I. Pour la garde des orfèvres
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Tournelle, a dévalé dans le jardin du Premier Président et sortit par la porte qui esl sur le quai du grand cours de Seine. Il fut arrêté par la sentinelle de la compagnie là posée en haïe. Il dit qu'il s'en alloit chez soi là auprès, pour se reposer, au logis d'un de ses amis. La sentinelle le conduisoit, et un notaire, Bellache, qui se trouva là aussi, au bout dudit quai, la canaille s'amassant et criant « au Mazarîn, » qu'il falloit jeter en l'eau; mais étant assez bien escorté de huit à dix des siens, armés, il se retira dans la rue de la Monnoie, au logis de M. de Scve, conseiller d'État, jadis président à la Cour des Aides, son beau-frère.
On dit que cinq ou six conseillers, en un carrosse ou deux, qui sortirent après, pressés de la canaille qui se vouloit jeter sur eux, furent contraints de se jeter dansleGrand-Chaielet, oli M. Miron, avec sa compagnie, qui est de la place au Cheval ier-du -Guet, les vint dégager, les faisant sortir de là travestis l'un après l'autre.
On lira aussi des coups de mousquets sur le président de Mesmes, et y eut de ses gens tués à ses côtés, étant à pied.
Les Princes ne sortirent qu'à trois heures et les présidents après cinq.
Apres dîner, le Corps de Ville s'assemble en son hôtel et y fait introduire un homme, disant s'appeler Olivier et être aumônier du Roi CI avoir charge de Sa Majesté de dire au Premier Président de la Cour des Aides que, ce soir. Sa Majesté coucheroit à Saint-Denis.
— Jeudi matin 27, les députés du Parlement sont partis, et, avec passeport du Roi, sont allés à Brie-Comte- Roben attendre les ordres de Sa Majesté.
Cependant, bruit par la ville et de tous côtés que l'accommodement des Princes est fait avec le Roî.
Autre avis, de devers Périgueux, que le colonel Baltazard a défaille marquis de Montausier, resté blessé de deux coups de pistolet en un bras et d'un de sabre à la tête. — Vrai.
— Vendredi 28, grand bruit et toutefois secret, que la pain est faite, que le Roi a couché au Chemin, maison du président Viole, à la jjorte de Lagny, dans la Brie, et que ce soir il vient 1 coucher à Saint-Denis, — ces deux derniers articles vrais. — Et, , pour le premier, le cardinal Mazarin éioit d'accord de se retirer,
à condition de retour à la Cour dans un certain temps, pour donner cette satisfaction au peuple de la part des Princes, quand il a su par lettres du marquis de Châleauneuf (qu'il a montrées à
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Gaucourt, Thomme du prince de Condé, caché dans Mdun, dans le logis du duc de Bouillon, jusqu'à la signature de leur traité) que ledit Prince n'étoit point intentionné de tenir la parole touchant cedit retour limité, et que le cardinal de Retzagissoit aussi prés de M. d'Orléans à ce qu'il ne tint pas non plus cette parok de retour. — Bruits inventés.
Le maréchal de La Fcrté-Sennecterre est arrivé avec quatre miUe des plus lestes soldats que Ton ait jamais vus; et toute Tannée du Roi, en deux corps, dont celui du maréchal de Turenne est de dix mille hommes, tient toute la campagne entre Seine et Oise, par derrière Saint-Denis.
— Samedi 29, le Roi, à Saint-Denis, envoie ses trompettes et quelque escorte de sa garde à cheval pour conduire le pain de Gonesse à Paris, ce qui attendrit beaucoup de bonne bourgeoisie, ressentant, disoient-ils, les soins de notre bon Roi.
•^ Dimanche 3o, madame Du Plessis de Guénegaud et madame de Brienne de Loménie vont ensemble, avec passeport de M. le duc d'Orléans, à Saint-Denis voir leurs maris, secrétaires d*Etat, qui y sont près du Roi. Elles retournent le soir, amenant avec elles le comte de Miossens, par un très fort orage, sur les sept à huit heures du soir ; le peuple criant, des portes des maisons : c Voilà des Mazarins bien accommodés » par moquerie, car leur carrosse étoit dégoûtant de pluie et de crotte.
Juillet.
Marquis de Gesvres en quartier de capitaine des Gardes du Corps.
M. de Brienne en mois de secrétaire d'État.
— Lundi, premier jour de juillet [Grandœvam], les députés du Parlement vinrent d'Argenteuil à Saint-Denis, oti la Reine leur fait bon accueil et entretien. Madame du Plessis, avec autres dames, retourne encore à Saint- Denis et revient aussi le soir.
Cependant, un pont de bateaux s'étant fait sur la rivière de Seine, au-dessous de Saint-Denis, vers Épinay, le maréchal de Turenne y a fait passer Tarmée du Roi pour attaquer celle des.
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Princes, qui se foriifioit au bout du pont de Neuilly à Suresnes, dans les bourgs de Salni-Cloud, Sèvres et Meudon.
