JUIN
Dans les premiers jours de juin, on eut nouvelle que partie de la flotte angloise étoit à l'Ile aux Coudres et qu’elle étoit composée de cent soixante voiles et portoit environ dix à douze mille hommes de débarquement.
LE 26 JuIN
Leurs premiers navires parurent à la vue de la ville; le lendemain, l’armée fut camper à Beauport. Le gouvernement de Québec n’étoit pas encore rassemblé. On plaça à la gauche, sur les hauteurs de Beauport, pour occuper l’espace qui est depuis le ruisseau jusqu’au Saut de Montmorency, le gouvernement de Montréal et le bataillon de la ville, aux ordres de M. le chevalier de Lévis ; depuis ledit ruisseau jusqu’au milieu de la plaine, on plaça les cinq bataillons et à leur droite le gouvernement des Trois-Rivières, à la suite duquel devoit se placer celui de Québec pour occuper jusqu’à la Rivière Saint-Charles.
MM. les marquis de Vaudreuil et de Montcalm et l’état major de l’armée se placèrent dans la plaine ; on désigna à chaque troupe l’endroit qu’elles devoient
que s et DOrjue-
lle ; poublé.
port, jusont- . le au et à à la pour
m et ; on bient
défendre. Elles y firent des épaulements qui fermèrent l’espace entre les redoutes et redans.
Le 28
Les ennemis débarquèrent à Beaumont, leur flotte étant mouillée au-dessus et au-dessous du Trou de Saint-Patrice.
On voulut faire rétrograder des brûlots qui ne firent nul effet par la faute de ceux qui les commandoient, qui y mirent le feu beaucoup trop tôt. Il y périt un officier et quelques matelots.
Le 30
Les ennemis débarquèrent le matin au bout de l’Ile d'Orléans et le soir à la Pointe de Lévis.
Notre armée passoit toutes les nuits au bivouac comptant à tout moment que les ennemis tenteroient la descente.
On établit des signaux de la ville au camp et on plaça de l'artillerie dans les redoutes ou redans de la ligne.
Pendant ce mois, il ne se passa rien d’intéressant vers les Rapides ; le chevalier de la Corne étoit en marche avec son détachement pour se rendre à la
: D dt RP
EEE
défense de cette partie. Le sieur Pouchot, trompé par les cinq nations, envoya le détachement qu’il avoit mené excepté les troupes de terre, vers la Belle- Rivière, ne gardant que six cents hommes pour son fort,
On travailla conformément au projet ci-dessus à fortifier le fort de Carillon. Vers la fin du mois de mai le sieur de la Pause avoit été envoyé à l’Ile-aux-Noix pour faire travailler à la fortifier ; on y envoya ensuite le sieur Fournier, ingénieur, et nombre d'habitants.
JUILLET
Dans les quatre premiers jours de juillet le général Wolf s’occupa à reconnoître toute la partie depuis l’église de la Pointe de Lévis, où il avoit placé un camp, jusqu’à la Rivière des Thechemins, et principalement
la partie qui est vis-à-vis la ville, où il se détermina à établir des batteries pour la ruiner ou l’incendier. Il fit débarquer un corps de la Marine qui fut employé aux batteries, où il commença à faire travailler. Le 5, la partie de son armée qui étoit à l’Ile d'Orléans, étoit plus forte que la susdite.
Du 5 Au 8 Il reconnut ladite île et ses environs. La nuit du 8
au 9, il fit passer le corps qui étoit à l’île à la rive gauche de la Rivière du Saut de Montmorency, à son em-
du 8
bouchure ; il fut séduit de cette position qui lui procuroit une hauteur qui dominoit notre gauche et dont il espéroit de nous chasser par son artillerie, pouvant d’ailleurs passer cette rivière À marée basse un peu au large de son embouchure ou à des gués qui étoient à une lieue au-dessus. Par son mouvement, on connut ses vues. M. le chevalier de Lévis persista à soutenir cette partie qu’on renforça un peu. On mit des gardes aux gués et l’on travailla diligemment à la gauche à s’épauler par des traverses et à retrancher le front.
Les ennemis firent quelques mouvements vers les gués et mine même de les attaquer; il y eut quelques escarmouches dans cette partie, par les sauvages, avec perte pour les ennemis.
Du côté de la Pointe de Lévis les habitants de Québec voyant avec crainte les batteries que les ennemis établissoient et qui devoient brûler ou écraser leurs maisons demandèrent avec instance qu'il leur fût permis d’uller attaquer ces travaux ; mais, le 11 dans la nuit, après avoir passé la rivière, une terreur panique les fit revenir avec confusion.
Le 12 ET LE 16
Les ennemis furent en état de tirer le 12. Le 16 ils commencèrent à incendier quelques maisons.
La nuit du 18 au 19, ils firent passer quatre navires
LS LS us.
au-dessus de la ville, ce qui nous fit craindre pour cette partie. On envoya des détachements sur les hauteurs d'Abraham et jusqu’au Cap rouge, et même à | Jacques Cartier, craignant pour la communication de | | ‘TL nos vivres.
Le 21
114 dl Ils firent une descente à la Pointe aux Trembles,
ti. avec un détachement de six à sept cents hommes; mais, à l’approche de quelques sauvages et sauva-
gesses, ils se rembarquèrent avec précipitation, emmenant quelques femmes.
Le 22
La cathédrale fut incendiée avec quelques maisons. Le 28
On voulut faire usage des cajeux qui ne firent pas plus d'effet que les brûlots.