‹ Journal des chasseursChapitre 13 sur 74 · DES VIPÈRE · texte numérisé non relu

DES VIPÈRE

haqi e province a des locutions qui lui sont propres. Quclquefoii ce sont simplement des mots français détournés de leur acception véritable. (Quelquefois ce sont des expressions empruntées au patois du pays ou à quelque langue étrangère. Allez sur les bords de l'Allier : on ne vous dira pas qu'on a traversé la rivière; si large qu'elle soit, on vous dira qu'on Ta sautée. On ne dit pas qu'on a engrangé sa récolte , on dit qu'on l'a fermée. On ne dit pas qu'une baguette plie , on dit qu'elle double. On ne dit pas une meule de paille ou de foin , on dit un plongeon.

Sans doute les Bourbonnais ont la propreté en bien grand honneur; car toute chose déplaisante se nomme chez eux une sale chose. Un animal vicieux ou nuisible est une sale bête. Parmi les sales bétes qui se trouvent dans le pays, il faut en première ligne placer les vipères. Nos bois en sont infestés, et leur rencontre., qui n'a rien d'agréable, peut quelquefois causer de graves accidens.

Quand la vipère est en colère, elle siffle en dardant avec une excessive impétuosité sa langue qui est fourchue ; aussi, pendant long-temps, a-t-on cru que c'était là ce qui lui servait à piquer. Cette erreur a môme donné lieu à une locution proverbiale : on appelle une langue de vipère une personne méchante et médisante. En réalité, les armes de ce reptile consistent en deux dents recourbées et mobiles situées au devant de la mâchoire supérieure. Ces dents, excessivement aiguës, sont creuses dans toute leur longueur. Elles sont garnies à leur base d'une petite glande remplie de venin. Lorsque la vipère fait une morsure, elle enfonce ses dents jusqu'à la racine. La pression opérée sur la glande fait jaillir le venin qui suit le conduit creusé dans la dent et qui, de cette manière, pénètre au fond de la plaie. Ces crochets venimeux forment à peu près le seul caractère qui dislingue d'une manière certaine la vipère de la couleuvre ; aussi les confond-on toutes deux dans une commune aversion. Cependant la couleuvre est un animal assez inoflenslf. Comme elle vit de souris et d'insectes, on l'a employée avec succès pour en purger les habitations. Mais quand on rencontre un reptile, on n'a pas le temps de lui dire : donnez-vous donc la peine d'ouvrir la bouche, que j'examine si vous avez des dents creuses? on commence par assommer la bête, si on peut l'atteindre. Rien n'est plus dangereux que de ressembler au méchant, et la couleuvre porte la peine de sa ressemblance (!).

(I) U temps ne serait pas chose suffisante pour recourir avec fruit au moyen plaisamment indiqué ici ; il faudrait encore un prude bon vouloir de la pan du reptile : or,

Si vous tuez une vipère d'un coup de fusil, c'est à la tète qu'il faut lâcher de ratteindre. Si vous vous bornez à viser au corps, le tronçon qui porte la tête conserve encore la vie pendant quelques instans. Un chien se précipite presque toujours sur la pièce que son maître vient d'abattre ; lorsqu'il veut saisir une vipère blessée, il est presque infailliblement mordu, et cette morsure est excessivement dangereuse. J'en puis parler avec expérience, cette année j'ai été à même d'observer ses funestes effets.

