DONAUWERTH ET AUGSBOURG
… baye les uns sur les autres, gelés de froid. Deux. cents - blessés attendus. Pas de caisse à amputation à la division - d'avant-garde, Bancel et le docteur Roussel ayant écrit une lettre touchante.
Sa Majesté a été à Wertingen, où l’on a pris les trois mille Autrichiens. | Écrit de Donauwerth à M. Dubos pour faire marcher les … chirurgiens et le ballot d’instruments. Envoyé en évacua- … tion à Nordlingen MM. Benac et Deveyrines, du 103°, avec - ordre d'y rester et deretenir quelques chirurgiens passants. … Parti le 19, à sept heures du matin, pour Augsbourg, - distant de Donauwerth de hüit lieues. Temps affreux, pluie, . neige, froid, boue à ne pas s’en tirer. J'étais avec le colo- nel du 1* dragons, le parent de Sa Majesté, lequel a été blessé de plusieurs coups de sabre à la tête, l’un abattant uù lambeau considérable à locciput ; j'ai voyagé dans la
voiture du ministre de la guerre, dont il est le premier aïde de camp.
… 25 fructidor. — Arrivés hier soir de Pfaffenhofen, où le - général Andréossy nous avait placés. Cette fausse position nous a empêchés pendant deux jours d’être utiles. Nous y avons laissé une section d’ambulance pour la rappeler bientôt. .
… Hier, un pont sur le Danube s’écroula et ensevelit sous … les eaux deux femmes d'officiers passant sur une charretle, les équipages du général Bailly, plusieurs autres «voitures et environ quarante personnes. Cet événement ….coupa la communication entre nous et l’armée active et - retarda les opérations. Les conditions de l'Empereur n’ayant “pas convenu à M. Mack, enfermé à Ulm, il faudra se battre aujourd'hui et gagner les hauteurs qui dominent cette - place, ce qui coûtera beaucoup de monde; il reste encore quelques milliers d’Autrichiens à pied; on dit que la cavalerie a filé avec l’archiduc Ferdinand.
Hier, je reconnus les hôpitaux, celui de la caserne neuve, où nous avions trois cents blessés ou malades, il y a cinq ans, et celui établi aux capucins : le plus grand désordre y régnait; presque point de paille ; point d'infirmiers ; peu de vivres et une excessive malpropreté. Ordre de séparer les Autrichiens des Français et de les rassembler dans la vieille caserne au nombre de trois cents ; laissé pour les soigner M. Donat, chirurgien-major autrichien, avec quatre subaliernes de cette armée; la ville fournit
tout, et certes les Autrichiens sont bien mieux traités par :
eux que les Français. Il est vrai que ceux-ci se sont comportés d’une manière horrible : Gunzbourg est dévasté; partout on casse, brise, vole, etc.; personne ne réprime: le brigandage; nul moyen coereitil. Sous le prétexte que l'on ne fait pas de distributions, le soldat pille et dévaste tout; les dragons à pied commeltent les plus abominables. crimes.
Il a fait un vent impétueux toute la nuit. La campagne:
est inondée par la crue subite du Danube, ce qui ralentit de plus en plus les opérations. Ce matin le temps est
beau, le soleil est chaud et chacun se sèche, mais il n’y a
ui vivres, ni fourrages; les chevaux des paysans sont tous.
volés; on commerce de toutes parts sur les chevaux; on"
vole les selles; on se bat, on se tue pour une bride.
IL est parti de Gunzbourg depuis le 22 prés de six cents.
blessés. Eugène, aide-major, est à Zusmarshausen avec un sous-aide pour les recevoir. Comment y sont-ils? J'ai
envoyé des chirurgiens à Augsbourg : ordre à mon frère:
d’y relenir ceux qui arrivent de Strasbourg.
