COMBAT DE SCHLEITZ
… à former un hôpital de deux cent cinquante places.
Le.
… château eût encore convenu davantage, mais Sa Majesté
- y'avait laissé une sauvegarde.
Après avoir bien couru, excédé de fatique et de besoin, jai mangé quelque chose et me suis avisé d'acheter uno scie de quincaillier, en cas d'accident et de besoin; mais, + m'étant souvenu qu’il y avait à l'hôpital une caisse d’instru- : ments, je l'ai fait apporter avec vingt-cinq livres de bonne …charpie, et je suis parti à deux heures avec ce double secours pour Auma, pelile ville à quatre lieues plus loin. Je croyais y rencontrer Sa Majesté, mais elle était trois . lieues en avant ; tous les logements sont pris et les maisons -encombrées ; le général Roussel m'a donné un asile. On … s’aflend demain à une affaire.
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À 12. — Parti le 12, à sept heures du matin, pour Gera, … à sept lieues. Bonne route, pays montueux, mais mieux cultivé La ville est belle et assez considérable. A
“deux heures, elle a été remplie; une grande parlie de … l'armée y a passé. Les maisons regorgent de militaires ; -on en a pillé quelques-unes. Sa Majesté y a passé la nuit dernière et y passera encore celle-ci, C’est un tapage affreux. … La nouvelle du succès du maréchal Lannes s’est con- … firmée; son corps d'armée, et en particulier la division du général Suchet, à fait mille prisonniers, pris trente pièces de canon et tué le prince Louis-F erdinand, oncle du roi de Prusse. En me rendant à Auma, à une lieue de Schleitz, j'ai traversé le champ de bataille du 1* corps : il était “couvert de Saxons et de chevaux morts. Le 4° hussards 2 élé à la veille de succomber; il a quelques blessés.
. Les deux mauvais petits hospices de Gera ont reçu “soixante malades, dont seize Saxons blessés gravement. . On établira des hôpitaux pour mille malades ; il y en aura deux cents dans un petit château à un quart d'heure de la ville. J'ai fait requérir le directeur de la maison des orphe-
lins de nous fournir, pour demain 13, cinquante livres de charpie; on ira chercher dans les maisons tout le linge qu'on pourra y amasser, le chirurgien Bonjour ayant abandonné le précieux ballot que nous avions recueilli en decà de Schleitz, malgré mes exhortations de ne pas le perdre de vue.
13. — J'ai arrangé une carriole du pays attelée de deux chevaux et l'ai chargée du linge que nous a fourni la ville et que nos chirurgiens ont coupé dans la matinée. Nous avons eu quarante livres de charpie; on nous a fait des attelles; nous avons une caisse d'instruments; notre voiture à quatre bœufs porte dix chirurgiens, des bagages et deux barriques de bon vin, fruit du pillage de Gera. Nous voilà assez bien outillés. Nous partons le 13, à trois heures du soir; il faut que nous allions coucher à Jéna, et il ya neuf mortelles lieues. Nous avons cheminé cinq grandes heures à travers les pares et les voitures, au risque de périr à chaque pas, et n'avons pu arriver jusqu’à Roda, où les quartiers généraux de plusieurs corps d’armée se rendaient ; il a fallu coucher dans un village et presque au bivouac; j'ai soupé avec des pommes de terre sans pain, mais les chevaux ont été assez bien.
14 et 15. — Le 14, nous sommes partis pour Jéna. « Après avoir fait deux lieues, nous avons commencé à . entendre le bruit du canon; nous avons traversé Roda, qui est une très petite ville ; plus loin, nous avons entendu les décharges de mousqueterie ; enfin, après avoir longtemps trotté au milieu des troupes qui forcaient leur marche, nous sommes arrivés à Jéna. Il était dix heures du matin : on se battait à trois quarts d'heure de là, sur la route de. Weimar; les blessés arrivaient à force. Nous sommes descendus de cheval et sur-le-champ les chirurgiens qui m’ac- ; compagnaient et moi nous sommes mis en besogne dans
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