Autrefois, on chassait en Espagne pour les araes du purgatoire. A certain jour, on abattait autant de perdrix et de cailles qu'on le pouvait; on roulait des lièvres à l'intention des trépassés; puis on remettait ce gibier aux moines, qui payaient le tout en Requiem et en Libéra. Chez nous, on ne gagne pas d'indulgences en allant à la chasse; cependant, il y a quelques semaines, plusieurs de mes voisins avaient formé le projet d'offrir à un membre du clergé le gibier abattu par leur fusil. Le curé de notre village devait recevoir à sa table de hauts dignitaires ecclésiastiques; mes voisins voulaient garnir son garde-manger: en bon paroissien, je tentai de leur donner assistance. J'appelai le compagnon de toutes mes expéditions cynégétiques, mon bel etbrave Paxaro. Le ciel était calme, le temps me paraissait favorable. A la vérité, le soleil était excessivement ardent et la terre se trouvait un peu sèche ; néanmoins, je ne doutais pas du succès de ma chasse. J'énumérais déjà dans ma pensée le nombre et la qualité des pièces qui allaient former mon offrande ; mais il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir jeté à terre. Je marchais depuis environ un quart d'heure dans un taillis de l'année ; le sol était couvert de hautes herbes desséchées qui dépassaient la hauteur de mon genou ; tout-à-coup, auprès d'une cépée de chêne, mon chien tombe en arrêt Je m'approche ; je regarde dans la direction que m'indiquaient ses yeux ; je cherche à percer l'épaisseur du feuillage ; mais je n'aperçois rien. Je me disais : « Le gibier tient: la chasse sera heureuse. «Cependant rien ne partait Paxaro s'était avancé à plat-ventre environ d'un pas. Sa tête était à demi cachée par le branchage. Il restait dans la plus complète immobilité. Rien ne bougeait

comme le doute à cet égard esl permis, nous allons indiquer les moyens que riierpétologie nous donne pour distinguer une vipère d'une couleuvre.

La vipère a la léte en cœur, plus large postérieurement, beaucoup plus plate et moins longue que celle de la couleuvre.

La léte de la couleuvre est moins large que la partie du corps où elle esl attachée : celle de la vipère, au contraire, esl plu* large, et elle a de plus la singulière propriété de s'élargir sous l'influence de la colère. Le sommet de la tète de la vipère présente deux lignes noires divergentes d'avant en arrière, très écartées, de manière à figurer la lettre V; ces lignes sont séparées par une tache noirâtre en forme de lance.

Chez la vipère, et non chez la couleuvre, le bout du museau forme un bord saillant retroussé comme le bouioir d'un cochon.

La vipère a l'iris de l'œil rouge et la prunelle noire : sa qneue esl plus courte que celle de la couleuvre.

Tels sont les caractères principaux à l'aide desquels, au premier coup d'œil, il sera facile de faire la distinction entre une vipère et une couleuvre.

Arhault, auteur du Guide médical du chaeseur.

I«NK XII.

encore. Alors je ramassai une tige d'églantier qui était à mes pieds, et je frappai sur la cépée. « Il faudra que cela parte, pensai-je. Nous verrons si je commencerai le dîner de Monseigneur par de la plume ou par du poil. » Mais comme on dit an pays de Sancho : Quien anda por lana, vuelve trasquilado : Tel part pour aller chercher de la laine, qui revient tondu. Je fus trompé dans mon attente; je ne vis rien partir. Mon chien fit un bond énorme. Je crus qu'une épine de l'églantier l'avait atteint, je n'y fis pas autrement attention. Je m'étonnai seulement de ce que l'infaillible Paxaro eût marqué un faux arrêt avec autant de ténacité. Après tout, il n'est si bon cheval qui ne bronche, et je me remis à chercher; mais, au bout de quelques secondes, mon chien cessa de quêter. Il portait la tête basse et semblait se traîner péniblement. Je l'excitai de la voix. H fit quelques pas pour ni'obéir; mais ses forces l'abandonnèrent. Il se coucha, ou plutôt il se laissa tomber à l'ombre d'une cépée. Je courus à lui et il ne me fut pas diflicile de reconnaître qu'il venait d'être mordu par une vipère. Il avait à la lèvre supérieure, du côté gauche, deux petites plaies rondes, et éloignées l une de l'autre de quelques millimètres. Les deux crocs du serpent avaient profondément pénétré dans la chair. Il en sortait du sang mêlé de sanie et la lèvre était déjà considérablement enflée. Je pressai la blessure pour en extraire le venin. Ensuite je caressai mon chien et je l'appelai pour le déterminer à reprendre le chemin du logis ; mais la pauvre bête était saisie d'une faiblesse telle qu'elle ne pouvait déjà plusse mouvoir. Elle essaya de se lever; puis elle retomba aussitôt Je fus obligé de passer mon lusil en bandoulière. J'enlevai Paxaro dans mes bras et je le portai l'espace environ d'un kilomètre. Alors il reprit un peu connaissance et il commença à marcher, mais la tête basse et en chancelant comme s'il eût été ivre. Enfin j'arrivai chez moi. Je bassinai les blessures avec de l'ammoniaque liquide ; je mêlai aussi une dixaine de gouttes d'ammoniaque à un demi-verre d'eau, et je fis avaler par mon chien cette potion désagréable. Malgré tous mes soins, l'enflure continuait A faire des progrès. Sans doute le venin de la vipère agit puissamment sur le système nerveux, en même temps qu'il décompose le sang ; car mon chien était plongé dans un état profond d'engourdissement ou de somnolence. Aucun mouvement de ses muscles n'accusait une souffrance aigutt; mais l'enflure augmentait à vue d'œil, et déjà elle gagnait la gorge. Evidemment, un animal abandonné à lui-même dans une pareille position ne doit pas tarder à mourir. I* sang continue à se décomposer. L'hydropisle et l'enflure gagnent bientôt les organes Indispensables à la vie, et la pauvre bête meurt étouffée. Je ne voulais pas qu'il en fût ainsi de mon bon compagnon de chasse, et je u'hésilai pas à aller chercher du secours à la ville voisine. J'étendis Paxaro sur des coussins au fond de ma voiture, et au bout de trois quarts d'heure, nous étions à Saint-Pourçain a la porte d'un habile vétérinaire.

