X. Appelé plus communément Villemor
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mire d'Éiat, que volontiers il lui pardonne ei oublie tout ce qui s'est passé (c'est qu'il a, cet hiver, favorisé et moyenne, par son gendre le duc de Sully, le passage ù Manies des troupes des Princes et nouvellement s'est fait de leur conseil), pourvu qu'il aille en Cour le trouver, oii il l'assure qu'il recevra tout bon traitement.
Le Chancelier, ayant montré celle lettre à M. d'Orléans et prié de lui donner un passeport, Son Altesse Royale l'a fait, sous prétexte d'en conférer avec M. le Prince, différer jusqu'à
— dimanche iS, que, l'après-diner, ledit Chancelier l'étant allé revoir, Son Altesse Royale lui a dit qu'il auroit son passeport pour demain.
Ce jour, lettres de la fine Cour, de Pontoise, portant que le cardinal Mazarin y donne à dincr pour l'adieu au Roi, et que Sa Majesté a fait dire au Parlement, qui est là, qu'ils aient à venir sur les six heures du soir prendre congé de Sa Majesté, qui doit partir le lendemain matin pour Liancourt, afin de trouver à cette heure-là du soir le cardinal Mazarin parti.
— Lundi 19, avis que toute la Cour est partie de Pontoise, Leurs Majestésayant pris le chemin de Liancouri pour y coucher. Aucuns publient que le cardinal Mazarin s'est séparé pour aller par Château-Thierry et s'aboucher avec le duc Charles.
Les troupes des Princes, réduites à quinze cents hommes presque tous véroles, sur l'appréhension de l'approche de celles du Roi, se sont ce matin rendues à leur ancien poste, joignant le faubourg Saint-Victor.
Grand bruit que Montrond est pris; il a capitulé de s^rendre à sept heures du matin, au premier septembre, s'il n'est secouru.
Ce matin, le Parlement assemblé a demandé au sieur de Laffcmas qu'il eût à remettre ie petit sceau de la Chancellerie de France, qui sert aux expéditions du Palais, entre les mains de celui des maîtres des Requêtes, qui le suit en rang, selon l'ordre des mois. Sur quoi, ayant déclaré qu'il l'avoii rendu au Roi, qui le lui avoit demandé, on a commencé d'aller aux opinions, remises à la proche assemblée.
Le parti des Princes fait courir le bruit que le Roi veut bloquer Paris, tandis qu'il éloigne le Cardinal de soi, qu'il emmène et retire ses troupes après sa personne, qui est à Liancourt, et sera demain à Compiàgne. C'est afin que l'on n'oblige lesdiis Princes à poser les armes aussitôt que le Cardinal seroit hors de la
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Q)ur, que les Parisiens souffrent leurs troupes à leurs environs et à leurs portes, et que cependant ils payent leurs taxes faites sur les portes et boutiques de leurs maisons.
Ce jour, le dixainier, marchand de bas sur le pont Saint-Michel, va depuis la porte de Nesle, le long du quai, pour la deuxième fois, demandant la taxe des portes des maisons.
— Mardi 20, rassemblée du Parlement, suivant ses errements d^hier, veut condamner le sieur Laffemas, maître des Requêtes, à restituer le sceau de la petite Chancellerie, qu'il tenoit en son mois de rang, dans trois jours, à faute de quoi il demeurera interdit (c'est-à-dire d'avoir séance en Parlement) ; et que la Cour se saisira cependant du sceau des Requêtes de PHôtel ou de celui des Requêtes du Palais. Il est vrai que ce dernier est déjà en son pouvoir, et ça été Tavis du vieux conseiller Broussel, qui a fort extravagué, parlant du Roi, jusqu^à dire : a Qu'est<e que le Roi ? » Mais le sieur Sevin a pris la parole et a dit que le sieur de Laffemas feroit tout devoir possible pour rapporter et remettre en la petite Chancellerie entre les mains de celui qui lui succède en mois, à la garde d'icelle, le sceau du Palais; mais qu'il y avoit autre chose de plus grande importance, sur laquelle il falloit délibérer, à savoir le moyen et les voies de contenter le Roi et d'avoir la paix, puisque lui-même avoit contenté son Parlement et son peuple avec les Princes, en congédiant le cardinal Mazarin, lequel étant parti de la Cour, séparé du Roi pour s^en éloigner, il falloit que la Compagnie travaillât à se rapprocher et venir avec Sa Majesté; et, à cette fin, étoit d'avis que, dès demain ou après 4emain au plus tard, cela fût délibéré et résolu en une assemblée qui se tiendra sans faute, en laquelle MM. les Princes seront avertis, non pas invités par députation, mais seulement par aucuns de MM. les présidents et de leurs amis, de se trouver.
