PFULLENDORF
l'angle externe et s’est perdue vraisemblablement dans le sinus maxillaire. Coup de feu à travers le bassin. Coup de lance d’un uhlan à travers le ventre d’un chasseur du 1”.
Les blessés, au nombre de qualre-vingt-dix, ont été placés, les uns à l’hospice civil de Pfullendorf, les autres dans un local à côté. On les évacuera ce matin sur Stokach, mais quelle évacuation! Ces infortunés sont à moitié nus à cause de leurs blessures; leur appareil est mouillé ou de sang, ou d’une fomentation, et il n'y à pas un lambeau de couverture à leur donner pendant la route. Quand ils seront à Stokach, ils auront à peine un peu de paille pour eux, point de draps. La ville de Pfullendorf a fourni les vivres et cinquante aunes de linge à pansement: elle a donné aussi quelques infirmiers.
À huit heures, les bagages ont commencé à défiler par la ville et à rétrograder, ce qui nous a alarmés sur les résultats du combat. Il est sûr que les uhlans et les tirailleurs autrichiens ont commencé à attaquer nos gens à trois heures du matin; ils étaient nombreux. Les premiers blessés sont arrivés à Pfullendorf à neuf heures.
- Parmi ces bagages on remarque qu’il se trouve en grand nombre des chariots, et ce sont toujours les mieux atielés, sur lesquels sont des femmes avec des petits enfants. On devrait défendre à toutes les femmes dans ce cas de suivre l'armée, puisqu'elles ne peuvent qu’y être nuisibles. Ces chariots, retenus arbitrairement par l’un et par l’autre et dont on‘aurait tant besoin à la suite des hôpitaux ambulants, il faudrait qu’une police sévère Les rendit à leur véritable destination : aujourd’hui que nous avons cent cinquante blessés à évacuer, les voitures manquent et on ne trouve sur les routes que voitures chargées de femmes ou portant un soldat qui s’en est rendu maître.
À dix heures, l’armée s’est retirée, ne pouvant tenir avec si peu de forces contre l’ennemi, qui en avait le quadruple : le feu avait été extrêmement vif de part et d’autre
jusqu’à celte heure et, malgré la disproportion de nos forces, nos gens avaient arrêlé l'ennemi depuis trois heures du matin; mais il a fallu enfin céder. La retraite s’était faite par les bois de deux lieues de long : je parle de la retraite de l’avant-garde. Notre ambulance a été obligée de se retirer aussi, ce qu’elle n’a fait que tard ; faute de voitures pour ramener les blessés, il a dû en rester beaucoup au pouvoir de l’ennemi. Plusieurs s'étaient jetés sur les wurst, affüts et caissons de Partillerie. Jai vu un charretier d'artillerie, à qui un boulet avait emporté la jambe gauche, rester assis sur le devant d’un caisson à munitions, tenant sa cuisse à deux mains et le moignon nu s’agitant avec ses lambeaux à chaque secousse de la voiture; il criait aux deux charretiers : « Au galop! Vite, vite ! » Ne voulant pas souffrir qu’un tel spectacle fût donné à toute l'armée, je l’ai fait porter sur le bord du chemin, où il s’est aussitôt trouvé mal. Ceux qui passaient, le croyant mort, disaient : « En voilà encore un de moins. — Non, non, ” répondait-il, je ne suis pas mort. » J’avais laissé près de lui le citoyen Bury, chirurgien de 3° classe, pour le faire charger sur une voiture, s’il en passait une; mais cet officier de santé a été obligé de fuir comme les autres. Nombre de blessés sont morts dans le chemin; ceux qui ont pu gagner Pfullendorf ont été pansés, opérés; ont reçu quelques vivres, et de suite on les a évacués sur Stokach. 4
Le général en chef a eu un cheval tué sous lui. Le général Lefebvre a reçu à l’avant-bras gauche une balle qui était entrée au-dessous du pouce et s’était perdue fort loin de là. L’ayant rencontré qui s’en revenait dans sa voiture, précédé du citoyen Masson, de 5° classe, j'ai voulu retourner, mais il n’y a pas consenti; le citoyen Lauzeret, de 1° classe, Payant vu à son arrivée à Pfullendorf, lui a retiré la balle, qui avait coulé le long du radius.
I y a des blessures de la plus grande gravité. J’allais amputer je poignet à un volontaire lorsque le citoyen Wil-
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