‹ Journal des campagnes du Baron PercyChapitre 91 sur 293 · MALADES ET BLESSÉS · texte numérisé non relu

MALADES ET BLESSÉS

qu'on partira ce soir. En effet, à trois heures, on a ordre de se rassembler sur la place pour observer celui de marche tracé par le major général, qui n'a pu croire qu’on püt jamais s’y conformer dans des circonstances si difficiles. À trois heures, la place était couverte de deux régiments en bataille, dont les chefs croyaient que PEmpereur les inspecterait. Sa Majesté s’est contentée de les saluer en passant ; elle était dans sa petite voiture découverte, ayant à côté d’elle le prince Alexandre et devant son fidèle mameluck. J'ai suivi d'assez près sa voiture : mais, un embarras sur le pont m’ayant retardé et le parc ayant commencé à filer, il m'a fallu marcher à sa suite, et si lentement que, n'ayant que quatre lieues à faire pour arriver à Marcow, je n'ai pu y entrer qu’à onze heures et demie du soir. Deux de mes compagnons m’avaient fait un mauvais logement dans une grange. Les ayant attendus une heure sur la place sans les voir arriver, je voulus faire le siège d’une maison dont les volets et portes étaient fermés avec soin ; Je criai, frappai, menacçai; enfin on m’ouvrit, et je fus bien surpris de trouver étendu sur un grabat M. Boyer, mon confrère, et ses deux collaborateurs.

31. — Partis par un froid de six degrés et une superbe gelée pour Prasnitz, où je suis arrivé à une heure : il ya six bonnes lieues. Le 4° corps à laissé un hôpital en cette ville, assez bien bâtie, maisà peu près épuisée: cent vingt malades y étaient restés, et plus de quatre cents ont dû y arriver dans la journée suivante, tant la route en était couverte! On évacue sur Plotz, où j'ai envoyé des chirurgiens ces jours derniers. Il a fallu laisser à Prasnitz trois des chirurgiens du 4° corps, dont un est malade : un autre à perdu tous ses effets, el un troisième ne demande pas mieux que de ne pas marcher.

À trois heures, ayant trouvé le général de l'artillerie de la garde prêt à partir en voiture pour Colchiren, à cinq

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lieues plus loin, j'ai profité de l’occasion et fait ce chemin fort commodément. Nous sommes arrivés à six heures et demie ; on nous a envoyés dans un château, à un quart de lieue de la ville, où le général Lariboisière, mon ami, avec ses aides de camp, ceux du général Couen, et quinze officiers de l'artillerie de la garde étaient réunis, et même à table.

1% février. — Le 1° février, nous sommes partis, non sans avoir déjeuné. Je me suis procuré un sac d'avoine et une bonne botle de foin pour mes chevaux, qui devaient arriver, et étant monté dans la voiture du général Couen, j'en suis descendu devant la première maison du bourg,

pour y attendre mes équipages et mon monde resté à

Prasnitz. M. Thérin, chirurgien-major de Partillerie de la garde, qui m’a procuré le foin et l’avoine, les a fait déposer près ladite maison. Là, je me suis bien chauffé, ai fait ma barbe et vu venir, au bout de trois quarts d'heure, toute ma société et ma suite. Sa Majesté avait ordonné qu'on formât à Marcow un hôpital ; mais, outre qu'il est impossible d’y trouver un local propre à contenir cent malades, la distance de ce lieu à Prasnitz est de cinq ou six lieues seulement et par conséquent très courte. Nous sommes partis pour Wittenberg, à trois lieues plus loin. À trois

heures, nous étions déjà arrivés et logés, c’est-à-dire mis M

à l'abri du froid, dans une chambre où nous devions être huit ou dix sur la paille. Je me suis un peu décrassé et ai rendu quelques visites. Mgr le major général a paru salisfait de me voir etde savoir que j'avais quarante-huit chirurgiens avec moi et de grands moyens de secours. M. Larrey

et moi, en nous promenant, avons visité le temple luthérien

et reconnu qu’on pourrait y mettre trois cents malades, si

on y plaçait un énorme poêle. Dans les deux maisons voi-

sines et dans l’immense écurie où étaient les chevaux de

Sa Majesté, il serait possible, au besoin, d’y mettre assez

chaudement trois cents autres malades.

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