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L'EMPEREUR ET LA CHIBURGIE MILITAIRE

« On a loué avec raison les soins généreux et charitables de quelques souverains pour les malades des armées qu’ils commandaient. Théodose déchira un Jour ses vêtements de lin pour panser les soldats romains qui avaient élé blessés. Louis IX aida souvent lui-même à panser les siens et il n'hésita point à aller secourir et consoler les pestiférés.

« Notre Empereur, qui a surpassé en grandeur, en génie, tous ceux qui avant Jui ont été à la tête des peuples, ne le cède à aucun d’eux en sollicitude, en bonté, en attentions affectueuses envers ceux de ses guerriers dont la maladie ou le sort des combats enchaïnent le courage. Il a aussi visilé en Égypte les soldats frappés de la peste, et c'est dans la même ville où saint Louis donna au monde et à la religion un si grand exemple de bienfaisance et de dévouement que, supérieur à toute crainte, à toute répugnance, Napoléon, devenu aussi le héros de l'humanité souffrante, a rempli le plus saint comme le plus périlleux des devoirs. À peine est-il arrivé à son quartier général, aussitôt il s’informe de l’état des hôpitaux ; il y envoie ses généraux, ses aides de camp, et il n’est tranquille que quand on lui à assuré que tout s’y passe bien et que les malades y sont bien traités. Après un combat, une bataille, il parcourt le terrain, voit relever les blessés, compatit à leurs douleurs, encourage les chirurgiens et charge un de ses premiers officiers de distribuer à ces honorables victimes de la guerre des témoignages de son attachement paternel et les dons de sa munificence impériale.

« Le 7 décembre dernier, étant à Saint-Martin, il a arrêté qu'il y aurait un bataillon d’infirmiers-militaires sous le titre de soldats d’ambulance, de la formation, organisation et habillement duquel le chirurgien inspecteur général Percy serait chargé, et déjà l’on voit plusieurs de ces soldats, dont la tenue, l'uniforme et l’armement son{ propres et même élégants. À chaque revue que passe

Sa Majesté, elle veut voir et interroger les chirurgiens des régiments pour savoir s'ils sont pourvus de moyens de secours et de transport nécessaires, s’il y a beaucoup de malades au régiment ét quelles sont les maladies qui y règnent, et souvent elle daigne manifester le cas qu’elle fait de ces utiles fonctionnaires, soit en les honorant publiquement de ses suffrages, soit en leur accordant la décoration de la Légion d’honnew. À son arrivée à Aslorga, on lui rendit compte que les Anglais y avaient laissé, tant pour leurs blessés qu'ils n'avaient pu emmener que pour vingt des nôtres, deux chirurgiens de leur armée, du zèle et de la bonne conduite desquels notre chirurgien en chef élait content. Aussitôt l'Empereur leur fit porter cent cinquante napoléons d’or et les renvoya avec égards et dislinclion. |

« On sait l'importance singulière qu’il met à avoir de bons chirurgiens à ses armées et avec quel intérêt il se fait rendre compte par leur chef, M. Percy, qu'il considère beaucoup, de leurs progrès, de leur émulation, de leur habileté. Le 12 de ce mois, il en a décoré neuf à Valladolid, et quelques jours auparavant trois ou quatre avaient obtenu la même récompense.

« La chirurgie militaire jouit donc de la bienveillance particulière de notre Empereur et cet état, qui de jour en jour offre à la jeunesse studieuse plus d'avantages, doit porter les parents aisés à diriger le goût et la vocation de leurs enfants vers une carrière où l’on peut cueillir les palmes des arts et du talent et recevoir en même temps le prix des services guerriers. »

21. — Nous avons été bien et nos hôtes nous avaient paru être de bonnes gens jusqu’à notre départ. Is nous avaient promis deux bœufs pour sortir des boues et des rochers qui composent le chemin du village à la route : au moment de partir, ils se sont évadés et nous ne les avons

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