Ce matin même, le sieur de Soisy de Bailleul, conseiller reçu en survivance du président de Bailleul, son père, deuxième en rang des présidents, décédé cette nuit, en cette ville de Paris, a été reçu président en chef, contre la teneur de ses lettres qui portent qu'il ne pourra être reçu en chef qu'après dix ans de service en survivance, n'y ayant pas encore dix ans qu'il a été reçu en ladite survivance; et aussi contre la teneur delà déclaration du Roi, registrée en son Parlement de Pontoise et imprimée, aujourd'hui publique à Paris, par laquelle le Roi déclare tous offices vacants
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et supprimes et toutes survivances abolies, si ceux qui les possèdent ne se rendent en son Parlement, à Pontoise.
Le Cardinal, parlant hier lundi, fut coucher à Goussain ville, oCi est le corps principal et quartier de l'armée du Roi, qui, cependant, fut coucher à Liancoun, d'oCi.ce jourd'hui, il doit être allé à Compiègne et le Cardinal à Meaux.
Les bourgeois de Paris s'assemblent les uns sous les charniers Saints- Innocents, les autres prés la Halle, au cloître Saini-Jacques de l'Hôpital, les autres au Mail, etc., et concluent d'aller vers M. d'Orléans, pour lui faire congédier les troupes d'alentour de la ville, supplier le Roi d'en éloigner les siennes et de revenir en sa bonne ville de Paris et lui accorder une amnistie.
On dit que huit cents chevaux de ces troupes sont partis pour aller secourir Monirond et que le reste y suivra, fors les chefs, dont les principaux quittent; mais il y a douze cents chevaux de celles du Roi qui les suivent en queue.
— Jeudi 2a, les Princes furent en l'Hôtel de Ville après avoir été par les cours souveraines faire leur ancienne déclaration et protestation, ci à part en deux cahiers, imprimée par la veuve Guillemot, avec queues et conditions dont ci-devant ils n^avoient
poin
Celle
qui
I imprimée en une seule feuille o
cahier par ' est conforme, mais il y en a d'autres qui sont falsifiées, avec ces mots: « Pourvu que la retraite dudit Cardinal soit sans apparence de retour. ■
Arrêt du Parlement, que le Roi sera très humblement supplié d'éloigner les troupes, de donner une amnistie générale ei de retourner en la bonne ville de Paris.
La Chambre des Comptes ordonne une députation de douze maîtres vers le Roi pour le remercier de l'éloignement du cardinal Mazarin et le supplier de considérer, louchant leur translation à Pontoise, l'incommodité et l'embarras que ce leur seroit de transporter leurs registres et bureaux.
Avis de Melun que huit cents chevaux de troupes de Rose y seroient passés, prenant les devants des troupes du prince de Condé. qui vont pour secourir Montrond. qui a capitulé de se rendre le premier septembre, s'il n'est secouru, sans que la garnison du dedans, qui n'est plus que de cent vingt hommes, puisse
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sortir pour aider ledit secours, s'il se présente. Il n'y a plus de rivres dans la place.
— Lundi 26, aucuns fripiers des Halles furent à main forte chez le nommé Bourgeois, épinglier, étalant au portail Saints- Innocents et demeurant en chambre là auprès; et, l'ayant pris en son lit, le lièrent et menèrent prisonnier, de leur autorité privée au fonaux Dames, petite prison au quartier Saint-Merry; puis le voulant transporter de là en Hôtel de Ville, comme ils étoient en rue, eurent soupçon que Ton le vouloit secourir et le tuèrent, portant son corps mort audit Hôtel de Ville. Ce fut, dit-on, pour ce qu'ayant vu dimanche passer quelques compagnies desdits fripiers, il avoit dit : u Voilà Messieurs de la Synagogue. »
— Mardi 27, les Princes en rassemblée du Parlement. M. d'Orléans y lit une lettre, de lui écrite au duc de Damville, du 23, pour avoir passeport aux maréchal d'Estampes, comte de Fiesque et sieur Goulas, députés de sa part vers le Roi, avec la réponse négative dudit Damville. — Item, un extrait de Tédit ou déclaration d'amnistie envoyée par le Roi en son Parlement à Pontoise, et là registrée le 26. — /item, une lettre que cejourd'hui il écrit derechef au Roi sur ce sujet, par un dépéché de sa part exprès *, et l'assemblée remise à vendredi.
