures anciennes: les généraux, qui le savaient, l’autorisèrent plus d’une 4 fois à puiser dans les arsenaux ennemis; c'est ainsi qu'il forma 4 la riche collection dont le catalogue a été publié après sa mort ; … l'ensemble des pièces qui la composaient fut estimé soixante … mille francs. Entre autres reliques curieuses, le savant académi- “cien possédait l'épée de Copernic ; il en fit l'objet d'une note en la donnant à l'Observatoire de Paris. Les livres ne le tentaient … guère moins, témoin sa mauvaise humeur contre un pharmacien polonais qui nr. de lui céder un Tacite elzévir et sa reconnaissance pour les religieux d'un couvent espagnol qui s'empressent de lui remettre la clef de la bibliothèque dans laquelle ils Ÿ … l'ont vu s'amuser à feuilleter les Antiquités de Montfaucon. À - Sur les personnages qui gravitent autour de Napoléon, le “ journal de Percy est sobre d’ appréciations, l'illustre chirurgien # estimant que ce n’est pas à lui de les juger. Il en dit cependant

€ (1) À Mme Wadeleux, 8 juillet 4809.

: (2) Percy visita ce camp en compagnie du général Thiébault, qui lui a aussi consacré quelques pages de ses curieux Mémoires.

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assez pour qu'on devine que le prince de Neufchâtel ne lui était pas sympathique. Le grand-maréchal du palais se montrait, au contraire, bien disposé à son endroit ; il eut aussi à se louer du

général Bertrand et du grand-duc de Berg. Le maréchal Lefebvre

lui plaisait par sa brusque franchise, maïs celui pour qui il pa-

raît avoir éprouvé le plus d'affection est le général Lariboisière,

dont il n’omet pas de signaler le noble désintéressement à Dant-

zig. Quant à Lecourbe, il lui demeura toute sa vie profondément

attaché ; lorsque Le héros des Grisons fut tombé en disgrâce, il

joignit ses efforts à ceux de ses anciens compagnons d'armes

pour le faire rappeler aux armées : « Mon cher général, lui écri-

vait-il en 1810, vous me feriez une cruelle injure si vous étiez

persuadé que j'eusse jamais cherché à vous oublier. Vous me

serez toujours cher... Rendez-moi la justice que je mérite et

soyez sûr querien n’est changé dans votre tout affectionné (1). »

J'ai dit plus haut qu'à Tilsit il avait été présenté à l'empereur de Russie et au roi de Prusse ; dans son entrevue avec l'infortuné Frédéric-Guillaume, il laissa voir une émotion qui alla jusqu'aux larmes, et on a eu raison de douter qu'un Allemand se fût fait aussi noblement le courtisan du malheur.

Somune toute, ce que ces notes intimes font le mieux connaïtre, c'est, ainsi qu'on devait s’y attendre, l'homme duquel elles émanent : sans leur découverte, nous n'eussions jamais su quelle simplicité de mœurs s’alliait en lui à l'élévation de vues et à

l'indépendance de caractère dont il a donné tant de preuves.

Elles confirment, d'autre part, ce que les contemporains avaient déjà publié de sa bonté. On ne sement pas à soi-même : en confiant au papier ses impressions de chaque jour, Percy songeait uniquement à fixer le souvenir de ses campagnes et nous pouvons ajouter foi au portrait qu'il a tracé de lui sans y penser. Le voilà bien, avec sa vive compassion pour les blessés, pour les malades : après seize années passées dans les camps, leurs souffrances l'émeuvent comme au premier jour. Rien en lui du

: (4) E: Boussox ne MarRer, Eloge historique du lieutenant-général comte ÿ

Lecourbe, p. 111.

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