Vanderbach a envoyé deux cent cinquante blessés à: Dillingen, d’où ils ont été dirigés sur Donauwerth : il y avait M
cinq amputés de sa facon. Les maisons de Gunzbourg sont
remplies d'officiers et soldats blessés que les chirurgiens: 1
vont panser.
Besson, sous-aide du 15° de dragons, tué par l'ennemi. «
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Requis et conduits par moi dans les hôpitaux vingt-cinq prisonniers autrichiens choisis dans une colonne de cinq cents ; bien du mal pour les faire arriver aux hôpitaux, où
“ils ne se soucient pas derester; point d'employés francais, ni d'infirmiers; triste service. J’ai embrassé l'ami Gorcy;
il allait à Augsbourg.
26. — Envoyé Bourdet, chirurgien-major, Bataille, sous-aide, le plus près d’Ulm possible pour y entrer des premiers et s’y charger du service. Ils n° pourront y être que dans quelques jours, car l'ennemi, fort de vingl-cinq mille hommes, a obtenu du répit, sauf à se rendre s’il ne lui arrive pas de secours.
Nous avons une porte et nous attendons.
La plupart des communications sont interceptées par le débordement du Danube et l’écroulement des ponts ; l’in- - fantérie ne peut plus joindre l’armée; la cavalerie a de l’eau jusqu'aux épaules des chevaux; hier, il s’est noyé … quelques cavaliers mal guidés. La campagne voisine de - Leipheim et de Gunzbourg est inondée : je n’ai pu faire passer des secours chirurgicaux à l’abbaye d’Elchingen, où nous avons quatre cents blessés, à qui M. Larrey a été très utile; il a fait quelques amputations; il était secondé par les chirurgiens de la garde.
Gunzbourg est plein d'officiers blessés, qui y séjournent ou ne peuvent en être transportés : parmi eux se … trouvent des eas graves, des coups de feu à travers la poitrine, des fractures comminutives, des amputations du bras ; on les panse, et le bourgeois fait le reste. Les infor- … tunés Autrichiens, au nombre de quatre cents, sont livrés … à leurs chirurgiens, de qui ils recoivent de tristes secours : ces gens sont lents, mangent et sont peu sensibles; la plupart des grands blessés commis à leurs soins périront. On ne voit que chevaux volés; musiciens, soldats, employés, tout est monté sur de pareils chevaux ; il faudrait
les confisquer pour les évacuations des ambulances, mais il n’y a pas d'ordre.
L'Empereur a été réduit à vivre de pommes de terre, et le général Murat aussi. On leur envoie à l'instant à Pabbaye d’Elchingen un fourgon chargé de vivres et ne pouvant aller qu'à deux lieues de Gunzbourg, à cause du pont écroulé ; là, il trouvera un radeau qui transportera les objets de l’autre côté, d’où on les portera à l’abbaye d’Elchingen.
Ulm ne sera à nous que dans cinq jours ; encore faut-il que l’ennemi ne recoive pas de secours, car alors on se battrait de nouveau; on dit qu'il renferme vingt-quatre mille prisonniers. Le prince Murat poursuit l’archiduc Ferdinand, qui se sauve à la tête de huit mille hommes, dont quatre mille de cavalerie.
La division de dragons, aux ordres du général Bara-
quey, repasse à Gunzbourg, allant sur Donauwerth pour poursuivre une autre colonne, ou peut-être celle de larchiduc Ferdinand. Train diabolique à Gunzbourg. La division d’ambulance du général Baraguey a perdu quatre de ses caissons et toutes ses caisses d'instruments, que l’ennemi lui a enlevés; elle allait au secours de l'hôpital d’Alpeck.