Lettres du 23, d'Igny, arrivent ce jour, du comte de Hennin, maréchal de bataille général, colonel d^un régiment d'Allemands et général de toute l'infanterie allemande dans le corps commandé par le duc de Wirtemberg, joint à celui du duc Charles, qui a mis un pont à Tours-sur-Marne pour y passer toutes ses troupes là, qui font dix mille hommes, comme les envoyés des Princes sont là sollicitant lesdites troupes de s'avancer vers Paris par la Brie, pour y tenir main-forte auxdits Princes.
Le cardinal Mazarin, en ces quartiers-là se doit aboucher à Damery, chez le sieur de Baradat, sur Marne, près de Tours et au-dessus de Château-Thierry, avec le duc Charles. 11 a passé outre sans abouchement et ils se sont visités par leurs gentilshommes.
Ce jour, redit du Roi pour l'amnistie a été rendu publiquement dans Paris, y ayant été secrètement imprimé, ou plutôt envoyé de Pontoise.
Grand bruit que Montrond est secouru ; le comte de Palluau y ayant, par éloignement, apporté ce qu'il falloitde focilité; ce qui
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faii croire l'accommodenieni qu'il y a entre le prince de Condé et le Cardinal. — Faux.
Lettres du duc d'Orléans au duc de Damville pour avoir liberté et passeport d'envoyer ses députés en Cour, avec la réponse imprimée à Compicgne et réimprimée à Paris, se débitent.
— Le jeudi 39, sont publiées autres lettres dudii duc d'Orléans au Roi pour le même sujet, lues en rassemblée dernière en Parlement, imprimées parla veuve Guillemot, se débitent aussi. Sur quoi plusieurs assemblées de particuliers bourgeois se font es places et rues de Paris, disant : « A quoi bonnes tant d'écritures et députalions; que n'allons nous prier le Roi de venir en sa ville de Paris. " Aucuns mêmes des plus hardis ont dit aux Princes qu'ils iroient demander au Roi ses forces pour chasser de Saint- Cloud, Suresnes et toute cette vendange-là leurs troupes qui la ruinent, si eux-mêmes ne les en ôtcnt. Et mercredi 28, plus de trois cents do peuple furent au palais d'Orléans demander qu'ils puissent faire leurs vendanges. On les renvoya avec belles paroles.
Lesdiies troupes des Princes se débandent toutes et les ofhciers mêmes quittent, les Rennepont entr'autres.
Les paysans des environs viennent depuis quelques jours au duc de Beaufort, comme gouverneur de Paris et au vieux conseiller Broussel, demander avec hardiesse que l'on les délivre de ce reste d'étrangers qui les dévore, autrement ils joueront à la déses* pérade et s'en déferont.
Les marchands drapiers s'assemblent en leur nouvel hôtel des Carneauï. rue des Déchargeurs, près les Charniers Saims-Innocenis et continuent encore le vendredi 3o, pour voir d'aller vers le Roi le supplier de retourner en sa bonne ville de Paris.
On dit que des six corps de tous les marchands, aucuns pressent, aucuns reculent pour la députation.
Le chapitre de Notre-Dame, aussi assemblé dés le 28 ou 29, députe pour aller vers Sadite Majesté, l'inviter, au nom de son corps, de vouloir retourner à Paris ; et doivent lesdits députés partir d'ici le 3o ou 3i.
Le duc d'Orléans reçoit de la Cour une grande lettre fon sévère et qui lui refuse des passeports et la faculté d'envoyer ses députés en Cour, lesquels on lui avoit, le Roi étant à Saint-Denys, plusieurs fois en vain demandés, pour terminer dès lors avec ceux du Parlement qui y étoient et ceux que le Roi destînoil et avoit
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prêts, toutes choses pour le licenciement et retraite, route et étapes des troupes des Princes, la liberté de la campagne et de tout commerce, avec rentier rétablissement de la tranquillité publique, avec le départ de la Cour et éloignement hors du Royaume du cardinal Mazarin, cequ'il n*cst plus temps de remettre sur les rangs, puisque ledit Cardinal s'est en effet éloigné ; ne restant plus, sinon que les Princes mettent les armes bas, ainsi qu'ils ont toujours protesté qu'ils feroient ci-devant.
Quant au prince deCondé, qui avoit aussi écrit en Cour, on lui en a renvoyé sa lettre toute fermée, sans que Ton l'ait voulu voir.
Il ny a point eu d'assemblée en Parlement, quoi qu^elle y eût été indicte et remise de jeudi 29.