— Mais elle a passé l'eau vers Paris ei s'est retirée dans les faubourgs Saint-Denis, Saint-Laureni du Temple, Saint-Antoine, le mardi matin 3, que celle du Roi l'a poursuivie et lui en a tué beaucoup, entre lesquels est le comte de Flamarens, chambellan de M. d'Orléans, cousin-germain et ami intime du comte de Miossens, qui étoii lors dans Paris depuis dimanche soir, et l'a fort regretté.
Le duc de La Rochefoucauld y a été blessé d'une mousquelade, prenant au-dessous de Tun des yeux et passant à travers du nez pour ressortir au-dessous de l'autre ceil, dont on ne croit pas qu'il meure ni qu'il perde la vue. Il a été porté, tout à travers la ville, sur un cheval, accompagné d'une douzaine de ses gens, jusqu'à l'hôtel de Liancourt, rue de Seine, oCi il est pansé, et ce, devant midi.
Le comte de Bossut, des Paya- Bas, blessé, est mort chez le chirurgien d'Alencé, en la CoÛiure-Sainte-Catherine,
Sur les quatre heures, les troupes ont passé sur le Pont-Neuf. jusqu'à six heures, infanterie et cavalerie, tambours, timbales et trompettes sonnant, au nombre d'environ trois mille hommes, chéiive infanterie.
De la cavalerie les écharpes étoieni bleues, mais il y avoir des cornettes blanches et autres noires oïi étoit la croix de Saint-André rouge, qui est Espagne; et y avoîi aussi des drapeaux blancs et noirs, et autres, où étoit ladite croix rouge de Bourgogne. Le peuple courant çA et lA et criant par reprises des « Vive le Roi, ■ mais SI confusément que l'on n'y comprenoit que fort peu.
On a nouvelles que le marquis de Saini-Mégrin avoit, par trop d'abandonnement de sa personne, été tué, 11 étoit capitaine lieutenant des chevau-légers de la garde du Roi, comme aussi de ceux de la Reine, et depuis quelques années marié ;\ la demoiselle de Savigny-Le Fcron, qui lui avoit apporté trois ù quatre cent mille livres. Son corps a été enterré dans l'abbaye Saint- Denys. Son père vit encore, demeure en Limousin et s'appelle M. de La Vauguyon ; leur nom est Stuer, que par adresse ils ont fait Stuard, comme s'ils éioient de cette grande maison royale d'Ecosse, dont les sieurs d'Aubigny en France sont.
Le Roi étoit en personne au-dessus de Charonne, regardant l'attaque que son armée faisoii, principalement à Picpus, oti le
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prince de G)ndé étoit, et M. de Nemours, qui fut blessé à k main et reçut plusieurs coups en ses armes.
Le régiment des gardes y a bien perdu des hommes ; ils ▼enoieiit jusqu'à une barricade prés des halles du faubourg Saînt-Antoine, ob les troupes des Princes et le prince de Condéen personne étoienten défense avec du canon ; mais forcés par les autres et entièrement défaits, si Ton ne les eût reçus dans la ville [avec quelque répugnance du Prévôt des Marchands et échevins, comme étant dumt qu'ils avoient promise au Roi de ne point faire; mais Mademoiselle y fut à cheval et fit tant qu'elle extorqua d^eux un ordre pour ccla;^ à travers de laquelle ils passèrent, la cavalerie ayant Tépée nue en une main et le pistolet en l'autre, et furent conduits bon la porte Saint-Victor, vers Ivry et Vitry, où ils ont campé cette nuit; rinfanterie tiroit continuellement en passant.
M. le Prince, monté au clocher de Saint-Antoine, voyant ks troupes du Roi gagner par les jardins et devers la rivière, vers la porte Saint-Antoine, pour y devancer les siennes et leur couper le chemin de la retraite, les fit promptemeni entrer dans la ville, ob
un capitaine de la colonelle de * les laissa entrer, et ce fut
lors, que Mademoiselle, montant à la Bastille, fit tirer du ravelin qui est devant, sept ou huit coups de canon sur les gens du Roi qui vcnoient tirer mousquetades jusques dans la porte Saint- Antoine.
— Mercredi matin 3, nouvelles de Saint-Denis, où l'on est fort étonne de ce que la ville de Paris a fait, en donnant, contre sa promesse, retraite aux troupes des Princes; et néanmoins le Roi n'a pas laissé de faire venir encore ce matin le pain de Gonesse, mémo en jour extraordinaire, qui fut jeudi matin; mais les boulangers l'ont vendu au triple et jusqu'à 10 et 12 sols la livre.
Le petit pain en ville est aussi devenu si rare que Ton n'en a pu avoir à certains jours, les boulangers le vendant 2 sols et 6 blancs du poids de 2 onces. (Voyez aux 8 et 9 et au 20 de ce mois.)
— Jeudi 4, après dîner, grande assemblée en T Hôtel de Ville, où sont invitées douze personnes de chaque quartier, à savoir six officiers du Roi es cours souveraines, et six notables bourgeois.
Ce matin on a trouvé placard sanglant portant que M. le Prince, ayant fait voir, ces jours, comme il expose sa personne pour le salut de la Ville, elle doit aussi s'exposer pour lui et