‹ Journal des campagnes du Baron PercyChapitre 4 sur 293 · AY SL · texte numérisé non relu

AY SL

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Danube et des boues glacées de la Pologne aux àpres sierras de l'Espagne ; mal secondé par l'administration, il lui faudra organiser le service de santé d'armées comptant un nombre de combattants que l’ancienne monarchie n'avait jamais connu; Napoléon n'aura de tranquillité que lorsqu'il le saura près de lui, et quand, le lendemain de la bataille d'Eylau, il apprendra qu'un général grièvement blessé et déjà transporté à quelques lieues du théâtre de l’action le réclame, il s’opposera à son départ en disant : « Il se doit à tous, et non à un seul. » Au surplus, Percy suffira à tout et son nom acquerra une réputation que ses rêves les plus ambitieux n'avaient pu lui faire entrevoir. Mais au prix de quels labeurs, de quelles épreuves, de quelles souffrances, ceux-là seuls le peuvent dire, qui ont reçu ses confidences à cet égard. « Il n'y a pas, a-t-il écrit, de repos pour nous aux armées; nous y sommes, comme l'a fait observer Vicq d’Azyr, les soldats de tous les jours, de tous les moments; nous n'y quittons jamais le combat. Les maladies, les blessures, l’insalubrité des lieux, l’inclémence des saisons, la contagion des épidémies sont pour nous des ennemis implacables et sans cesse renaissants, et, dans cette pénible lutte où les dangers nous pressent de toutes parts, ce sont encore ceux que nous partageons avec les guerriers sur les champs de-bataille que nous avons le moins à redouter.. L'insuffisance de nos pouvoirs pour faire le bien et l'autorité de ceux qui sont intéressés à faire le mal; tous

ces abus enfin que l'œil du maître, si perçant qu'il soit, ne sau-

rait atteindre ni empêcher, voilà nos plus grands périls et nos plus profondes calamités. » « L'art de guérir, a-t-il dit encore, est pour celui qui l’étudie un long apprentissage de la mort. Il

lui rappelle sans cesse que sous le ciel tout se succède, tout périt,

tout se renouvelle. Il lui enseigne à humilier sa pensée devant cette terrible vérité et à se préparer lui-même à subir à son tour cette inévitable loi (1). » |

Ce fut au mois de juin 1792 que Perey fut nommé chirurgien

(1) Éloge historique de M. Sabatier, professeur à la Faculté de médecine de Paris, p. 79 et 119.

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