La milice des Princes, sortant de ses postes de Saint-Qoud, Suresnes, etc., prend, partie par derrière les faubourgs Saint-Germain, Saint-Jacques et Saint-Marceau, vers Villejuif, où elle tue et pille ce qu'elle rencontre ; et puis descend oti jadis elieétoit, es saulaycs et salpétricres ; partie par Tautre côte ; et se loge au faubourg Saint-Antoine, où elle prend force moutons, et au Port au Plâtre, entre le fosse de l'Arsenal et Bercy ; dresse un pont sur la rivière pour la communication des deux parties.
Plaintes contre cette milice par les paysans des environs, qui crient après leurs vendanges, et par les bourgeois aussi de la ville.
— Samedi 3i, les Princes assemblés en Parlement, où Ton étoit pour délibérer sur un arrêt de Pontoise, portant cassation de toutes procédures, assemblées, etc., faites au Palais à Paris et défenses à tous avocats, procureurs, etc., d'y procéder sous peine de crime de faux, à tous messagers d'y apporter affaires, sur peine de la vie. Et sur le fait aussi des gens de guerre des Princes, dont chacun demande réloignemcnt, ils ont prié et obtenu que Ton remît à lundi, parce que cejourd^hui il leur falloit aller en la Chambre des Comptes et en la Cour des Aides, comme ils y ont été, et trouvé les auditeurs de celle-là prétendant délibérer sur leur vacation, translation hors de Paris et députation pour remontrances vers le Roi, à quoi la Chambre incline, résolue pourtant à obéir en toute extrémité et ainsi remise à mardi prochain.
Grande expectation sur ce qui se doit être passé ce jourd'hui par le secours prétendu de Montrond, qui, faute de ce, doit être demain rendu par le marquis de Persan, y commandant, au comte de Palluau, assiégeant, bien campé, fortifié de mille chevaux de l'armée
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du Roi, à lui menés de deçà de l'armée du Roi et de trois belles compagnies franches, y envoyées de Saînionge.
Lettres de Compiégtie, comme le maréchal d'Estrées y est arrivé de Soissons, sa femme avec lui, ei a été fait ministre d'État.
Vendredi au soir 3o, la milice des Princes ayant quitté ses postes deSaini-Cioudetenvirons, se vint rendre à six heures es faubourgs Saint-Marcel et Saint-Victor, voulant y loger. Il y eut barricades et résistance des habitants, mémo d'aucuns bourgeois, qui, de la ville oti ils logent, viennent auxdiis faubourgs où Ils ont des maisons, prêter secours, comme le sieur du Vaussel, marchand linger et dixainier d'entre les deux portes du Palais, qui, ce jour, et te lendemain samedi soir, qu'il y eut à pareille heure pareille alarme par ladite milice, en grand devoir de la repousser, et fut trouver S.A. R.,àqui il fit ses plaintes. Et leprincedeCondéy fut le lendemain dimanche et fut prendre deux soldats français qui avoient l'un arraché une porte d'une maison et l'autre fait vanterie d'avoir tué les jours précédents des bourgeois (entre lesquels, peu en nombre, le nommé Aimé, apothicaire à Saint-Marcel, a été fort regretté) et les livra entre les mains du prévôt des bandes pour être exécutés le lendemain lundi: même réprimanda le sieur de Valon et tira l'épée sur lui pour n'avoir pas réprimé ses soldats.
Avis que le corps de l'armée des Pays-Bas du duc de Wirtemberg estprèsScsannecn Brie, Le comte de Hennin-Bournonville, maréchal général de bataille, commande l'infanterie allemande; ses deux frères cadets, vicomte de Barlin et baron de Câpres, y ont chacun, comme lui, un régiment.
Le chevalier de Guise, ayant déserté la Cour, s'est jeté avec le duc Charles, qui fait diverses propositions pour ses intérêts.
Instructions au baron de Saint-Romain, envoyé auxdites troupes des Pays-Bas pour les amener vers Paris, portant de s'en aller trouver l'Archiduc pour l'assurer que, nonobstant la retraite du cardinal Mazarin à Bouillon, il ne posera point les armes.
La jeunesse, qui estdistribuée parles quartiers et colonelles delà ville dans les compagnies, se trouve toutes les fêtes et dimanches, depuis quelques semaines, dans le Pré-aus-Clercs et plaine de Grenelle, où ses oâiciers lui font faire l'exercice.
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M. du Plessis-Guénegaud en mois de secrétaire d^État.
