‹ Journal des campagnes du Baron PercyChapitre 32 sur 293 · LE CORPS D'AMBULANCE · texte numérisé non relu

LE CORPS D'AMBULANCE

se procurer des chevaux; les jeunes gens n’en avaient pas eu le moyen; et cependant ils étaient tous habillés de neuf …. et sur leurs habits brillaient les nouvelles broderies distinc- … tives des grades et professions. Il devait leur être accordé un wurst de canonniers à cheval pour les transporter partout où se rendrait la troupe, et surtout pour qu’ils pussent arriver plus vite et plus dispos sur les champs de bataille, où ordinairement les chirurgiens à pied n'arrivent “ qu'après avoir couru et fait à la hâte plus ou moins de — chemin, ce qui les épuise, les met hors d'haleine et les … rend, par conséquent, peu propres à secourir les blessés. — La proposition que j'avais faite à nos généraux de faire … donner à mes collaborateurs de toutes les divisions, et —… spécialement de l'avant-garde, cette espèce de voiture

leste, légère, sur laquelle dix individus se tiénnent à cali- - fourchon sans être gênés, et l’explication que je leur avais …. faite des avantages singuliers qu’on devait en retirer pour … la sûreté, la promptitude et Pamélioration du service, leur —…. plurent tellement qu’il fut sur-le-champ ordonné qu’on mit … à ma disposition plusieurs desdits wurst, non attelés, ce —… que firent avec plaisir et empressement les officiers supé- . rieurs d'artillerie que cet objet concernait; mais il fallait que les équipages d’ambulance fournissent les chevaux, … et ce fut là la pierre d’achoppement pour notre projet. Les chevaux ne furent pas refusés; mais on multiplia les m…entraves, les défaites, les prétextes, et les wurst tirés de — l'arsenal pour le soulagement des chirurgiens et le bien- … être des blessés y rentrèrent, parce que c’eût été peut-être un spectacle dangereux à donner que celui d’officiers de

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& d'oppression et d’humiliation condamne depuis si long- temps à être couverts de poussière et de boue : on veut & qu'ils aillent à pied et qu’ils soient malheureux; autrement, disent quelques administrateurs, ils deviendraient trop insolents.

Les chirurgiens du corps d’ambulance de l’avant-garde étaient les citoyens (1), 1" classe; Chapotin, Schal, de 2°; Masson, Henry, Prat, Bury, Beaumont jeune, Jacque, Verrier, Vitrac, Paperet. On remarquera que, parmi ces chirurgiens, il y en avait quatre parlant allemand : c’est une prévoyance qu’il ne faut pas négliger lorsqu'on fait la querre en Allemagne; elle facilite le service, les communications et contribue beaucoup à faire exister les officiers de santé. Sur le caisson le plus léger et le mieux attelé se trouvaient : 1° une demi-caisse de linge coupé, avec une caisse d'instruments à ampulation pour le service de la sous-division, que le corps d’ambulance de l'avant-garde est toujours obligé de porter plus ou moins en avant; 2 une grande caisse remplie aussi de linge coupé et renfermant de plus une caisse à amputation et une à trépan.

Après l’ambulance de l’avant-garde passa celle de la 2° division de l’armée. Cinq caissons assez mal trainés en faisaient toute la richesse : toujours cent demi-fournitures et une seule caisse de linge et appareils de chirurgie. À côté de ces caissons, sur lesquels on avait consenti assez difficilement qu’ils déposassent leurs petits porte-manteaux, marchaient à pied, pêle-mêle avec les charretiers et

les infirmiers, dix chirurgiens, la tête baissée, le cœur

riavré, s’efforçant de cacher leurs belles boutonnieres et

désirant pour l'honneur de leur art que les passants les. prissent pour tout autre chose que pour des officiers de

santé. Leur chef seulement était monté. C’était le citoyen «

Lauzeret, de 1° classe; il avait pour collaborateurs pédes- \

tres (2)...

La 3° division suivit de près et ressemblait en tout aux. ; autres. Les chirurgiens qui en composaient le service

(4) Les noms sont demeurés en blanc.

(2) la.