Celte année, M. Clésinger avait exposé au Musée une Eurydice mourante. Tout le monde s'arrêtait devant ce bel ouvrage. On admirait la pureté des formes, la délicatesse des contours; et je ne prétends contester en aucune manière le mérite artistique de cette magnifique statue ; mais il me parait évident que le sculpteur n'avait pas étudié d'après nature les accidens produits par le venin de la vipère. La morsure de ce reptile amène immédiatement une enflure hideuse. Il y avait à peine une heure que mon chien avait été mordu, et déjà il était méconnaissable. Sa tête ressemblait à celle d'un dogue, ou plutôt à celle d'un veau ;

car sa robe est d'un fauve doré, a peu près comme celle des vaches du Charolals (4).

Le vétérinaire sonda la plaie, puis d'an coup de lancette il débrida profondément les piqûres et les cautérisa en y introduisant de l'ammoniaque liquide à l'aide des barbes d'une plume ; ensuite il pratiqua plusieurs incisions dans la gorge du chien et il en sortit plus de deux décilitres d'eau.

Le lendemain, le chien eut une fièvre violente. Il refusa toute espèce de nourriture et resta presque constamment assoupi. Sa tristesse et son état de maladie persistèrent pendant plusieurs jours ; ce fut seulement au bout de la semaine qu'il se trouva en état de chasser.

La plupart des théreuticographes donnent des recettes pour guérir les piqûres de reptiles ; mais presque toutes ces recettes sont ridicules. Goury de Champgrand propose de prendre de la croisette, de la rhue, des feuilles de cassis, du bouillon blanc, du genêt, de la menthe. « Pilez le tout, dit-il, et faites-le bouillir pendant une heure, etc. , etc. » Pendant une heure ! mais pendant ce temps le mal aura fait de tels progrès qu'il ne sera plus possible d'y porter remède. Il faut mettre de côté toutes ces recettes empiriques. Le seul traitement rationnel est de débrider la plaie, de la cautériser en y introduisant de l'ammoniaque liquide. Il peut aussi être bon de scarifier la partie enflée et de la frictionner avec de l'ammoniaque. Les chasseurs du Bourbonnais portent toujours dans leur carnierun flacon d'alcali volatil; c'est une précaution qu'il ne faut jamais négliger, car les accidens sont excessivement fréquens. Au lieu de se servir de la lancette ou du bistouri pour faire la scarification, on se sert ici d'épines de groseiller. Les chasseurs piquent avec ces épines les parties voisines de la plaie , ensuite ils arrosent le tout d'ammoniaque, et cette pratique leur réussit à merveille.