— Dimanche, premier jour de septembre {fugit)^ le président de Mesmes-d'Irval, ayant couché, avec sa femme (qui a perdu sa mère, la vieille dame Broussel) et son fils, le comte d^Avaux, conseiller en Parlement, à Fresnes-Guénegaud-le^Mame, confluent de la Beuvronne, se trouve en Cour à Compiègne, dont ils se doivent rendre en leur séance au Parlement à Pontoise, le mardi soir 3 ensuivant ; ils venoient de Cramayel, leur terre en Brie.
Le maréchal de L'Hôpital veut être reçu dans Troyes par le sieur Denyse, maire et les habitants, au son de douze canons mis sur les remparts, comme seul lieutenant général au gouvernement de Champagne, quoique le marquis de Praslin, gouverneur de la ville et bailliage de Troyes, ait aussi qualité de lieutenant du Roi en ladite province. Il est là pour assembler la noblesse et les communes et s^opposer aux troupes des Pays-Bas qui sont vers Sézanne, Provins, Méry, etc.
On signifie à la Cour des Aides en général et à tous les officiers en particulier, dans leurs maisons, la translation que le Roi en a faite à Pontoise, avec jussion de Sa Majesté de sortir de Paris, en date du 29 août dernier.
— Lundi 2, assemblée en Parlement, continuée au mardi 3, oli les Princes ont persisté à leur nouvelle déclaration^ exhibée le lundi et dressée, dit-on, par Fouquet, sieur de Croissy, conseiller de la troisième, de leur cabale; et y a eu arrêt imprimé.
Ladite déclaration des Princes aussi imprimée.
Lettre du Roi au duc d'Orléans, lue en Parlement le lundi, a été publiée, imprimée en la ville. Elle revient à l'instruction envoyée au baron de Saint-Romain, qui est Tun des envoyés des Princes vers les ducs Charles et de Wirtemberg, qui sont avancés jusqu'à Sézanne-en-Brie, seize lieues de Paris.
Le duc de Wirtemberg y est en personne; le comte de Hennin- Bournonvillc y est maréchal de bataille général, et commandant rinfanterie allemande; son troisième frère y est colonel d'un régiment allemand entretenu, s'appelle vicomte de Barlin, ayant pour l'un de ses capitaines son frère cadet, le baron de Câpres.
— L'avis de la rendition de Montrond, du premier septembre,
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porté par courrier à la Cour, arrive de Compiégne à Paris le mercredi matin 4 de septembre.
Les Princes, fort déchus dans l'opinion de toute la ville vont en la Chambre des Comptes, — d'où le procureur général va en Cour sur le sujet de la translaiion, et cependant la Chambre cesse toute fonction dés à présent, — et en la Cour des Aides, résolue â sa translation et à obéir à l'arrêt.
Ce jour, les douze chanoines de Notre-Dame, députés de leur chapitre, dévoient partir pour aller à Compiégne supplier le Roi de retourner en la ville de Paris ; maïs leurs ptasseports ne sont pas encore venus de la Cour. '
Les six corps des marchands travaillent fort à faire semblable députaiion: celui Jeslingers, entre autres, insiste à cela tout â fait.
La milice des Princes achève son pont de communication par bateaux du Pori-au- Plâtre, faubourg Saint-Antoine, à la bouche de Bièvre, et campement es saulayes et poudrières, derrière le Jardin des Plantes Royales et de M. Mdlian. Ce pont n'a pas été tout clos et achevé et n'a rien duré.
Force ofiBciers quittent. Le sieur de Valon, gourmande parle prince de Condé et foulé même par Mademoiselle, non recous par le duc d'Orléans, àqui il est, se voit aussi nécessité à la retraite.
Avis qu'il y a trêves pour huit jours entre l'armée du Roi, sous le maréchal de Turennc, en Brie, au travers de Lagny et Corbcil, et les Lorrains et Wirtembergeois, qui sont vers Sézanne.
On dit que les ordres sont ù Montrond pour la démolition; et néanmoins M. d'AngouJéme, qui éioit dans Saint-Amand, a été mis dedans Montrond, otj il est gardé.
Jeudi matin 5, bruit que le maréchal de Turenne s'étant écané, les Lorrains et Wirtembergeois se sont avances jusques vers Créieil et Charenton ; — en partie vrai.
Ce matin, le Parlement h Paris assemblé, sur ce que Béchefer, substitut du Procureur Général, a représenté qu'il y avoit un paquet du Roi mis en séquestre au greffe dés le mois dernier, jusqu'après la retraite du cardinal Mazarin, a été ledit paquet ouvert et [trouvé] contenir la translation du Parlement à Pon- ■oiae; sur quoi on a délibéré et remis à demain.
