INTRODUCTION : LXXVII
Si je me suis étendu sur les années antérieures à sa nomination
au grade d’inspecteur en chef du service de santé des armées,
L ’ Al .
c’est que ce sont ses démélés avec les bureaux de la guerre qui révèlent le mieux la trempe vigoureuse de son caractère; un historien déclare qu'il s'est usé en ces orageux conflits (1) ;
au surplus, ceux-ci n'eurent jamais, on l’a dit, « d'autre objet que les chirurgiens militaires, ni d'autre cause que le besoin sans cesse renaissant et d'en faire respecter les droits et d’en faire récompenser les services si souvent méconnus (2), » et, par sa
persistance à réclamer l’autonomie du corps auquel il apparte-
nait, Percy est véritablement, pour les officiers de santé de notre armée, le grand ancêtre. Peu de vies, en définitive, sont plus irréprochables que celle de l'illustre Franc-Comtois; toutes ses actions sont marquées au coin de l'amour de ses semblables ; jamais le dénigrement ni l'envie n'ont pu refroidir l'ardeur de son zèle ; tel il était au début de sa carrière, tel il est demeuré jusqu’à la fin, et, s’il fallait résumer en peu de mots cette exisence si une et si remplie, je serais tenté de m'inspirer des paroles de Mercy déplorant la mort de Turenne et d'écrire à la première page du livre qu'on va lire : « Voici l'ouvrage d'un homme qui faisait honneur à l'homme. »
Montagney. 15 octobre 1905.
(4) P. TriaiRe, Dominique Larrey et les campagnes de la Révolution
et de l'Empire (1768-1842), p. 59.
(2) FLOURENS, Éloge historique de Pierre-François Percy, p.