INTRODUCTION XVII
À mières campagnes, et ce ne serait qu’à l’aide des ordres de serb vice émanés des généraux qu'il serait possible de les reconstituer. La Révolution avait détruit l'admirable organisation - sanitaire de l’ancienne armée royale sans rien mettre à la place, à et 1l fallait réellement tout improviser. Depuis l'an IV, l’autono- Eau corps médical n'existait plus : la partie matérielle du - service de santé ne regardait pas les chirurgiens ; elle dépendait, . comme je viens de le rappeler, des commissaires des guerres, et les jalousies mesquines de ces fonctionnaires n'avaient souvent à d'égales que leur improbité ou leur insuffisance. « On ne se 3 doute guère aujourd’hui, dit un auteur, de ce qu'étaient les am- HS dans les armées de la Mesrine À vrai dire, elles n'étaient que fictives ; elles ne possédaient ni tentes, ni matériel ; de couchage, ni aliments, ni médicaments. Les hôpitaux des
i villes étaient insalubres, et les malades y succombaient dans
. d'effroyables proportions. Les plaintes des médecins contre les commissaires des guerres, auteurs responsables de cette lamen- 3 table incurie, restaient sans effet, et la plupart du temps leurs - réclamations se retournaient contre eux (1). » Quoi d'étonnant si Percy regrettait l'indépendance dont le corps médical avait joui au début de la guerre et si, avec la plupart de ses collèques, il voyait dans l'administration le pire des fléaux pour les malades et les blessés?
e: Suspendues par le traité de Campo-Formio, les hostilités entre la France et l’Autriche reprirent en l'an VII, Les retards | porte par les plénipotentiaires de l’empereur à ratifier la paix au ) congrès de Rastatt ne permettant plus de douter que le | cabinet de Donner ne ÉAER dasone du temps pour donner à
extraordinaires des Dr autrichiennes ; le silence opposé à cette demande fut regardé comme nt à une agression et
| 30 P. TriarRe, Dominique Larrey et les campagnes de la Révolution É: t de l PV Gr 68-1842), p. 26.
le général Jourdan recut l'ordre de franchir le Rhin, pendant :
que l'armée d’Helvétie, sous le commandement de Masséna, était chargée d’envabir les Grisons.
Lorsque cet ordre parvint aux généraux, Percy se trouvait à Strasbourg, où il disposait tout pour son entrée en campagne. Il avait, à force d’instances, obtenu de la direction d'artillerie des voitures destinées à transporter plus rapidement ses collaborateurs sur le théâtre des opérations; mais, quand il fallut atteler ces voitures, l'administration multiplia les défaites, et ce fut à pied que les chirurgiens durent suivre l’armée. Le service des ambulances était d'ailleurs si défectueux que, malgré les réclamations de Percy, il n’y avait au quartier général ni fournitures ni infirmiers ; les officiers de santé attachés au corps des flanqueurs commandé par le général Vandamme n'avaient pour tout matériel qu’une caisse d'instruments, une demi-livre de pommade agglutinative et une pochette de mauvais linge. « Quelle administration ! s’écrie à ce sujet le grand savant. A voir l'indifférence, le sommeil léthargique de tous les gens à la tête des affaire: lorsqu'on leur parle des hôpitaux, on croirait qu'un malade, qu'un blessé cesse d’être un homme quand il ne peut plus être un soldat. »
Chirurgien en chef de l’armée de Mayence, qui prit le 19 ventôse an VII (9 mars 1799) le nom d'armée du Danube, Percy assista le 30 ventôse et le 1° germinal (20 et 21 mars) aux com-
bats livrés sur l'Ostrach. Le 5 germinal, il se signala par son …
dévouement à la bataille de Siokach, dans laquelle les Fran-
çais subirent des pertes considérables : de six heures du matin
à la nuit, les chirurgiens ne firent que courir derrière la ligne
pour relever les blessés, dont le nombre s’éleva à plus de quinze cents. I! fallut battre en retraite, et, le 14 germinal, Percy décida Jourdan, qui ne tenait plus debout, à remettre ses pouvoirs à
son chef d'état-major ; il l'accompagna jusqu'à Strasbourg, puis |
revint à l’armée, dont Masséna avait pris le commandement le 19. : Il suivit le nouveau commandant à Bâle et à Zurich, et son zèle. trouva ample mafière à s'exercer dans les sunglants combats
livrés autour de cette ville,