CAMPAGNE D'IÉNA
Espérances de paix. — Cris de guerre. — Hôpitaux d'évacuation. —
Instruments de chirurgie. — Hôpital Jules à Wurzbourg. — Le médecinadministrateur Marcus. — Kronach et Lobeinstein. — Combat de Schleitz. — Bataille d'Iéna. — Ambulances et champ de bataille. — Hôpitaux de Weimar. — Auerstædt — Ambulances de Naumbourg. — Hôpitaux de Halle. — Route et forèt de Wittenberg. — De Wittenberg à Potsdam. — Sans-Souci. — Séjour à Berlin. — De Berlin à Kustrin.
- Chacun se préparait à repasser le Mein et à rentrer en France; les journaux officiels ne cessaient de parler de la fête triomphale du camp de Meudon, des réjouissances publiques ; les deux inspecteurs généraux avaient été invi- «tés à se rendre à Strasbourg pour y disposer des hôpitaux “et recevoir les évacuations qui allaient se faire très inces- Samment. Tout à coup des cris de querre se font entendre : la Russie n’a pas ratifié le traité de paix; la Prusse arme de toutes parts ; toute l'Allemagne, tout le Nord s’agitent ; le beau rêve s’est dissipé; il faut rentrer en campagne. … Le 25 septembre je partis de Camstadt pour Munich, où je devais passer quelques heures avec M. l’intendant généal pour arranger notre service. Il en était parti la nuit du 27 au 28 et je ne le trouvai plus. Après avoir expédié nom- “bre de lettres et d'ordres à Augsbourg, je me mis, le 28, à dix heures du matin, en route pour Wurzbourg, où Son Altesse le prince major général et M. l’intendant devaient arriver le 29.
Je me trouvai à onze heures du matin à Rottenbourg,
après avoir passé la nuit la plus froide et la plus brumeuse dans une carriole du pays.
Je nv’arrêtai à Ochsenfurth, à quatre lieues de Wurzbourg; j'étais fatigué, il était tard et les chevaux manquaient.
Le lendemain 30, à dix heures du matin, j’entrai à Wurzbourg et me mis aussitôt à courir pour trouver des locaux et prendre connaissance du service.
Mes équipages sont tous restés à Camstadt. Je les attends le 8 ou le 9 octobre; mon épouse se rendra ici (Wurzbourg) avec M. Chédieu, sa femme et ses enfants, et les trois chirurgiens qu’il a avec lui à la Solitude, dont Pétablissement est levé. |
Les 1" et 2 octobre ont été employés à expédier des. lettres de service à plusieurs chirurgiens dont j'avais” l'adresse, les uns ayant déjà servi et les autres demandant à être appelés à l’armée. J'ai prié MM. Thomassin à Be-" sançon, Ibreliste à Metz, Verdier à Mayence, Simonin à : Nancy et Diebort à Strasbourg, de m'en envoyer le plus qu'ils pourraient et de les bien choisir. J'ai persuadé à, M. l’intendant qu’il me fallait dix chirurgiens-majors des plus, vingt aides et cent soixante sous-aides, et je me suis industrié pour me les procurer. Ces derniers ne pour= ront pas être tous découverts et cependant ils sont abso=n lument nécessaires. Il a été arrêté qu’il y aurait à Wurz bourg deux mille malades, à Schweinfurt trois cents, à Bamberg six cents, à Anspach mille, à Nuremberg six cents, à Francfort deux mille, et qu’on aurait des gites d'évacuation par Offenheim, Closter-Oberbach, Langfelds et Seligenstadt. L'hôpital magnifique, dit Jules, à Wurz bourg, s’est chargé de recevoir deux cents de nos malades, et dans hôpital militaire des troupes du prince Ferdinand» on en a placé soixante-dix. Le couvent abandonné de 1 carmes sera converti en un hôpital de trois cents places celui d’Unterzell, à trois quarts d’heure de la ville, em