L'après-diner, assemblée en l'Hôtel de Ville. oU les Princes ont été; et y a été résolu que députaiion du Corps de ladite Ville seroit faite vers Sa Majesté par deux échevins, conformément à l'arrât du Parlement du 3 septembre dernier, et que le procureur du
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Roi de la Ville iroit en Cour pour en rapporter les passeports pour ce nécessaires.
Ce soir. Ton Êiit des feux de joie et d^artifices pour le jour ^ natal du Roi au quartier de la Croix-du-Tiroir, oti le duc de Beaufort passa ; et, disent aucuns, qu'il n'en témoigna pas être content.
La nuit^ les prince de Condé et duc de Beaufort ont passé par leur pont des saulayes ou camp de Saint-Victor au Saubouig Saint-Antoine, et fait marche avec leur milice (au moins Pallemande) par Charenton ou Saint-Maur, en Brie, jusqu^aux troupes de Wirtemberg.
— Cependant, le duc de Lorraine, les ayant rencontrés, est arrivé dans Paris vendredi 6, matin, et a dîné au Palais d^Orléans, en l'appartement du maréchal d'Estampes, auquel il a donné la bonne place pour éviter contestation avec le Prince, qui y a dîne aussi. Le reste du jour s'est passé en conférence, et le Prince s'en étant retiré, M. de Châteauneuf s'est montré et a conféré; puis, le lendemain matin, samedi 7, on a fait fieiire une course à Compiègne par un exprès, dépéché du sieur Goulas, secrétaire des commandements de Son Altesse Royale.
Ce matin, le Parlement à Paris continuant son assemblée d'hier, aussi sans les Princes, a arrêté que très humbles remerciements seront faits de leur part au Roi pour Téloignement du cardinal Mazarin> et très humbles remontrances à Sa Majesté sur le sujet de leur translation ; a ordonné que, durant le temps de vacation, qui commence demain 7, il y aura toutes les semaines deux assemblées audit Parlement pour les affaires publiques.
Lettres de Compiègne, du jour d'hier 5, portant que le Chancelier de France ayant longtemps attendu à Paris les passeports de M. d'Orléans, s'est évadé et rendu à la Cour, oti il est; et que le président de Mesmes-d'Irval en étoit, ce matin-là, parti, pour se rendre le soir même à Pontoise, au Parlement qui y est.
— Samedi 7 se publie en ville la harangue faite par les femmes à Son Altesse Royale. Il y a quatre ou cinq jours qu'elles le furent trouver, lui demandant la paix et le retour du Roi. Mais lui leur dit qu'il ne leur pouvoit donner qu'une paix fourrée, et qu'il valoit mieux n'en avoir point du tout.
Les fanfares des trompettes du duc de Lorraine sonnent sur le Pont-Neuf, à huit heures du matin. Ses troupes sont vers Villeneuve-Saint-Georges; celles du maréchal de Turenne occupent
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depuis Créteil, par la hauteur de Valenlon, poste qu'elles tenoieni dés l'autre fois qu'elles firent retirer celles de Lorraine, le Roi étant à Mclun, Toutefois, on me vient de dire qu'elles sont toutes du côté gauche de la rivière, sur les coteaux de Longboyau.
Ce jour est le dernier des séances du Palais et avec lequel il cesse jusqu'à la Saint-Martin, commençant ses vacations le lendemain 8.
Ce même jour, à sept heures du matin, M. le président de Guénegaud, de la troisième des Enquêtes, est, sans passeport et sans façon, sorti par la porte du Temple avec ses valets, comme bourgeois allant ù pied au faubourg pour affaire ; et a trouvé en l'hôpital Saint-Louis le sieur de Benard-Resay, conseiller en la quairiâmc, un peu devant sorti, et qui l'attendoit. De là à pied, vêtus en bourgeois, sont passés par traverse, de marais en marais, à la Viltette et de là à la Chapelle, où ils ont attendu le coche de Pontoise, oQ ils avoient quatre places retenues, et s'en sont ainsi allés â Pontoise, se rendre à la séance y établie delà part du Roi.
