PRISONNIERS ANGLAIS
mais celte fois église, sacristie, tout enfin a été pillé. Le
couvent est une grande voirie, c’est-à-dire que tout y est plein de tripailles, de têtes et peaux de moutons, elc.; il reste encore trois frères à qui j'ai donné la facilité de cacher quelques ornements. Ces capucins sont habillés de gris, portent le chapeau blanc et sont chaussés; ils n’ont pas de barbe. Rien de plus beau ni de plus élégant que leur couvent; on ne voyait rierwde pareil en France autrefois.
J'ai élé curieux de visiter les prisonniers anglais : ils sont assez beaux hommes; ils portent une chemise de laine rouge très ample et leur habit est rouge, court, avec des boutonnières en passementerie ; il y a quelques femmes avec eux, l'une d’elles pleurant sans cesse. Nos soldats les traitent bien ; ils boivent ensemble. Il paraît que le corps auquel ils appartiennent est du côté de Benavente; on dit ici qu'il a fait prisonnier le général Lefebvre-Gineau et taillé en pièces un escadron de chasseurs de la garde avec lequel il avait ordre de pousser très loin une reconnaissance. Je vais souper avec des haricots blancs et du bon vin.
F'AOPONCÉ 70) L' LE de - a Di
CAMPAGNE D ESPAGNE Q Equipages en détresse. — Chemins affreux. — Un te labradür,. — Ün bachelier de Salamanque. — Villantieva. — Les habitants, la culture.
— Caves de Castro. — Retraite des Anglais. SEAT Laru — Benavente, ma'a gente, — M. Kessler sauve à la nage deux voltigeurs. — « Marchez, ou à l'hôpital! » — « Camarade Popolisko ». — Atlaques nocturnes. — Est-ce un guet-apens? — Villanoblia. — Madrid sera bien vexée. — Avancement et Légion d'honneur. — Couvent des dominicains. -— Le palais de Valladolid. — Reliques de tous les saints. — Chirurgiens, très braves gens. — Audience de l'Empereur. — Gorvisart, Boyer, Sabatier. — Elle s’en est bin donné. — Il est accouché d'une balle. — Le maior Clavel. — Journée mémorable. — Léjion d'honneur. — Couvent de Maria del Prato. — Missa, missa. — Je me suis couché en écrivant. — M. Denon. — Château de Coca. — Nuit d'angoisse. — Monuments de Ségovie. — Otero de Herreros, ses habitants. — L'Empereur et la chirurgie militaire. — Criminels espagnols. — L’Escurial. — Le roi visite l'hôpital. — Musée du Prado. — Mortalité excessive. — Épuisement des petits conscrits. — Infection des hôpitaux. — Maladies épidémiques. — Dévouemeut et mortalité des jeunes chirurgiens.
1° janvier. — Les haricots m'ont moins empêché de dormir que l'inquiétude de ma voiture, dont j'ai eu des nouvelles ce matin ; un cantinier l’a vue et laissée à Arevalo; une des mules boilait et l’équipage était en si mauvais état que M. le chirurgien-major Jouffroy, qui Paccompagne, avait cru devoir la quitter pour se rendre à pied rès de moi ; mais, ayant lu sur la porte de la maison de Medina del Campo un billet signé de moi, par lequel j'exprimais le désir et le besoin que j'avais dé voir arriver cette voiture, il s’en était retourné à Arevalo, sans doute pour hâter sa marche, ce qui me fait Rae elle ne se soit précipitée dans les boues et perdue comme tant