L'HOPITAL DE HORNBERG pl

… étaient les citoyens Capiomont l'aîné, de [°° classe; Guyot, nn de2° classe.

—. On s’achemina vers Gengenbach, et on entra dans la - charmante vallée de la Kinzig. Rien de plus pitloresque, de plus curieux que cette vallée : on y voyage, ayant toujours la riviere à sa droite ou à sa gauche, et une chaîne de montagnes, qui offre les sites et les aspects les plus délicieux; les arbres fruitiers ombragent les habitations __semées Le loin en loin sur la côte; les eaux de la Kinzig — roulent en mugissant à travers d'énormes cailloux. Le — vent agite sans cesse les sapins du haut des montagnes ; c'est un bruit étonnant et continu. Les rochers pendent en précipices sur le chemin, qui est superbe. Cette vallée est froide : nos soldats s’y sont cependant bien portés, par l'attention du général à ne pas les laisser bivouaquer; il —. n’eût fallu qu’une nuit de bivouac pour fournir des cen- —…. taines de malades, tant l’air est vif, froid et pénétrant; la … rivière contribue beaucoup à cette fraîcheur singulière. — J1n/ya nulle part, dans toute la vallée, plus d’une portée de carabine de distance d’une montagne à l’autre et le tor- “ rent coule au milieu. Nous n’avons eu, pendant les huit —. jours qu’on a passés dans ces lieux sauvages, que quelques fluxions et ophtalmies.

3 Le 14, il fut arrêté qu’on établirait un hôpital d’évacua- … tion à Offenboursg : le citoyen Roussel, de 1° classe, fut aussitôtenvoyé en cette ville pour être chargé en chefde ce service; - il lui fut donné pour collaborateurs Bourgeois, Alix (1)... — De Gengenbach on se rendit à Haslach, petite ville en- —…. tourée d’une simple muraille, au milieu d’un vallon coud ronné de montagnes.

& Le même soir, 14, on alla coucher à Hornberg, auire … petite ville, moins RER encore que la précédente, dominée par des montagnes à perte de vue. Sur une de

È | L (1) Nom resté en blanc.

celles-ci est un château de peu d'importance, où nous n'avons trouvé qu'un seul canon de fonte encloué; quelques invalides du pays de Furstemberg le gardaient.

Le 15, ordre d’y établir un hôpital pour cent cinquante malades. Les logements en sont beaux : dans chaque chambre il y a ou un poêle ou une moitié de poële, et on peut y placer huit malades. L’eau y est excellente; elle vient d’une des montagnes voisines élevée de vingt-quatre toises de plus que celle où est bâti le château.

Ordre fut donné au citoyen Latour d'envoyer sans délai, : sous sa responsabilité, tous les caissons qui lui ont été demandés il y a plus d’un mois. Ordre de s’opposer à la sortie du magasin de pharmacie de six milliers pesant de médicaments destinés à l’armée d’Helvétie. Invitation au commissaire des guerres Tailleur de mettre à ma disposition pour les trois wurst promis douze des chevaux mis à la sienne par le quartier général.

Le citoyen Marchand, faisant les fonctions d’agent général, est parti de Strasbourg sans un sol. Lorsqu'il a été question d'établir l'hôpital d’Hornberg, ne pouvant avoir à crédit dans cette ville ni pain, ni viande, ni aucune denrée, il a été réduit à demander au commissaire général Vaillant cinquante louis d’avance ou à titre d'emprunt, chose inouïe à l'entrée d’une campagne ! Il eût fallu au moins cinquante mille livres pour faire aller médiocrement le service.

On a séjourné à Hornberg, où l’on était les uns sur les autres. Ayant eu besoin d’aller au quartier général le soir du 15 au 16, je fis une chute en entrant dans cette bicoque. J'avais préféré me loger à un quart de lieue du quartier général; on y est moins mal et on y vit plus librement; mais il à fallu coucher sur la paille, dans une grande chambre où étaient sept officiers d'artillerie légère et leurs huit domestiques, tous aussi sur la paille. Le souper de ces citoyens avait été bruyant; chacun y avait bu un peu outre mesure, de sorte que pendant la nuit, faute d’un

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