Le soir, sur les cinq heures, Emmanuel de Guénegaud, cinquième et dernier fils en l'ordre des vivants, très beau brun, sevré à seize mois le mois précédent, par la grossesse survenue à sa nourrice, est mort; et, le lendemain matin 8, ouvert par Claquenellc, chirurgien, présents les MM. Rcncas et du Clos, s'est trouvée la moitié gauche de la tête molle et pourrie comme charpie, le cœur tout flétri, le poumon sec, le foie beau, mais le cj-stis plein d'eau blanchâtre, le bas-ventre et ' intérieurement gangrenés. 11 y a plus d'un mois que la servante des enfants, Jacqueline, le laissa aller en descendant d'un carrosse ; mais il ne tomba point jusqu'à terre et n'en pleura point; on a voulu dire que sa tête en avoit été offensée. Il a été mis en carrosse, porté à cinq heures du soir à Saint-Paul, y reçu par sis enfants de chœur et treize prêtres, qui, après louanges à Dieu, l'ont fait menre en la cave de la chapelle des Guénegaud, un cercueil de bois en attendant un de plomb pour demain. Il y a été porté sans écriieau.
— Dimanche au soir, sur les six heures, le camp du Prince aux saulayes, proussé par gens du Roi, qui, passés quatre cents chevaux par un pont subitement fait à Villeneuve-Saint-Georges, éminence de qui le maréchal de Turenne occupe, poussèrent les gens des Princes avec leur bagage jusqu'à la porte Saint- Bernard ;
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mais la garde ne les a pas laissés entrer en la ville. Elle tua une femme allemande qui s'y jetoit de force et fit passer Rocbefort, valet de pied, courrier, avec les livrées du Roi, dans la ville.
Force volontaires sont sortis de Paris pour les soutenir, et même le conseiller Portail fut faire tirer deux volées de canon de la Bastille ou boulevard de TArsenal sur les gens du Roi^ qui se retirèrent.
Divers bruits du maréchal de Turenne, aucuns soutenant qu^il ne peut subsister en vivres en son poste de Valenton ou de Montgeron^ et qu'il faut qu'il se retire par défilé, oti le Prince de Condé l'attend ; autres, qu'il est bien résolu de combattre et le Prince et le duc Charles et les forces des Pays*Bas, quoique plus faible de trois mille hommes.
— Lundi 9, sur les trois heures, la milice des Princes passa du faubourg Saint-Victor, oti elle avoit couché dans les fossés de la ville, par la porte Saint-Bernard, et, à travers Tile Notre-Dame, gagna la rue Saint-Paul, et, passant par la porte Saint- Antoine et faubourg, s'en alla, vers Charenton et Saint-Maur, se joindre au corps de Wirtcmbcrg. Le régiment allemand du comte de Hélai, qui les menoit en personne en buffle brodé d^or, à cheval, et les troupes de Tavancs, quelques femmes allemandes à cheval et garces françoises en chariots, valets et goujats faisoient environ deux mille personnes, autres disent six cents.
Ce matin lundi 9, à sept heures, est sorti le cardinal de Retz pour aller en Cour vers le Roi à Compiègne, bien escorté de gens, même à cheval. 11 y avoit vingt-huit carrosses à six chevaux pour la dcputation du chapitre de Notre-Dame de dix-sept chanoines et dignitaires, des curés, dix-neuf, et mcme des maisons religieuses de Paris, comme Saint-Victor, Sainte-Geneviève, Saint-Germaindes- Prés, Saint-Martin-des-Champs.
La cérémonie, que M. de Bcrlise fit, d'aller prendre en un carrosse du Roi le caméricr du Pape avec le cardinal de Retz, auquel il a apporté le bonnet rouge, et comme il le mit entre les mains du Roi, avec le bref de Sa Sainteté, et que le Roi les remit audit Cardinal, et le reste de tout cela, qui s'y passa le 11, est raconte dans la Ga\ette de samedi prochain 14.
— Mardi et mercredi 10 et 11, le maréchal de Turenne tenoit la Villeneuve-Saint-Georges, où il avoit de la cavalerie et un pont de bateaux qu'il ne tient pas tout clos, et y laisse du passage vide. 11 est campé à la hauteur au-dessus, qui s'appelle Montgeron,
DE DUBOrSSON-AUBENAV.
vignoble. Il est très fortement posté, mais ivres, principalement pour la cavalerie,
septembre i652]
lieu rocheteux oCi y a %
il n'a pas bien des ■
jusques cl depuis Valenton vers Brevannes et Crosnes, tirant vers le
parc de Grosbois, par la grange du milieu ou de Chevery; et là
est le maréchal de la Fené-Sennecterre, qui le serre et clôt, tous
deux retranchés et munis de tout, particulièrement de bons
canons; plus outre, et dans Grosbois même, loge le duc Charles,
puis les Winembergeois , deçà la rivière et vallée d'Yerre, y
occupent par Villecresne jusqu'à Montgeron et à la Seine, où ils
ont leur pont, vis-à-vis d'Ablon.
