‹ Journal des guerres civiles de Dubuisson-Aubenay, 1648-1652Chapitre 6 sur 120 · Cette copie eit dans le recueil, à U page 3S · texte numérisé non relu

Cette copie eit dans le recueil, à U page 3S

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— Samedi 4, la haute noblesse continue ou recommence son assemblée, qui avoit été ci-devant en février chez le marquis delà Vieuville, un dts présidents d'icelle. Il y a deux Présidents ensemble durant i5 jours. Le marquis de Sourdis étoit Pautre, puis les comte de Béthune et marquis de Vitry Font été. Ils s'assemblent presque tous les jours, fors les fêtes et dimanches, principalement les relevées, en la grande salle des Cordeliers. — Voyez au 2 et 4 février et au 1 5 et 1 6 mars.

Elle est allée tenir en la grande salle des Cordeliers du Grand- G)uvent, aux avenues de laquelle il y avoit ce soir cinquante carrosses et force chaises. Elle a commencé avec permission de la Reine et a renouvelé cette fois par le consentement et signature de M. le duc d'Orléans, dont le Parlement semble n^étrepas content, disant que telle assemblée se devoit permettre ou autoriser par lui. Elle va à demander la tenue des États Généraux, à quoi rassemblée du Clergé la secondera, et cela n^est pas à Pavantage du Parlement.

La permission qu^elle a d'être assemblée, son union et sa lettre circulaire à la noblesse du royaume, avec sa formule et instruction, sont imprimées et débitées par les colporteurs, les 7 et 8 de ce mois, et en sera fait douze ou quinze cents exemplaires pour donner et envoyer partout, avec commination que ceux qui, étant en cette ville, ne se trouveront dans le temps limité, n'y seront plus reçus en après, ni en aucune autre assemblée de leur corps.

Les ducs de Joyeuse, de Nemours, de Beaufort, de Luynes, de la Rochefoucauld, de Cha'ulnes, le chevalier de Guise, le prince de Guémené, etc., en sont et y ont signé.

Ce matin les ducs de Richelieu et de la Meilleraye, grand maître de Partillerie, se sont allés battre dans le cours de la Reine, vers Chaillot, et le premier ayant son épée rompue et une blessure au bras tenoit la Meilleraye sous lui, quand Técuyer de celui<i, s'étant rendu maître de Tépée de l'autre second, est survenu, qui a dégagé son maître et fait rendre le duc de Richelieu qui est pansé chez soi, dans son lit, où le jeune Grand Maître Test allé visiter.

A l'attaque d'un fort, fait à plaisir dans le jardin du Palais- Royal depuis quelques mois — et oti Ton fait escarmouche et attaques souvent pour divertir et enseigner les attaques des places au Roi, suivant la conduite de Beaufort, maître des exercices de piques, mousquets, etc., et du chevalier de Clerville, maître des mathé-

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matiques du Roi, — un écuyer du comte ou prince d'Harcoun, se servant d'un pistolet qu'il croyoii n'être chargé que de poudre, ainsi qu'il est là ordonné, en a donné dans la jambe ou cuisse de son camarade, qui en a été fort blessé. Ce qui a causé scandale et sujet de prendre garde à telles choses désormais, à cause du péril où en est la personne du Roi.

— Dimanches, la colonelle de M, le président de Guénegaud est prête d'entrer en garde à la porte Saint- Antoine, mais s'en abstient sur un différend entre lui et le siear de Brévannes-Aubry, conseiller au Grand Conseil, l'un de ses sept capitaines ; et là-dessus est survenu le sieur Scarron, autre colonel, qui a emporté la garde. ~~ Voyez au i3 ci-après,

