INSTRUMENTS DE CHIRURGIE
contiendra autant; on pourra en mettre autant à l’abbaye sécularisée des bénédictins de Saint-Étienne : ce qui sera encore loin de notre compte.
La citadelle de Wurzbourg, mise en état de siège, exigera un service provisoire. J’ai déjà envoyé trois chirurgiens à Kronach et autant à Kœnigshoffen, autres forteresses également mises en état de siège. Les chirurgiens sont partis pour Nuremberg, Anspach etautres destinations. Il ne reste encore que Braunau où J'ai laissé six chirurgiens, et Augsbours où il n’en restera que trois.
Sa Majesté, aitendue à Wurzbourg depuis trois jours, y est arrivée le 2 à huit heures du soir. La ville est rem plie de Français : j’y ai vu passer la division du général Dupont. Les chirurgiens-majors ont reçu à Mayence linge, charpie et caisses d'instruments, et les régiments sont pourvus de caissons-hôpital. On distribue aux autres régiments de l’armée une caisse d'instruments, ce qui est abusif : il vaudrait mieux que les chirurgiens-majors en eussent une à eux appartenant ; cela coûterait infiniment moins et on serait sûr qu'en tout temps il existe assez d'instruments aux armées. Le soldat ne va pas à la querre sans ses armes; le chirurgien doit aussi avoir les siennes et il suffirait de lui donner quelque dédommagement pour le mettre à portée de en procurer; mais comme à chaque mutation el démission de chirurgien-major il faudrait recommencer, peut-être n’y aurait-il pas d’injustice à - exiger de tous qu’ils eussent leurs instruments. La distribulion qu’on leur fait des caisses du magasin nous expose à en manquer aux hôpitaux de l’armée, pour lesquels il en faut au moins cent.
Nous avons reconnu à Wurzbourg, pour y former des - hôpitaux, outre le couvent délaissé des carmes, l’abbaye de Saint-Étienne, qui est superbe et toute neuve, mais qui est encore remplie de ménages. À une demi-lieue de la ville est la belle abbaye d'Oberzell, où l'on peut établir un
service superbe de quatre cents malades; l'eau y est belle, abondante, et la maison est sur le Mein, par lequel on
pourrait évacuer les malades. Un quart plus loin, sur le
même chemin, est l’ancien couvent de femmes dit Unterzell; les Autrichiens y ont eu leurs malades autrefois; nous y en avons eu aussi; la maison, quoique un peu
vieille, est vaste et offre de grandes ressources ; il ya. ‘partout des fontaines d’eau jaillissante; on abat les cloi- .
-sons des cellules pour faire de grandes salles; ce sera un
bel établissement; dans trois jours on y mettra les pre-\
miers malades. |
J'ai vu à Wurzbourg le célèbre hôpital civil fondé par l'électeur Jules. C’est un édifice superbe et très considérable, composé de deux corps de logis parallèles, séparés
par une cour étroite; derrière est un jardin botanique. avec deux serres; un bel amphithéâtre anatomique el uns
conservatoire sont à l’une des extrémités de ce jardin; on y voit quelques belles pièces, mais rien de savant en anatomie; les morceaux pathologiques y sont nombreux, surtout en maladies des os. J’y ai vu un calcul qui avait “pour base une balle. MM. Siebold père et fils, célèbres
“chirurgiens, ont donné à l’hospice Jules, de Wurzbourg,,
‘une grande réputation. Les corridors sont à perte de vue;
les salles consistent en chambres, chacune de douze ou.
seize lits. Le corps de logis de derrière est réservé aux
vieillards et aux fous; celui de devant est l'asile des ma:
-lades tant de médecine que de chirurgie. Dans chaque cor ridor est une fontaine; tout est bien tenu, bien parfumé:
et balayé. C’est dommage que les chambres ne soient
percées que d’un côté, à cause du corridor qui y conduits telle est la méthode dans toute l'Allemagne, à Vienne, etc., et dans cette belle ville les hôpitaux sont tous vicieux
sous ledit rapport et parce que les croisées sont trop éle=, :vées; on y a remédié légèrement par des ventouses. M La troupe du prince Ferdinand, frère de l'empereur,