Le prince de Condé est parmi eux, avec ce qu'il avoit de milice et bagage à Paris, qui y alla lundi, 11 parle fort d'attaquer les maréchaux et se plaint du duc Charles, qui semble n'y être pas porté. On dit que la Cour lui a envoyé pouvoir de faire sa paix, même celle d'Espagne, à très avantageuses conditions, pourvu qu'il se relire vers la frontière.
Paris regarde cela d'une sorte et d'autre, selon les intérSis et différentes passions.
Avis de Compiègne que M. de Vendôme, qui y étoit, en est pani pour s'en aller à Calais, oti son armée navale se doit être rendue, ou rendre au plus lôt, pour le secours de Dunkerque; qu'il n'a point voulu du ministérîat, mais que M. d'Elbeuf le poursuit et qu'il y aura différend entre lui et le prince Thomas pour la préséance.
— Jeudi 12, le Parlementa Pariss'assemble, comme il a résolu de faire, deux fois la semaine pour les affaires publiques, durant les vacations. Le duc d'Orléans s'y est trouvé, qui a dit attendre son courrier de Compiègne, et la remise a été à lundi. Il y a lu une lettre que tout nouvellement il a écrite au Roi. Il dîne chez M. de Chavigny et va au camp, 0(1 il mène — remène, car il est à Paris • dès hier, et y fut chez la duchesse de Chevreuse, — le duc Charles et le ramène le soir coucher à Paris.
M. le Prince demeure au camp, à Grosbois, et les siens doutent si son traité pour Stenay, Jamelz et Clermont est achevé avec le duc Charles, qui, sans cela, s'en veut reiourncr.
Lettres du duc de DamviKe, que la Reine est fort adoucie et disposée à toutes conditions d'accommodement supportable; que l'on parle que la Cour retournera bientôt à Saiot-Germain-en- Laye, et qu'il y a ordre déjà aux pourvoyeurs.
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On attend le retour et Tefifet du voyage du cardinal de Retz en
Cour et de la députation du Qergé.
Le duc Charles^ ayant couché la nuit chez les Plessis, baigneurs étuvistes au coin de la rue des Quatre-Fils-Aymon, près le canefour de la Perle et des comédiens de TEgoût-du-Marais, fut, œ jeudi, à son lever, chez le duc d*Orléans lui &ire sacour, le mena dîner chez M. de Chavigny et de là au camp, d'où il le ramena.
Ce même matin 12, la Chambre des Comptes, les semestres assemblés, résolut de se transférer à Pontoise et ferma sa Chambre, envoyant ses députes en Cour pour y témoigner cette obéissance.
Avis que le cardinal Mazarin est dans Bouillon; autre, du 7, de Sedan, qu'il y est encore.
Ce soir, le comte de Hennin, maréchal de bataille général du corps de Wirtembcrg, décampe d'une ferme d'au delà delà rivière d'Yerre, et, tirant vers Paris, vient camper à Boissy. Trois cents chevaux turennois furent pris au fourrage.
— Vendredi matin i3, gens de Turenne, passés à leur pont de Villeneuvc-Saint-Gcorges, vont à Ablon, en chassent la garnison que le prince de Condc y tenoit et se rendent maîtres du château et cours, oQ le gentilhomme, sieur de Montigny, brave huguenot, avoit exactement resserré ses moissons bien conservées avec ceUes de ses paysans.
Lettre de Compiègne de ce jour, comme le précédent 12; le cardinal de Retz avoit eu son audience publique, oti il avoit conjuré le Roi de retourner au plus tôt dans sa ville de Paris; à quoi Sa Majesté avoit répondu tel être son désir, et que, pour Teffcctuer, elle s'en iroit à Saint-Germain-en-Laye en peu de jours. Les sieurs Servien et Le Tellier ont fait la réponse à cette harangue et la font imprimer pour être envoyée à Paris débiter.
Le soir, ce cardinal eut son audience secrète dans l'oratoire de la Reine, où il fit grandes protestations de fidélité au Roi et d'affeciion au cardinal Mazarin.
L'abbé Fouquet, en pourpoint de toile blanche, Tépée au côté à rheure du dîner ^
— Vendredi i3, ledit cardinal et les députés vont coucher à Senlis pour être à Paris le...^ au soir.
Vendanges ouvertes à Meudon, Sèvres, Saint-Qoud, Suresnes,