Beau temps; vent du sud; on avait besoin de ce changement. Peu de fièvres, malgré les fatiques précédentes, les courses et bivouacs dans la boue, la neige et par la
pluie. Je ne sais comment la troupe a vécu ; on a pillé et
vécu de pillage; les convois de pain ont été volés en chemin.
one Il y a eu près de six cents blessés à Elchingen;
Lejan, chirurgien-major, avec trois chirurgiens et trois .
pharmaciens de Donauwerth, s’y était porté, ne laissant à
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l’hôpital de cette ville que peu de monde; les chirurgieus de la garde, ayant à leur tête M. Larrey, ont fait le service M avec peu de moyens. On a évacué la plupart des malades «
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GAPITULATION D'ULM 5 71
sur Donauwerth, où ils ont dà être bien malheureux; de là on les a envoyés à Augsbourg. J’allais partir pour Elchingen avec cinq chirurgiens montés. Tout le pays est encore couvert d’eau et le grand pont d’Elchingen n’est pas encore réparé. Les troupes qui ont repassé par Gunzbourg hier soir et cette nuit ont eu bien du mal à gagner le chemin; il a péri dans les eaux quelques individus. Cependant on passe et on attend l'Empereur. M. Paulet, de la garde, m’ayant dit qu’il ne resterait qu’une soixantaine de blessés à Elchingen et qu’il était inutile que j’y allasse, je passerai la journée à Gunzbourg. J'avais fait remplir de moyens de secours les porte-manteaux et j’eusse emporté une caisse à amputation. |
Le débordement du Danube a bien dérangé notre service. M. Andréossy, aide-major général, nous avait envoyé à Pfaffenhofen l’ordre de nous rendre à Elchingen. Cet ordre est du 24; il était la réponse à notre lettre du 23; il ne m'a été remis que ce malin par M. Lejeune, lieutenant-colonel, neveu du grand juge; nous n’eussions aussi bien pu nous y conformer, mais de ma personne je serais parti et cela eût été utile et convenable.
I n'y a nulle part de la pharmacie. L’ennemi a enlevé, il y a quelques jours, des caisses pesant cinq cents et qu’à raison de leur énorme poids on n'avait pu charger sur d’autres voitures. On n’a point vu de caisses de sous-division.
La capitulation est consommée : c’est le prince de Lichtenstein (Louis) qui en a été chargé. Le général Mack avait demandé à emmener les vingt-quatre mille hommes en Autriche, avec promesse de ne servir avant un an; notre Empereur s’y est refusé; on est convenu que, les secours sur lesquels M. Mack semble compter n arrivant pas avant le 3 brumaire, on entrera ce jour-là, à midi, à Ulm, et que les Autrichiens, soldats et sous-officiers, iront en France; les officiers retourneront dans
leur pays sur parole. Je tiens huit chirurgiens français et cinq allemands tout prêts à entrer à Ulm Île 3, car il doit y avoir plus de quinze cents Autrichiens malades et blessés ; M. Faschinck, aide-major autrichien, va avec eux; il a été longtemps secrétaire de M. de Mederer.
Il y a à Gunzbourg près de cinq cents Autrichiens, que j'ai remis aux chirurgiens de cette nation.
28 (d’autres disent le 29). — Il a fait une gelée blanche ; le plus beau soleil a paru dès les huit heures; il fait chaud et les chemins se raffermissent. L'armée a repris en partie le chemin de Donauwerth. L'Empereur a dû se rendre à Augsbourg. Il reste l’armée de Ney et celle de Lannes pour l'évacuation d'Ulm, qui commencera aujourd’hui à trois heures. Mack a demandé à l'Empereur à partir avant l'expiration du délai; les officiers retournent en Autriche sur leur parole, et, comme il n’en a pas, lui, à ce que lui a reproché Napoléon, il pourra aller où il voudra; cette mortification est terrible. Ulm, à ce qu’on prétend, contient trois mille malades; l’armée autrichienne a mis à l'ordre que chaque régiment laisserait trois ou quatre chirurgiens pour les traiter. À neuf heures, les chirurgiens français parliront de Gunzbourg pour cette place.
On dit qu’il y a prodigieusement de blessés dans Ulm.