‹ Journal des campagnes du Baron PercyChapitre 9 sur 293 · INTRODUCTION - XXIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION - XXIII

«siun chirurgien ayant fait six lieues, sac au dos, peut secourir

« les blessés avec aisance. »

Je regrette de ne pouvoir citer intégralement les instructions que Percy donna à ses subordonnés : jama's on ne tint un plus noble langage. « Que toutes nos pensées, nos sentiments, nos

facultés, leur dit-il, ne tendent plus qu’à procurer à nos défen-

seurs que le sort des combats doit frapper tous Les genres de secours qui doivent leur être prodigués. » Parmi les recommandations qu'il leur adresse, il en est du moins une qui mérite d'être signalée, c'est celle de s'entendre avec les employés de l'administration pour ne point tourmenter les blessés réunis à l'ambulance par la demande intempestive de leur nom. Il voulait, dit son biographe, qu'on püt leur distribuer quelques légers aliments avant de les enregistrer, et il citait à cette occasion la réponse plaisante d'un grenadier de la 8%° demi-brigade à un commis qui lui demandait son nom : « Tu ne le sauras qu'un bouillon à la main (1).» |

Ce fut le 5 floréal an VII (25 avril 1800) que s’ouvrit la campagne dans laquelle Moreau mit le sceau à sa réputation de tacticien. Au début, Percy eut unc inspiration qui suffirait à elle seule à rendre son nom immortel. La lecture d'un journal allemand lui suggéra de diminuer les horreurs de la guerre en déclarant les hôpitaux inviolables. Dans ce but, il proposa au général en chef de conclure avec le général Kray, commandant des forces autrichiennes, une convention analogue à celle qui était intervenue entre Maurice de Noailles et lord Stair dans la campagne de 1743, afin qu'en aucun cas les chirurgiens, les infirmiers et les blessés de l’une et de l'autre arméc ne pussent être retenus prisonniers. Moreau souscrivit avec empressement

à cette proposition et son chef d'état-major reçut l'ordre de proposer au général ennemi les arlicles suivants :

« Le général Kray, commandant l'armée autrichienne, ct le

général Moreau, commandant l’armée française, désirant dimi-

(1) C. Laursnr, Histoire de la vie et des ouvrages de P.-F. Percy,

nuer autant que possible les malheurs de la guerre et adoucir le sort des militaires blessés dans les combats, sont convenus des articles suivants :

« ARTICLE PREMIER. — Les hôpitaux militaires seront consi-

dérés comme autant d'asiles inviolables, où la valeur malheureuse sera respectée, secourue et toujours libre, quelle que soit l’armée à laquelle ces hôpitaux appartiennent et sur quelque terrain qu'ils soient établis. |

« ART. 2. — La présence de ces hôpitaux sera indiquée par des écriteaux placés sur les chemins aboutissants, afin que les troupes n’en approchent point et qu’en passant elles observent le silence et fassent cesser le bruit des tambours et instruments.

« ART, 3. — Chaque armée sera chargée de l'entretien de ses hôpitaux, après avoir perdu le pays où ils existent, comme si ce pays était encore en son pouvoir. Les effets continueront à lui appartenir; les dépenses seront à son compte; rien ne sera changé au régime de ces établissements et la consigne donnée à . Ja sauvegarde sera concertée entre les chefs du service et le commandant du poste étranger.

« ART. 4. — Les armées favoriseront réciproquement le service

des hôpitaux militaires situés dans les pays qu'elles viendront à.

occuper. Elles feront fournir par les habitants, ou fourniront elles-mêmes tous les objets nécessaires aux blessés et hospitaliers, sauf à s’en faire rembourser le montant, ou même à retenir des otages ou des effets, jusqu'à ce que le paiement des avances soit effectué.

« ART. 5. — Les militaires quéris de leurs blessures seront renvoyés à leur armée respective, avec une escorte qui leur fera fournir en chemin des vivres et des voitures et les accompagnera jusqu'aux avant-postes de l’armée où ils se rendront. Il sera de même accordé une escorte pour protéger, lors de l'évacuation

+ DU PTS PNR

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