Suivant le Dictionnaire pittoresque d'histoire naturelle, « le moyen le plus efficace à employer pour combattre les funestes effets de la morsure de la vipère , • consiste à sucer immédiatement la plaie : il n'y a aucun danger à craindre par ■suite de cette action, car on a démontré jusqu'à l'évidence que ce venin, si ter-

(1) Dans ces sortes d'accidens, l'absorption vénéneuse se fait avec une si grande rapidité, que pendant le temps employé à débrider, puis à cautériser la plaie, le venin est déjà loin dans le torrent de la circulation et hors de l'atteinte de l'antidote.

La première chose à faire, c'est de mettre une ligature (on se servira du premier objet qui sera sous la main, un mouchoir, le cordon de la poire à poudre, la bandoulière du fusil, etc.). Par ce moyen, on arrête la circulation du sang dans la partie du membre blessé et, partant, l'action du poison, ce qui donne le temps d'employer avec succès les moyens thérapeutiques prescrits.

Voici comment, un cas de morsure donné, il faut agir :

4° Poser une ligature à quelques centimètres au dessus de la partie du membre blessé ;

2° Débrider la plaie, puis en presser les lèvres entre les doigts afin d'en faire sortir le plus de sang possible ;

3° Ycrser dans la plaie quelques gouttes d'alcali volatil, après en avoir préalablement étanclié le sang ;

4° Le venin de la vipère étant mis au nombre des poisons stupéfactifs, l'emploi des stimulans à l'intérieur est naturellement indiqué; ainsi, un peu d'eau-de-vie ou d'une liqueur alcoolique, du vin chaud sucré, ne peuvent produire que de très bons effets. A.

• riblc quand on l'applique sur une partie dénudée, n'agit pas sur les parties

• muqueuses qui ne présentent pas de plaies. »

Je pense qu'il est très prudent de ne pas faire usage de cette recelte. Elle ne me parait pas sans danger pour celui qui l'emploie. En admettant comme incontestable, ce dont je doute, que le venin de la vipère soit sans action sur les muqueuses qui ne spnt pas dénudées, on peut, sans le savoir, avoir quelque partie des gencives, de la langue ou de la gorge écorchée; alors l'absorption du venin serait certaine (1). Les journaux de Paris ont raconté, il y a quelques années, qu'un garde, pour avoir reporté plusieurs fois à sa bouche le doigt avec lequel il avait pressé une piqûre de vipère, est mort en peu d'heures, quelques remèdes qu'on ait employés pour combattre cet empoisonuement. Le même ouvrage recommande l'emploi de ventouses scarifiées; mais ce remède ne pourrait être efficace que s'il était employé à l'instant même, car l'absorption du venin est instantanée. Puis, voyez donc comme il est commode d'appliquer une ventouse sur la patte ou sur le nez d'un chien (2).

A la suite de son Chasseur rustique, M. d'Houdetot a publié un excellent traité des maladies des chiens, écrit par M. J. Prud homme, chef du service des hôpitaux à l'Ecole vétérinaire d'AlforL Voici comment s'exprime cet ouvrage : • Cette •morsure est dangereuse, surtout pendant les fortes chaleurs, et sur les petits «animaux domestiques. Ses effets sont d'abord tout-à-fait locaux et très prompts

• à se manifester; plus tard ils deviennent généraux. La partie blessée se gonfle; •elle est le siège d'une vive douleur; l'animal éprouve quelques mouvemenscoD-

• vulsifs; enfin, la gangrène peut survenir; mais c'est là le pire. Ordinairement ,

• les choses n'en viennent pas à ce point; et après quelques jours de fièvre et •d'anxiété la santé se rétablit Les scarifications et les frictions avec l'aminonia- > que sur l'enflure, l'administration de quelques gouttes de ce médicament à l'inférieur, sont les moyens de traitement les plus sûrs et les plusexpéditifs, »

Je ne crois pas que les choses se passent ordinairement aussi bénignement que

(1) La science est loin d'être infaillible, nous en convenons; mais jusqu'à ce que des faits contradictoires viennent lui donner un démenti, il faut bien admettre avec elle, comme chose vraie, l'innocuité du venin de la vipère sur les muqueuses non dénudée t.

Si, de ce rôle, le doute exprime par M. Lavallée ne nous paraît pas Tonde; il n'en est pas de même du conseil qu'il donne de s'abstenir de la succion de la plaie : les raisons sur lesquelles il l'appuie sont très justes et très rationnelles. A.

