ARMÉE DU DANUBE ET CAMPAGNE D HELVÉTIE
OR - “ge.
—. Passage du Rhin. — Le corps d'ambulance. — L'hôpital de Hornberg. — - Intempéries. — L'hôpital de Villingen. — Organisation défectueuse. — Stokach. — Ueberlingen. — Le général Jourdan. — Pfallendorf, — L'armée se replie. — L'auberge de l’« Étoile ». — Evacuation des L'essés. — Arrivée de nouveaux blessés. — Encombrement. — Épuisement des
troupes. — Hüffingen. — Insuffisance du service. — Séjour à Hornberg
. — Projets de réorganisation. — L'hôpital d'Huningue., — Kæœnigsfelden.
… — Baden. — Zurich. — Les révoltés de Schwitz. — Retraite sur Zurich
- L'Empereur n’ayant pas répondu à l'invitation à lui faite — parle Directoire exécutif de renvoyer les troupes russes —. prises depuis peu à sa solde et les plénipotentiaires de — Rastadt recourant sans cesse à de nouveaux moyens éva- - sifs et dilatoires, l’armée reçut ordre de se tenir prête à —. marcher, et le général en chef Jourdan l'organisa comme il suit. | - Onsema à desseindes bruits contradictoires afin d’égarer . les conjectures et de pouvoir passer inopinément le Rhin. - Le jour n’était encore connu que des généraux. Jourdan, - pour abuser plus sûrement les curieux et décevoir les 2 :
espions, donna le 10 ventôse une grande fête, pendant laquelle personne ne put remarquer la moindre disposition au voyage médité. On était même porté à croire qu’en effet les bruits de paix ou d’armistice qui étaient arrivés de l’Empire pouvaient être fondés lorsque, dans la nuit du 10 au 11, il se fit dans la ville et les environs un mouvement de troupes si considérable que déjà à cinq heures du matin, malgré le mauvais temps et l’obscurité, plus de quinze mille hommes, ayant à leur tête tout le quartier général, étaient à Kehl et sur la route d’Offenbourg; dixhuit mille autres passèrent dans le reste du jour avec les bagages et lartillerie (1).
Vers le midi, nous fimes partir le corps d’ambulance destiné à marcher avec l’avant-garde : il n’était composé que de six caissons, au lieu de douze ou quinze qu’il y aurait dû avoir ; mais, vu la pénurie habituelle de nos magasins et l’insouciance de la plupart de ceux qui se mêlent de la partie administrative des hôpitaux, nous nous estimâmes encore heureux d’avoir pu, à force d’importunités et de démarches, nous procurer ces faibles moyens. Les six caissons ne portaient en tout que cent demi-fournitures et des ustensiles à proportion, ce qui devait suffire à peine pour cent cinquante blessés, car on ne peut doubler tous les lits, c’est-à-dire les païllasses, à cause des amputés et des blessés ayant des fractures aux extrémités, lesquels doivent coucher seuls. Il est vrai qu’à l'avant-garde il faut moins de fournitures que dans les divisions ou les ambulances, qui doivent être assez bien pourvues pour subvenir aux besoins des établissements d’échelon et les former à mesure qu'on avance.
À la suite de l’ambulance de lavant-garde marchaient à pied, selon l'usage, les chirurgiens de tous grades atta-
chés à son service; les chefs n’avaient pas eu le temps de
(1) 11 ventôse an VIT (1% mars 1799).
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