— Lundi 6, le prince de Conli part de Paris et s'en va [par] le chemin de Meaux i Châlons. au-devant de madame de Longueville qui de Stenay revient en Cour. Ce jour, le marquis de Rouillac, de ia maison de Goih, présente aQ Parlement une requête narrative, que l'assemblée qui se tient de la Noblesse lui avoit fait signifier, qu'il eût à s'y trouver, autrement elle lut déclaroit que ci-aprés il ne seroit reçu à s'y présenter, ni en aucune autre du corps dont il se seroit disirait et séparé, comme indigne. Que cette assemblée étant illicite, faite sans permission du Roi, il ne voulotl ni pouvoit en être et demandoit à être mis en la protection du Roi et du Parlement contre les entreprises et insultes d'icelle assemblée. Il a été mis, au rapport du conseiller Coquelay, sur ladite requête ; « soit montrée au procureur général du Roi pour y mettre ses conclusions ei en venir au premier jour, n On dit que cette assemblée fait des propositions de demander le franc-salé, d'exempter de la taille leurs fermiers, etc., et ôter la vénalité des offices; mais commence par les Etats Généraux,

Ce soir, à cinq heures, un carrosse s'étant présemé à la porte de Nesle pour sortir de la ville, la sentinelle l'ayant arrêté et les officiers de la garde mettant trop ù venir, un des laquais s'approchant de la sentinelle, comme pour lui parler, l'a tuée. Autres disent que c'est un du corps de garde qui a été tué, et autres que ça été un bourgeois qui passoii par là et s'en voulut mêler. Le carrosse a été arrêté et le maître et cocher et un laquais, autre que le meunrier, qui s'est sauvé, ont été menés prisonniers en l'hôtel de Ville, Ce qui a donné sujet à un bruit de ville que le comte d'Harcourt, voulant s'en aller, avoit forcé la porte delà ville avec la garde et [été] tué.

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— Mardi 7, à quatre heures du matin^ est décédé en sa maison, en la rue et joignant Téglise Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, le sieur Hennequin, conseiller en la Grande Chambre du Parlement, âgé de soixante-dix-huit ans, asthmatique périodique, ayant dès cette automne disposé de ses bénéfices, à savoir de Tabbaye de Bernay et prieuré de Maupas (qui en est voisin d^une heure, vers Orbecj, valant ensemble vingt-trois mille livres à lui rendus, en feveur du sieur de Villeneuve, fils de M. de Brou, son neveu; de Pabbaye de Villenauxe en Brie, valant de... à...; du prieuré de

Poix en Picardie, valant , au sieur Phélypeaux, abbé, ou abbé

d'Herbaut, deuxième fils du sieur d^Herbaut, conseiller d^État et du *,

Ce jour MM. de Bournonville, Wolfgang, vicomte de Barlin et...^ baron de Câpres, sont partis en poste pour s^en retourner à Bruxelles, en vertu d*un passeport du Roi, que M. le duc d^Orléans leur avoit fait expédier, et être là deux mois sur leur parole, puis retourner ici se mettre en leur prison.

— Mercredi 8, d'après minuit, vers le jeudi, grand bruit et alarme au quartier Saint-Eustache et rue de Montmartre, qui a fait lever tout le monde et tirer force coups de mousquets, sur l'opinion que l'on vouloit enlever le Roi. Au commencement on croyoit que c'étoit la Reine qui, comme les autres fois précédentes, vouloit sortir de la ville. A la fin on a dit que cMtoit M. le duc d'Orléans, qui se vouloit assurer de la personne du Roi. — Depuis peu de jours une femme dit fort hautement au Palaic, pourquoi l'on attendoit tant et que M. d^Orléans ne se dépéchoit-il d^emmener le Roi en son Palais pour l'y garder, puisque la Reine le vouloit emmener de Paris.

Mort du comte de Saligny, de la maison de Coligny, capitainelieutenant de la compagnie des gendarmes de la garde du Roi, à la place duquel le comte de Miossens entre, laissant sa place à M. de la Salle.

Bruit faux, que Ton ôte les charges des secrétaires d^État aux

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