CAMPAGNE D'AUSTERLITZ
Départ pour l’armée. — Hôpital de Stuttgard. — Donauwerth et Augsbourg. — Élchingen et Gunzbourg. — Capitulation d'Ulm.
Parti de Boulogne le 14 fructidor; embarras sur les routes ; point de chevaux aux postes, Sa Majesté ayant tout employé.
Arrivé le 19 à Paris; couru à ma campagne; trouvé mon épouse malade; elle a fait une fièvre adynamique, qui a duré vingt jours.
Parti de Paris, ou plutôt du hameau (1), le 5. Arrivé le 8 » à Strasbourg ; acheté chevaux, bagages; parti pour Rastadt le 9. Le 10, à Piorzheim; le L1, à Stuttgard ; le 12, séjour. L'Empereur et le quartier général à Louisbourg.
Cent malades misérablement couchés et traités à Stuttgard. Écrit une leltre pressante à M. l’intendant général pour faire élablir deux grands hôpitaux pour quinze cents ou deux mille malades, l’un à la Solitude, à une lieue de la ville, et l’autre à la caserne des troupes du pays partant pour l’armée.
Arrivé à Schorndorf, ville entourée de fossés et d'un mur, à l'abri d’un coup de main; grand hôtel de ville pro- . pre à placer deux cents malades; église superbe pour cinq cents. Nous avons couché chez un notaire très ivrogne. Appelé Chédieu à Stutigard comme chef. Parti le 13 . pour Gmünd, à dix grandes lieues de Stuttgard. Logé à
(1) De Bordeaux, près Lagay.
Stuttgard chez M. Stockmeyer, secrétaire d'État, maison des États, brave homme.
Logé à Gmünd, n° 142, près la porte d’Aalen, chez un boulanger très prévenant. On remarque en cette ville des maisons peintes à fresque assez élégamment : celle d’un apothicaire sur la place représente Moïse, des soldats, des femmes de joie; inscription : Domus utilis el necessaria. Le Calvar-Berg est la plus belle montagne, déshonorée par la caricature sacrée la plus dégoûtante : des. stations où Jésus, de grandeur d'homme, est fouetté, ‘raîné par des bourreaux de la figure la plus extravagante. Vicille église très ancienne, puisqu'elle présente en dehors une tombe d’évêque ou de chanoine de Pan 1050.
Arrivé à Aalen, à huit heures du matin, cinq lieues de Gmünd : pauvre endroit, sans ressource. Parti pour Nordlingen, à huit lieues. Trois routes y conduisent. La meilleure est celle de Merckheïm; il y aura une ligne d’évacuation par ce chemin allant à Spire. Nordlingen, célèbre par deux batailles, est une ancienne ville toute ouverte et de peu d'importance; sa plaine est superbe. Logé chez M. l’assesseur Valtz près l’église.
- Couché la nuit du 15 au 16 à Marck-Zôbingen, grand, immense village.
Arrivé le 16 à Donauwerth, à dix heures du soir; quatorze mille hommes dans cette ville; obligé de coucher sur la paille avec soixante gendarmes d'élite. Temps détestable. Arrangé un hôpital à la caserne des invalides de Bavière, beau local pour deux cent cinquante malades ; réquisilion de tout; jy ai mis Lejan, chirurgien-major, et quatre chirurgiens sous-aides. Sa Majesté a ordonné qu’on fit des hôpitaux à Donauwerth pour quatre mille malades, ce qui est impossible.
Logé le 17 au Cokhaus chez des moines régularisés. L'Empereur parti à midi, à cheval, en simple redingote grise. Trois mille prisonniers placés dans l’église de l’ab-