(2) Si, comme le fait observer fort spirituellement M. Lavallée, il est difficile d'appliquer une veniouse sur la patte on le nez d'un chien, ce moyen thérapeutique ne rencontre pas les mêmes inconvéniens dans son application sur l'homme: nous faisons abstraction du nez qui, par la place qu'il occupe, est fort heureusement h l'abri des blessures de vipcies; mais nous voulons parler de la jambe, sur laquelle l'application d'une ventouse peut quelquefois être d'un grand secours.

Voici, dan* ce ca*, le moyen de remplacer une ventouse qu'il n'est pas toujours facile de se procurer.

On prend le premier verre venu : on pose sur la blessure un morceau d'amadou ou de linge préalablement imbibé d'eau-de-vie ; on y met le feu, puis on couvre vivement le linge avec le verre renversé que l'on maintient serré contre la peau, de manière h intercepter la communication avec l'air extérieur. Lorsque le linge est entièrement brûlé, on recommence l'opération que l'on peut renouveler trois à quatre fois. A.

l'écrit M. Pradhominc. En l'absence de soins, on bien lorsque les soins sont mal administrés, la morsure de la vipère peut être mortelle. La personne dont J'ai acheté la propriété possédait un petit chien auquel elle tenait beaucoup. Cet animal ayant été chasser dans un bois sur les bords de la Sioule, y fut piqué d'une vipère. Rien ne put empêcher l'enflure de se propager. En moins de cinq heures * la pauvre bête mourut

En résumé, la vipère est un animal fort nuisible, sous tous les points de vue, même sous celui de la chasse. Elle détruit de petits oiseaux, déjeunes cailles, des perdreaux, et je crois qu'elle ne ménagerait pas les mères si elle les pouvait atteindre. Elle s'introduit dans les terriers, en chasse les habitans lorsqu'elle ne parvient pas à les dévorer. Elle mord les chiens et quelquefois les chasseurs.

Les constructeurs du chemin de fer atmosphérique de Saint-Germain ont, diton, rencontré sans le chercher un appât infaillible pour détruire les crapauds. La chimie, qui découvre tant de choses, ne pourrait-elle pas, en cherchant, trouver quelque substance pour détruire les vipères? L'Académie, qui décerne tant de prix, ne ferait-elle pas un acte très sage en promettant une médaille au meilleur mémoire sur le moyen d'exterminer les vipères, qui ne me paraissent pas d'une incontestable utilité dans l'œuvre de la création ? (1 )

Joseph Lavali.ee.

(1) Noire collaborateur, J. Lavallée, n'a oublié qu'une chose dans cet article spécial qui, sous une forme légère, renferme plus d'un e nscigncmeul important, c'est de recommander à nos lecteurs l'acquisition d'un petit meuble loul-à-faîl indispensable, destiné à compléter l'arsenal portatif du chasseur, nous voulons parler de la Pharmacie de poche de M. Arraull, à l'obligeance duquel nous devons les quclqu* s notes techniques qui précèdent.

Si les chasseurs du Bourbonnais se contentent de placer toujours dans leur carnier un flacon d'alcali volatil, et se servent pour faire une scarification d'une épine de groseiller en guise de lancette, c'est qu'ils n'ont pas encore été à même d'apprécier toute l'utilité de cette même pharmacie, si souvent annoncée dans notre journal, et dont l'usage, jnstiûé par le succès, est devenu général aujourd'hui. M. Arraull, nous le disons sincèrement, a bien mérité, par sa précieuse invention, de la classe entière des chasseurs. Les morsures de vipères ne sont pas les seuls accidensqui peuvent survenir en chasse; il en est de beaucoup plus graves auxquels il est non moins urgent de porter un prompt remède.Or, avoir su renfermer dans une boite grande connue une tob ilière ordinaire, tous les premiers élémens de secours, même une lancette particulière au moyen de laquelle la main la moins expérimentée peut pratiquer une saignée sans danger aucun, est un véritable bienfait que nous ne saurions trop signaler à la reconnaissance de tous nos confrères. (Voir aux annonces.)

Page 1