LE 80IR
Il a répondu au conseil par des remerciments, et, pour les lier suivant leurs promesses, il leur a donné un colier de deux mille grains de porcelaine. Cette pièce, lorsqu'ils l’acceptent, est un lien sacré pour eux. 11 leur fut donné de quoi faire festin.
Le 29
Les sauvages devoient partir pour aller en guerre; mais une partie voulant s’en retourner chez eux, M. le chevalier les arrêta.
Ilest parti un détachement commandé par M. de Beaujeu, capitaine de la colonie, composé de dix officiers, un cadet, cent canadiens et cent-douze sauvages; il y eût difficulté pour faire partir ces derniers, Ils devoient aller entre le fort Lydius et le fort Georges.
M. le marquis de Montcalm arriva à Montréal, se porta en diligence à Frontenac et fut suivi de douze cents canadiens commandés pour cette expédition.
M. de Rigaud se rendit à la baie de Nyanwauré, au camp du sieur de Villiers. On avoit fait revenir vers la fin de ce mois, partie du régiment de Béarn, qui étoit déjà arrivé à Niagara. M. de Bourlamaque avoit envoyé reconnoître le fort par un ingénieur; le sieur de Villiers avoit fait au commencement du mois plusieurs courses et attaqué avec succès plusieurs convois des ennemis.
Comme cette expédition dépendoit de la diligence, afin que les ennemis n’eussent pas le temps de connoître nos démarches, ce qui les auroïit déterminés à secourir efficacement cette partie et à attaquer M. le chevalier de Lévis, M. le marquis de Montcalm fixa son départ au 4 août de Frontenac.
M. le chevalier de Lévis connoissant combien il étoit essentiel qu’il en imposât aux ennemis, fit tous
les mouvements propres à leur faire croire qu’il alloit agir offensivement soit en portant, comme on a vu, le principal de ses forces sur le lac Saint-Sacrement et en faisant partir continuellement des partis pour harceler les ennemis et les empêcher d’avoir des partis vers nous pour avoir des nouvelles et les tenir dans l’incertitude.
Le 31 JUILLET ET LE 1‘ AOUT
Il ne se passa rien de nouveau.
Le 2
Il arriva un convoi de vivres.
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